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L’été à Saida : C’est l’enfer et la galère

L’été à Saida c’est la saison de trop. La chaleur, la moiteur, la pollution sonore, celle atmosphérique et celle de l’environnement en général et bien sûr d’autres choses, tout cela est poussé à son paroxysme. Et ce n’est pas toute la ville qui part en vacances. Rares sont les familles qui se payent ce luxe mais devant l’insistance de leur progéniture certains parents finissent par céder en leur offrant une journée au bord de la grande bleue. Ainsi chaque jour vingt à trente bus prennent la direction des plages des villes avoisinantes à raison de 600 DA la place (aller et retour), nous apprend un chauffeur de bus. Les plages les plus prisées sont celles de Mostaganem et de Temouchent. Récemment les autorités de la Wilaya ont fait fuir plus de 100 enfants issus de familles nécessiteuses vers la Ville de Nedroma. Certains en sont à leur premier voyage d’autres ont récidivé à plusieurs fois. Durant l’été Saida, devient une ville fantôme et les rues pullulent de jeunes gens au teint cuivré – pas trop gavés de clichés venus d’outre-mer selon lesquels pour être « IN » il faut être doré à point, nos jeunes s’exposent ostensiblement et souvent sans se protéger aux rayons de soleil. Savent-ils seulement les risques qu’ils courent? Alors que les fortunés prennent leur plaisir dans les eaux de mer, la plus grande partie de la population, plus de 80°/°, reste cloîtrée chez elle toute la journée faute de moyens de distraction de passe-temps ou d’amusements. Les jeunes s’ennuient en période d’été mais restent soumis à la fatalité « Mektoub » disent-ils, seuls quelques Demerdars constitués en petits groupes arrivent à faire leur baptême de feu dans les piscines de l’OPOW ou celle qui porte le nom de l’Ancien Handballeur Tab Lahcen… combien sont-ils? Une poignée de mioches. Ce manque de piscines dans la ville de Saida et d’autres moyens de divertissement et délaissement, oblige les jeunes à rentrer chez eux après leur tournée dans les multiples cafés. Quelques tasses de café – des cigarettes pour se donner de l’énergie et supporter le malaise paysan tant que le marasme qui sévit, les jeunes rentrent chez eux le coeur gros traumatisés par un quotidien ennuyeux. Ils sont devant une alternative difficile: soit regarder la télévision toute la journée à mourir d’ennui soit plonger dans le sommeil pour oublier la lassitude de la vie. A Saida, les jeunes s’ennuient à ne rien faire, ils traînent leur ennui sans savoir quoi faire durant toute la journée. La ville de Saida – en été – est d’une insipidité qui assomme. Hormis les cafés, il n’y a rien à voir. Dans le domaine de la culture une grande vacuité règne même les plus proposés sont indigènes. Le seul divertissement reste le football pour les jeunes le soir. Quant à la gente féminine elle ne fait que prendre son mal en patience. Les femmes saidies sont partagées entre la Télévision ou les mariages. Cependant, assis sur les bancs publics de la place centrale de la ville « rénovée » récemment, beaucoup de jeunes et moins jeunes passent leur temps à se regarder et à regarder les passants(es). Terrible société en panne! La nuit venue, si certains se baladent en ville en quête de fraîcheur d’autres ne se lassent pas de regarder dans la petite lucarne vivre d’autres gens sous d’autres cieux cléments. Le chômage terrasse bien des jeunes et les mène tout droit vers d’autres fléaux: la drogue – l’alcool – la prostitution – le crime. Forcément, certains ne peuvent que se débrouiller comme ils peuvent pour gagner leur pain. L’on remarque aussi le vagabondage des enfants le jour et même tard dans la nuit. Ils sont livrés à eux-mêmes et leurs parents s’en soucient comme d’une guigne. Mais au fait les vacances, le congé, la plage qui en a parlé?

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