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Pôle & Mic : Le Clair-obscur d’une jouissance

Selma ne voulait pas jouer l’hypocrite et n’épargnait pas son compagnon des sempiternels marmonnements d’obéissance que sa mère veut imposer. Selma était lucide et dira tout de Go à Amine, je ne souhaite pas fermer les paupières qui tournent au supplice, il faut que tu saches que j’ai cette rage de ne pas me soumettre à l’arrogance des mères qui adoptent des relations incestueuses avec leurs fils et vice versa. Notre couple s’aveugle en passant sous silence l’attitude castratrice des mères. Le cœur d’Amine battait la chamade et il rétorqua à sa dulcinée, oh il va falloir beaucoup de patience ! Selma lèva les yeux vers le plafond, un lait fermenté s’écoulait sur son visage, ce lait d’évidence maternelle que son compagnon tentait de dissoudre dans les arcanes d’une éducation uniformisée. Les ombres des montagnes dessinaient les pétales des ténèbres qui connaissaient le pouvoir maléfique des «mères juives». Selma décida de se battre en dessinant un pli, une anfractuosité assez profonde pour montrer que le disque d’eau de sa relation avec sa mère lui permettait de subjuguer avec splendeur le conflit œdipien. A 34 ans, il devait tout justifier à sa maman… Amine était parvenue à conforter Selma, elle l’avait convaincu de ne pas agir à la légère, mais d’adopter une attitude ferme pour couper le cordon ombilical. Son compagnon ne trouva rien à redire, sa dulcinée remua ses puissantes épaules, et les secoua pour se débarrasser du fardeau atavique. Je suis courtoise je respecte nos mères, mais je ne conserve pas les lèvres closes sur l’obéissance aveugle, l’aiguillon de l’espérance et de l’amour passe par l’écoute et le respect. Amine était confronté à cette débauche d’énergie cathartique car sa future femme souhaitait livrer un féroce combat contre les démons des ténèbres surmoïques. Le couple se prépara, Selma était fraiche et bien coiffée, elle venait de présenter des gâteaux et une théière fumantes pour ses invites, les amis de son compagnon. Lors de la conversation, Talya se laissait convaincre par sa prise de paroles qui lui paraissait lumineuse. Salim, de son surnom Humouch, durant 40 ans a achevé d’enflammer son cœur de gAmine attardé, les expressions verbeuses de sa femme avait rendu brutalement l’air irrespirable, les mots devinrent poussière et franchissèrent le tissu et les paupières tout en s’incrustant dans la gorge. La bouche de Talya contenait plusieurs poisons, Selma avait singé les intonations orgueilleuses de Talya qui lui martelait, et les enfants, c’est pour bientôt j’espère ? devant l’extinction du désir, Selma fera savoir que son désir est de se mettre sous lui et faire l’amour, notre mot d’ordre est de jouiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiir. L’attitude de Talya était sourde à l’enthousiasme de la jouissance, Selma affronta l’air anxieux de cette-en-saignante et fit savoir à son compagnon que les éraflures psychiques devraient être soignées avec acharnements. Suite à un week-end, pour le moins tumultueux, le couple savourait son petit déjeuner avant d’aller bosser, mais les ruines fanatiques continuaient d’intriguer Selma qui pensait à l’organisation du colloque qui avait pour thème l’avenir des sciences sociales dans cette contrée où la réflexion et les questionnements sont inhabitables. Selma continuait à radoter, elle débitait des mots cinglants, ensuite, elle fit une confidence a son copain elle ne souhaiterait pas rentrer bredouille de cette réunion, car selon cette cogitatrice, sobriquet donné par Amine son compagnon, il serait judicieux de dynamiter les certitudes et les formules qui n’ont pas toutes leur place dans les revues scientifiques. Il faut commencer par ça déjà. Echange vif, convivialisant le débat, Amine demande à Selma d’étayer sa thèse au lieu de bredouiller quelques mots qui le laissèrent sur sa faim.

À propos Adnan Mouri

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