Infos
Accueil » Chronique » Pôle & Mic : L’insémination d’une révolte vertueuse

Pôle & Mic : L’insémination d’une révolte vertueuse

Il voue un respect inconditionnel aux moudjahidines qui ont fomenté la résistance grâce à une conscience réflexive et non à cause d’un vécu précaire qui les a contraint à rallier la bonne cause pour combattre le colonialisme abject qui a jeté en pâture le trauma sous toutes ses facettes. Même si Baya reproche à son compagnon son radicalisme, elle pense qu’il sait trouver les mots aussi tranchants qu’une digue et aussi doux qu’une pluie d’hiver. Les larmes l’avait emportée en pensant au flot de douleur occasionnée par la décennie noire. La «ferme des animaux», avec hypocrisie et mensonges, a lavé les terroristes de leurs crimes en arguant la concorde civile comme hymne pornographique. Ceux qui disent amnésie, sont les oreilles d’ânes qui doivent entendre que amnistie n’est pas amnésie. Devant la razzia qui s’organise de façon nonchalante au milieu du brouhaha, Salim casse la croute avec son collègue, le rire léger de la candidature du cinquième mandat est sur toutes les lèvres. Malik débite un contexte historique et extrapole avec l’homme politique Roosevelt qui était sur une chaise roulante. Salim rétorque en disant qu’il ne veut pas être de mauvaise humeur, comparaison n’est pas raison. Devant son étonnement, il poursuit:« je vais te faire lire une citation de Churchill que je vais pervertir en la contextualisant à l’imaginaire social algérien». «Ce que j’ai retiré de l’alcool est beaucoup plus important que ce que l’alcool m’a retiré». Face à cela, il affirme que l’arrivée de fakhamoutouhou n’a fait qu’enraciner les toxines existantes déjà. Devant cette crise multiforme, Baya propose à Salim de bosser sur un roman de Georges Orwell, «la ferme des animaux», et l’adapter au contexte algérien. Une pièce réflexive démonte la pente totalitaire et refleurit les pétales de la culture. Devant l’éclairage admirable de la pièce, Baya observe avec une justesse novatrice l’œuvre Orwelienne qui porte un projet auto émancipateur. Dans cette lignée, elle s’apprête à hurler sa rage de liberté. Pour déranger la paresse quotidienne, elle pense au rêve comme un présent à inventer pour battre en brèche le cortège charlatanesque de l’interprétation des rêves fait par la bande fanatique qui force le lavage de cerveau. Elle essaie de prémunir son immunologie mentale en atteignant les hauteurs vertigineuse de l’inconscient qui en dit long sur le rêve. La persévérance en concomitance avec la cogitation lui donne une posture sereine pour faire une petite lecture de Freud sur le rêve. Le père de la psychanalyse dira que l’interprétation met en relief deux instances qui ont pour finalité «de s’exclure l’une l’autre». L’interprétation tente à partir du récit que fait le rêveur «d’établir les pensées du rêve qui révèlent le sens du rêve». De ce fait, l’interprétation aura pour fonction de formuler le désir inconscient qui est l’origine du rêve, mais il faut dire que l’interprétation ne doit pas porter uniquement sur le rêve. Son rôle est de décrypter les autres productions de l’inconscient qu’elles soient individuelles: actes manqués, lapsus, ou collective: mythe, religion, etc…).

À propos Adnan Mouri

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*