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Benlamri, Bennacer, Belaïli, Bounedjah… Les quatre «B» de Belmadi

Quant à Bennacer, longtemps décrié et marginalisé, il effectue un retour pour le moins époustouflant. Il l’a déjà montré lors des matchs de préparation à Doha (contre la Tunisie et la Mali). La hargne, le punch et le jeu dans la douleur voilà ce qu’a ramené de Qatar, dans ses valises, le fin technicien Belmadi. Le coach tombé du ciel s’est employé à redonner âme et sang neuf à l’Equipe nationale algérienne. Une vision claire qui est passée par quelques choix tactico-techniques et des mots forts pour redonner aux Verts la confiance qui leur faisait cruellement défaut. Le Guerrier Djamel Belmadi, c’est ainsi qu’on appelle. Cela sonne presque pareil. Et ce n’est pas totalement innocent. Si on devait citer un joueur symbole des choix faits par le sélectionneur de l’Algérie, c’est certainement ce solide défenseur de 29 ans que l’on choisirait. En faisant appel au joueur d’Al-Shabab Riyad en novembre dernier, le coach a su faire jouer la corde revancharde d’un joueur qui avait disparu des radars de l’équipe nationale depuis près d’une décennie, après un début de carrière prometteur au NA Hussein Dey et des sélections dans les catégories de jeunes. Intraitable dans les duels, toujours prêt à payer de sa personne, l’Algérois de naissance s’est avéré le complément idéal à Aïssa Mandi, davantage dans l’anticipation. Joueur de la JS Kabylie au moment de la mort tragique d’Albert Ebossé, en conflit par la suite avec le président de l’ES Sétif, où il s’engagea ensuite, Djamel Benlamri avait même, nous rappelle Compétition, songé à arrêter sa carrière de footballeur. Cela valait la peine de persévérer. Inaperçu dans la liste des 23 lors de la CAN 2017, Ismaël Bennacer s’était contenté de miettes. Deux ans et demi plus tard, et alors que personne ne misait sur lui avant la CAN, le fougueux milieu de terrain récupérateur a pris les devants. Il s’est adjugé le titre de meilleur joueur africain lors de la CAN 2019 malgré toutes les stars (Mahrez, Colibally, Salah, S.Mané, El Mouhamadi, etc). Le « sorcier » Djamel Belmadi lui a fait de la place, en se passant de Saphir Taïder et de Nabil Bentaleb, jadis cadres indétrônables. La vérité est que Belmadi a instauré la discipline et a démontré que personne ne pouvait être star sans un collectif. Comme à Empoli où il vient de réussir un exercice 2018-2019 de grande qualité dans l’élite transalpine, le natif d’Arles a honoré le cahier des charges qui était le sien : couper les transmissions adverses de ballon et relancer les attaques grâce à sa clairvoyance de son jeu et ses tirs nets et précis. Ce jeune joueur éminemment collectif a le plaisir de collectionner les récompenses individuelles. Déjà élu joueur de la saison par le club toscan, le voilà désigné meilleur joueur de la CAN 2019. L’intéressé est aujourd’hui tout proche du Milan AC. Une montée en gamme logique pour celui qu’Arsenal alla chercher alors qu’il évoluait à Arles-Avignon, en Ligue 2. La recrue y impressionnera dans les équipes de jeunes, avant de partir en prêt à Tours. La suite, Ismaël Bennacer est en train de l’écrire. Quant à Youcef Belaili, véritable révélation de la CAN 2019, il est revenu de très loin. Interdit des terrains et de jouer à l’EN et à l’USMA pendant plus de trois ans d’inactivité pour cause de l’affaire qu’on connait, Belaili est une vraie leçon d’apprentissage et de persévération. L’audacieux Belmadi l’a préféré à Brahimi, cadre mondialiste. Il a apporté à l’Algérie sa soif de revanche et son désir de rattraper le temps perdu. Pensez : en septembre 2015, contrôlé positif à la cocaïne après une rencontre de Ligue des Champions, Youcef Belaïli est suspendu pour une durée de quatre ans. Réduite ensuite à deux ans, la sanction aurait pu mettre un terme à sa carrière. Angers fait le pari de relancer, mais le natif d’Oran ne parviendra jamais à se faire à cet environnement nouveau pour lui. Et c’est à l’Espérance de Tunis, l’un de ses anciens clubs, qu’il va renaître au football. Un an plus tard, Youcef Belaïli vient de disputer sa quatrième finale continentale : deux de Ligue des Champions, une de Supercoupe de la CAF et donc la finale de la CAN de vendredi soir face au Sénégal. Décisif dans chacune des trois précédentes, l’homme aux 11 sélections ne l’a pas été face au Sénégal, mais plus personne en Algérie ne réclame Yacine Brahimi à sa place. C’est aussi cela, la victoire de Djamel Belmadi. Baghdad Bounedjah qui a ouvert le score face au Sénégal avec la complicité involontaire de Salif Sané, a inscrit son douzième but en 29 sélections. Le plus important et le plus mémorable pour un joueur qui les empile avec régularité au Qatar. La fin heureuse d’une compétition qui lui avait aussi fait traverser des moments de détresse et de doute, quand il rata un penalty en forme de balle de break face à la Côte d’Ivoire, en quarts de finale. Redoutablement efficace, l’Oranais de Mimosa et aussi apprécié pour sa capacité à jouer en déviation par son sélectionneur. Il est installé comme titulaire à la place d’Islam Slimani. « Vous ne le savez peut-être pas, mais je vis à Doha avec Djamel (Belmadi) et Baghdad (Bounedjah). Pour moi, Baghdad est l’un des meilleurs attaquants africains  », a complimenté Samuel Eto’o au début du tournoi. Depuis son arrivée à Al-Sadd en 2015, Baghdad Bounedjah explose tous les compteurs. Sur l’ensemble de l’année 2018, il a par exemple inscrit la bagatelle de 58 buts, dont sept contre Al-Arabi dans le même match, en août dernier.

À propos B.Habib

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