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La Cour suprême ordonne le réexamen des deux affaires Sonatrach et Khalifa: de nouvelles révélations?

La Justice algérienne ne compte pas s‘arrêter en si bon chemin et entend lever, à nouveau, le voile sur tout ce qui avait été qualifié à cette époque de «deux plus grandes affaires de corruption» à l’origine de la dépravation des réserves et des deniers du pays. Des jugements définitifs avaient été rendus dans ces deux affaires. Mais voilà que la Cour Suprême ordonne leur réexamen conformément à ses prérogatives et à ses décisions. Rattrapées par les évènements, ces deux affaires risquent de faire couler beaucoup d’encre qu’elles n’en avaient fait couler auparavant. Elles avaient fait l’objet de jugements en 2007 puis en 2016 et 2017. L’affaire Khalifa Bank était présentée comme le plus grand scandale financier en Algérie. Le Golden boy du groupe Khalifa dont la faillite avait lésé des milliers de petits épargnants, a fait l’objet la première fois d’un jugement par contumace dans un procès historique en présence de 104 prévenus, de 150 avocats et plus de 300 témoins. Son extradition n’ayant pas été obtenue en temps voulu, (exilé depuis 2003 en Grande Bretagne), il sera rejugé des années après. Le moins que l’on puisse dire est que les deux affaires Sonatrach et Khalifa seront réexaminées « dans le cadre de la poursuite des enquêtes sur les affaires de corruption et des poursuites judiciaires engagées par la justice depuis fin mai 2019 » a-t-on appris, mercredi, auprès de cette Cour. Des jugements définitifs avaient, rappelons-le, été rendus dans l’affaire Sonatrach 1, examinée par le Tribunal criminel d’Alger et dans l’affaire Khalifa, examinée par la Chambre d’accusation près la Cour de Blida. A ce propos, le Tribunal criminel d’Alger avait prononcé, le 2 février 2016, une peine de six (6) ans de réclusion criminelle assortie d’une amende d’un (1) million de DA à l’encontre du principal accusé dans l’affaire « Sonatrach 1 », le président du conseil d’administration du Groupe algéro-allemand Contel Funkwerk, Al Ismail Mohamed Reda Djaafar. Une peine d’emprisonnement ferme de six (6) ans assortie d’une amende de deux (2) millions de DA avait été également prononcée contre Meziane Mohamed Reda, fils de l’ex PDG de Sonatrach. Meziane Mohamed, l’ex-PDG de Sonatrach, avait, quant à lui, été condamné à une peine de cinq (5) ans avec sursis assortie de deux (2) millions de DA d’amende. Le même Tribunal avait condamné, en outre, à une peine de six (6) ans de prison ferme et à une amende de deux (2) millions de DA Meghaoui Yazid et à une peine de cinq (5) ans de prison ferme assortie d’un (1) million de DA d’amende son père Meghaoui Hachemi (ex-PDG de la banque CPA). L’ex-vice PDG chargé des activités amont, Belkacem Boumédienne, avait été condamné, quant à lui, à cinq (5) ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de 500.000 DA. En outre, le Tribunal criminel d’Alger avait prononcé une peine de cinq (5) ans de réclusion criminelle assortie d’une amende de un million de DA contre le second fils de l’ex-PDG de Sonatrach, Meziane Bachir Fouzi. Par ailleurs, une amende de cinq millions de dinars avait été infligée à la société allemande Funkwerk Plettac, tandis que les trois autres sociétés à savoir la SARL Contel Algérie, le groupe algéro-allemand Contel-Funkwerk et le groupe italien Saipem Contracting Algeria avaient été condamnées chacune à une amende de 04 millions de DA. Dix neuf (19) personnes morales et physiques impliquées dans l’affaire avaient bénéficié de l’acquittement. Concernant l’homme d’affaires Abdelmoumène Khelifa, le Tribunal criminel de la Cour de Blida avait prononcé, le 23 juin 2015, des peines d’emprisonnement allant de 18 ans fermes à un an avec sursis à l’encontre de 18 prévenus impliqués dans l’affaire Khalifa, tandis que 53 autres avaient bénéficié de l’acquittement. L’ex PDG du groupe Khalifa, Abdelmoumène Khelifa, avait été condamné à 18 ans de réclusion ferme, assortie d’une amende de un million de DA et de la confiscation de l’ensemble de ses biens. Abdelmoumen a bénéficié de l’acquittement pour le chef d’accusation « d’abus d`influence ». Absent en 2007, Abdelmoumène Khelifa, l’ex-DG du groupe Khalifa, était poursuivi pour association de malfaiteurs, vols multiples, escroquerie, faux et usage de faux en écriture bancaire, abus de confiance, trafic d’influence, corruption, détournement de fonds et banqueroute frauduleuse ». En juin 2007, un jugement par contumace avait été prononcé par le tribunal criminel de la Cour de Blida le condamnant à la réclusion criminelle à perpétuité avec confiscation de l’ensemble de ses biens. Au total, 71 prévenus, dont 05 sont décédés, avaient introduit des recours devant la Cour suprême, dans les verdicts prononcés en juin 2007, sachant que 21 détenus sont impliqués dans cette affaire alors que le nombre des témoins dépassait les 300 personnes, outre la partie civile et les victimes.

À propos B.H.

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