Accueil » Chronique » Pôle & Mic : Le Clair-obscur d’une jouissance

Pôle & Mic : Le Clair-obscur d’une jouissance

Amine respirait la fraîcheur du matin. Dans la plus grande beauté de cette journée magnifique, l’albâtre offrait une intense lueur où le ciel bleuté faisait apparaître des jarres d’eau fraîche. A travers le frémissement du feuillage, la sonnette résonna dans l’oreille comme un verbe mélodieux mettant en avant l’air rafraîchissant et poétique. La rencontre avec Selma était emplie de force et de gaieté. L’accolade devenait pommes ouvertes comme l’attente. L’engouement des retrouvailles croise les flammes dansantes. L’union libre des amoureux reflétait la nature d’un ciel bleu empreint de jovialité. Amine ployant le buste en signe de salut respectueux murmurant à sa dulcinée la merveille de ses entrailles et la beauté de son visage telle une eau fraîche ruisselante. Selma passa à la salle à manger, petite pièce jouxtant la cuisine d’où se dégageaient des saveurs et parfums somptueux et inaccoutumés. L’amoureuse sourit et s’assseya avec empressement. Un savoureux plat de canard faisait dilater les paupières. Un bon vin accompagnait le délice d’un bon repas. Selma fit une grimace des plus significatives comme celle d’une femme qui attendait une pluie d’or.
-Merci chéri, ce plaisir culinaire nécessite le besoin d’une sieste hédonique, en esquissant un sourire. La tendresse prit son compagnon par le bras et tous deux se dirigèrent vers la chambre voisine, ainsi ils ont commencé à poser les fondations de la réconciliation après une longue et terrible absence. Dans un marmonnement entrecoupé de plainte joyeuse, une bataille érotique commença, bouffe de lèvres, de doigts… Les vêtements furent ôtés laissant apparaître leurs corps nus et ardents. Le gémissement les basculaient dans le lit semblable à un désert argenté. Selma culbuta Amine et dégrafa le bouton de son pantalon .Leurs impatiences affamées étaient ponctuées de fous rire. A peine une heure avant la levée du jour, Amine se réveilla et alla préparer le petit déjeuner tout en pensant au parfum de sa tendresse, ses caresses, ses baisers et leurs ronronnements, bonheur subjugué. Amine s’est levé le corps engourdi douloureux par la violence du plaisir puisé dans celui de Selma. Les retrouvailles, inébranlable tango de l’âme qui permettait à Amine d’ouvrir la bouche, de respirer et le désir lui vint tout de go. Déchirer la tunique de la résignation et se débarrasser de cette effrayante oppression de la mère castratrice qui reste aux aguets. La fraîcheur de la nuit apaisa son inquiétude et l’éclat du désir nappa son imaginaire. Amine ne supportait plus le rapport incestueux symbolique qui le reliait à sa mère. De peur de la froisser, il vivait dans la culpabilité. Il aurait souhaité renverser les flammes moribondes de « l’empêchement subjectif ». Le jour levé, Amine réveilla son amoureuse, Selma lui murmura un bonjour détendu et sourit paisiblement mettant de côté l’émotion et l’inquiétude. Très proche de son amant même si elle se refusait de partager son appréhension.
-Mon amour, pourquoi cette torture silencieuse, elle fit une moue qui ressemble à un sourire complice.
La sensation d’être suivie par le regard maternel était encore dense. Le sabre du refoulement prêt à frapper et de la lune des ténèbres ne cessaient de clignoter. En préparant le café pour Selma, Amine se remit à la marche, ayant l’oreille aux aguets, les bribes des remontrances a peine audibles de Nacera étaient semblables à des pierres qui s’entrechoquaient. Plus question de rire, ce fameux couple voyait que le ciel d’une communion libre se gorgeait d’un lait fermenté puisé dans l’interdit. Leurs soirées furent pleines de confusion. Les paroles à peine audibles de Nacera, cette finie de vivre poursuivait Selma. Il lui revenait à l’esprit l’arrogance du ton de sa future belle-mère, ainsi que ses coups d’œil, sur leur appartement, qui voulaient briser même leur propre intimité.

À propos Adnan Mouri

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*