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Abdelaziz Rahabi parle d’impasse politique aux «conséquences imprévisibles» : Attention, il y a urgence !

Le contexte politique qui prévaut actuellement invite à de mures réflexions. La «crise» politique, puisque qu’il en est ainsi, continue de faire parler d’elle au point de faire réagir experts juristes et politologues. Des initiatives de sortie de cette «crise» sont mises en avant depuis le début du Hirak par des personnalités politiques alors qu’on assiste parallèlement à la naissance de quelques «agglutinations» de compétences nationales proposant de leur côté des solutions efficaces, dont la création d’une Commission indépendante chargée de l’organisation de la première élection présidentielle, libre et démocratique de l’«Après Bouteflika». Seulement voilà, toutes ces initiatives, bien qu’elles soient riches et diversifiées sur le plan du contenu, on a tendance à faire l’impasse sur une question fondamentale qui est relative à la date de la prochaine élection présidentielle en Algérie.
Les experts n’ont pas d’ailleurs tort de qualifier ce «vice de forme» d’un des signes béants de cette impasse politique. Qui va fixer l’échéance de la prochaine présidentielle? Quelle échéance possible sachant que le consensus exige un débat large, un dialogue global, des concertations mais aussi des concessions de la part du gouvernement et des acteurs concernés sans exclusivité et sans distinction de couche? Il s’agit d’une «impasse politique aux «conséquences imprévisibles»» auxquelles est confrontée le pays, qualifie ainsi M.Abdelaziz Rahabi l’ex ambassadeur. «Il y a «urgence à parvenir à un accord politique global», alerte ainsi le coordinateur du Forum national pour le dialogue (FND). Une rencontre nationale a été organisée samedi au centre d’hôtellerie d’Ain Benian à Alger sur le dialogue. Ce conclave inédit a réuni des représentants de partis politiques et une cinquantaine d’associations de la Société civile et de fédérations professionnelles «très représentatives». D’emblée, M. Abdelaziz Rahabi, explique, que celle-ci se veut une participation à l’effort national de sortie d’une crise dans laquelle est enfoncé le pays depuis plusieurs mois. Reçu dimanche à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, celui-ci dément que la «Feuille de route» à laquelle a donné lieu cette rencontre ait fixée une date pour la tenue d’élections présidentielles. Pour l’ancien diplomate, il ne s’agit pas de définir uniquement la date de la future présidentielle. M.Rahabi pose un aspect non pas technique mais d’ordre relationnel qui doit prévaloir lors de la préparation d’un rendez-vous électoral. Cet aspect s’appuie sur les « garanties » que doit présenter le gouvernement aux citoyens pour la tenue de cette présidentielle. Il s’agit, en d’autres termes, de la confiance qui doit être partagée et mutuelle entre les électeurs et le gouvernement qui organisera ces élections. Ces élections présidentielles seront organisées, explique M.Rahabi «quand les Algériens seront convaincus de la sincérité du gouvernement à les organiser dans la transparence». De la crise elle même, il explique qu’il s’agit d’un processus qui est susceptible de durer et qui ne devrait cesser qu’après qu’ait été dégagée «une solution politique, négociée, consensuelle et pacifique», basée sur l’établissement de la confiance entre les Algériens et les autorités. M. Rahabi estime que pour se libérer de ce marasme, la date des élections n’est pas la seule solution. La clé, commente-t-il, c’est l’accord politique global qui devrait intervenir entre les forces politiques et un environnement donnant aux Algériens le sentiment que leurs voix ne seront pas volées et qu’ils sont véritablement entrés dans un processus démocratique. Pour parvenir à cette sortie de crise, il considère qu’il faut passer par un «compromis solide», basé sur les garanties que le pouvoir doit donner pour montrer qu’il est disposé à céder de ses prérogatives, qu’il est prêt à entrer dans une phase de transformation démocratique et à organiser des élections transparentes. M.Rahabi commente aussi le dernier discours du Chef de l’Etat et observe que celui-ci n’aura évolué que sur le plan technique, en proposant une autorité indépendante chargée d’organiser et de contrôler les élections. Même si observe-t-il, il faut prendre note de cet aspect «cela n’est pas suffisant», parce que «peu de choses ont changé». Il en veut pour preuves les entraves apportées «à la liberté, à l’exercice de liberté de réunion mais également aux interpellations, aux intimidations pendant les marches, à la fermeture du champ de l’audiovisuel public…». Prévenant contre l’état de «lassitude et d’inquiétude» auquel sont arrivés les Algériens, il souligne que ceux-ci ne sont pas prêts à se satisfaire d’une solution «à n’importe quel prix».

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