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Dialogue national : Un Panel à pied d’œuvre

«Le Hirak va-t-il s’essouffler durant cet été», se sont interrogés certains. La réponse est venue, hier, vendredi où les Algériens sont ressortis comme à l’accoutumée et en force en dépit d’un soleil de plomb pour exiger les mêmes revendications que sont le départ incontesté des derniers symboles du système. Restant dans le vif du sujet qui a meublé l’actualité politique cette semaine par le retour surprise de l’ex-président de la Chambre basse et ex-ministre de la Formation professionnelle, Karim Younès, au devant de la scène politique pour trouver, selon ses propos, «une issue à la conjoncture particulière». Toutefois, celui-ci appelle à un dialogue constructif. Les membres du Panel composé de plusieurs personnalités dont une seule femme, Mme Fatiha Benabbou, se sont assignés comme objectif de conduire et de mener le dialogue national en cette période marquée par l’infatigable Hirak et les arrestations des hauts cadres de l’État, impliqués dans les affaires de corruption. Ces personnalités qui ont été reçues par le chef d’Etat, Abdelkader Bensalah, ont mis l’accent sur l’impératif pour l’Etat «de prendre des mesures d’apaisement à même de créer un climat devant conduire nécessairement à un dialogue sincère qui exprime les vœux et les revendications populaires et qui mènerait à l’organisation d’une élection présidentielle transparente, régulière et libre dans les plus brefs délais», lit-on sur la page Facebook de l’expert Smail Lalmas. Parmi les mesures auxquelles elles ont appelé: « La libération de tous les détenus du Hirak », « la levée de toutes les formes de pression sur les médias », et « la garantie de toutes les conditions et les facilitations à même de permettre aux citoyens d’exercer leurs droits constitutionnels dans les manifestations et les rassemblements pacifiques ». Selon le communiqué de la Présidence de la République, Abdelkader Bensalah a reçu, jeudi, Karim Younès, accompagné de Mme Benabbou Fatiha, Lalmas Smaïl, M. Lazhari Bouzid, M. Abdelwahab Bendjelloul et Benaïssa Azzedine. Ces personnalités constituent, rappelle le communiqué, les membres du panel de personnalités nationales, appelés à mener le dialogue national inclusif auquel a appelé le chef de l’Etat, lors de son discours du 03 juillet 2019, dans le cadre d’une offre politique globale, à travers laquelle il s’est engagé notamment à mener à bien le processus devant conduire à l’élection présidentielle, laquelle est une priorité. Il a rappelé dans ce cadre les raisons constitutionnelles, politiques et stratégiques qui imposent l’organisation de l’élection présidentielle dans des délais rapprochés, en soulignant que cette dernière est la seule solution véritablement démocratique au dépassement de la situation actuelle. Il s’est félicité que nombreux sont ceux qui souscrivent désormais à cette démarche, à assurer à l’élection présidentielle la régularité et la transparence exigées, non seulement pour que le scrutin ne soit entaché d’aucune contestation, mais également pour redonner tout son sens à la volonté populaire dans le choix des personnes devant diriger le pays. C’est pourquoi, il a appelé à l’organisation d’un dialogue inclusif entre toutes les parties, pour construire une démarche concertée, fondée sur le consensus le plus large possible, à confier la conduite du processus de dialogue à un panel de personnalités nationales, crédibles, compétentes, sans attache partisane et sans ambition électorale. Il a tenu à préciser, afin d’éviter toute fausse interprétation et de dissiper tout malentendu, que l’Etat dans toute sa composante, y compris militaire, ne sera pas partie prenante à ce dialogue et observera la stricte neutralité tout au long du déroulement de ce processus. La constitution de ce panel de personnalités représentatives et consensuelles, qui a nécessité du temps incompressible, s’est faite sur la base des propositions et recommandations formulées par des acteurs de la société civile et du mouvement associatif, et au regard des critères définis pour le choix des personnalités. Pour rappel, le chef de l’Etat avait parlé de personnalités disposant de l’autorité morale et de la crédibilité nécessaires, des personnalités indépendantes, sans affiliation partisane et sans ambition électorale, des personnalités qui émergent du fait de leur autorité morale ou de leur légitimité historique, politique ou socioprofessionnelle. Consultées parmi d’autres, par les acteurs de la société civile, les personnalités reçues par le chef de l’Etat, perçues comme disposant « des qualités de crédibilité et d’acceptabilité, les rendant éligibles à faire partie du panel », ont accepté de faire partie du panel et de s’impliquer dans l’accomplissement de cette noble mission de facilitation du dialogue. Ces personnalités ont, ce faisant, souhaité pouvoir la mener en totale liberté et indépendance, ce qui en fait, est en totale cohérence avec la volonté et la vision du chef de l’Etat en matière de conduite du dialogue. Par ailleurs et en réaction à une sollicitation des membres du Panel sur les mesures d’accompagnement et d’apaisement qu’il a lieu de prendre, précise le communiqué, le chef de l’Etat a fait état de sa disponibilité à œuvrer pour inviter la justice à examiner la possibilité d’élargissement des personnes dont l’interpellation s’est faite en lien avec le déroulement des marches populaires; envisager l’allègement du dispositif mis en place par les services de sécurité, pour garantir la liberté de circulation dès lors que cet allègement ne porte pas préjudice à l’impératif de préserver l’ordre public, et la protection des personnes et des biens lors des marches populaires; à faire prendre les mesures de nature à faciliter l’accès aux médias publics à toutes les opinions, à travers l’organisation de débats contradictoires et ouverts à toutes les expressions politiques, sans exclusive.

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