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Tissemsilt : Les enfants de l’Ouarsenis se plaignent d’un manque de moyens de loisirs

Après une année de labeur, l’été est l’occasion pour nombre d’Algériens de prendre un moment pour se reposer et se détendre. Mais ils butent sur une question: comment se payer des vacances? Se reposer convenablement en déboursant une bonne somme d’argent ou rester chez soi en gardant son budget familial? C’est la question qui préoccupe la plupart des familles Algériennes. En effet, le luxe de passer des vacances en famille dans un complexe touristique, hôtel, camping ou bungalow, ou bien dans une colonie de vacances pour leurs enfants n’est pas permis aux bourses moyennes. «Les pauvres n’ont pas droit aux vacances dans notre pays», indique Hamid, animateur de CVL Il ajoute: «Les vacances c’est pour les riches ». Ce n’est pas toute la ville qui ira en vacances d’été. Quant aux jeunes de l’Ouarsenis, ces derniers s’ennuient à ne rien faire, certains passent une partie de leur temps dans les marchés et les cafés. Ils traînent leur ennui sans savoir quoi faire toute la journée. La ville de Tissemsilt, en été, est d’une insipidité qui assomme. Hormis les cafés, il n’y a rien à faire. Dans le domaine de la culture, une grande vacuité règne. Même les plus proposés sont indigestes. Le seul divertissement qui reste est le football auquel s’adonnent les jeunes l’après-midi aux environs de 18 heures, au niveau des cités qui ont la chance d’avoir un terrain. Quant à la gente féminine, elle ne fait que prendre son ennui en patience. En été Tissemsilt suffoque. Les artères et les rues passantes se vident dès Midi. Il ne reste que quelques retardataires et des personnes venues des communes des environs de la ville. La rue devient une chaudière à vapeur. Une véritable géhenne. Pour longer une rue, le passant est obligé de faire plusieurs haltes. A chaque café, on s’arrête pour se rafraîchir, étancher sa soif. Le ventre rempli d’eau et le gosier ayant soif, le citoyen baigne dans sa sueur. Tissemsilt se déshydrate. Elle transpire à grosses gouttes. Tout le monde se calfeutre chez soi. A l’intérieur, les foyers se transforment en véritables étuves. A l’extérieur, le soleil pointe son chalumeau rouge de fureur sur la ville qui se contorsionne de douleur. Tissemsilt est livrée au supplice jusqu’à la tombée de la nuit. Les enfants de la wilaya de Tissemsilt se plaignent d’un manque de moyens de loisirs et à Tissemsilt existe uniquement la piscine. En effet, ils manquent d’espaces de jeux et n’ont nulle part où aller. Les chaussées sont dangereuses et les rares soi-disant jardins n’attirent guère. Yacine, Animateur de colonie de vacances nous dira à ce propos: «nos enfants manquent vraiment de distractions car peu de gens possèdent des voitures pour emmener leurs enfants au bord de la mer». On devrait penser à organiser pour ces défavorisés des journées «aérées» dans ces centres de vacances au bord de la mer. A titre indicatif, la wilaya de Tissemsilt compte 67 000 enfants scolarisés (garçons et filles) âgés entre 6 ans et 14 ans. Par ailleurs, la wilaya de Tissemsilt ne dispose pas d’organisateurs de colonies de vacances à part l’ANALJ. Cette dernière agence faisant le favoritisme sur le recrutement des directeurs des CVLJ. Même cette agence étatique, sous la tutelle du MJS, offre un quota limité pour la wilaya concernant le nombre des bénéficiaires (enfants). A titre indicatif, la wilaya de Tissemsilt compte des directeurs diplômés de centres de vacances ainsi que des centaines d’animateurs et animatrices qui sont chaque été au chômage, et qui ne sont pris en charge par aucun organisme. Nos interlocuteurs (directeurs CVL et animateurs CVL) lancent un appel au ministre de la Jeunesse et des Sports et à la direction de l’ANALJ, pour au moins prendre en charge l’équipe pédagogique durant la période estivale. Selon les observateurs, la première incidence de la disparition de l’OACV a été d’abord la réduction des centres de vacances, puis automatiquement, c’était la chute vertigineuse du nombre de places offertes aux colons. En effet, à cette période, chaque été, les wilayas bénéficiaient d’un important quota pour les colonies de vacances, par session de 15 jours. En conséquence, tous les enfants ont eu la joie de fuir la canicule et de profiter pleinement de leurs vacances scolaires sur les plages. Au moment où les piscines font largement défaut dans les localités de Tissemsilt sauf les piscines (semi olympique) du chef lieu de wilaya ainsi qu’à Theniet El Had et Khemisti, où l’eau manque dans les rivières et la chaleur atteint des pics jamais égalés par le passé ; les enfants de la wilaya de Tissemsilt ont eu un quota soit un ratio à l’ordre de 1,49% sur 67 000 enfants pour aller séjourner en mer. Cependant, les 1 000 places sont réparties en 4 sessions de 15 jours chacune. Se rendre à la plage coûte de plus en plus cher. Fautes de moyens, de nombreuses familles se résignent à rester chez elles pendant tout l’été. Pour les privés de vacances, la débrouille devient de mise pour éviter de rester cloîtré chez soi. Ceux qui ne partent pas en vacances ne prendront même pas le Taxi ou le Bus. Ils resteront sur place. Dans leur cité. Et dans leur pavillon, pour les plus chanceux. Pas spécialement nantis, loin de là. Pour passer des vacances dans un centre de vacances pour enfants n’est pas permis aux bourses moyennes. «Les pauvres n’ont pas droit aux vacances dans notre pays», indique Hamid, animateur de CVL.

À propos M’HAMED B.

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