Accueil » Chronique » Pôle & Mic : Calcul politique !

Pôle & Mic : Calcul politique !

Faisons le bilan du Hirak depuis son début à ce jour. Le bilan est plus que positif du fait que le citoyen s’est exprimé pour le départ de Bouteflika et du système tout en insistant sur la rupture avec le système qui a engendré l’immobilisme politique et la corruption. Bouteflika fait partie de l’Histoire du pays, des anciens généraux mis en prison, des hommes d’affaires et de hauts responsables mis sous contrôle judicaire et en détention provisoire. Les présidentielles de juillet ont été reportées. Les manifestations du vendredi sont de plus en plus politiques mettant dans la gêne le pouvoir qui semble n’avoir pas d’alternatif, le pouvoir refuse catégoriquement toute transition et invite les partis et mouvements associatifs au dialogue. Un dialogue refusé par ces derniers tant que les « 3 B » sont encore au pouvoir. Bensalah comme le chef du gouvernement évitent de s’exprimer, de peur de heurter les sensibilités de l’opposition. Gaid Salah se charge de la communication puisqu’il s’est engagé d’accompagner le Hirak. A ce jour, aucune goutte de sang n’a été versée, mais des jeunes sont mis en prison à cause du drapeau amazigh. La libération de ces jeunes apaisera certainement la tension. Il faut avancer vers le changement et non « caler » autour d’un point. Le pouvoir n’osera pas fixer la date des présidentielles, car il sait que l’opposition boudera l’événement et le HIrak se mobilisera davantage puisque le Hirak a clairement affirmé qu’il ne veut pas de la réforme du système mais d’une rupture du système pour aller vers une deuxième République démocratique. Le pouvoir ne peut pas compter sur le FLN et le RND. Il ne pourra pas aussi s’appuyer sur les islamistes qui veulent profiter de cet évènement pour rebondir et laisser croire que c’est la première force politique même si les manifestants chassent les islamistes et ceux qui scandent « dawla Islamiya » ou « Dawla Badissiya ». Le fossé est donc creusé. Les islamistes ont encore perdu avec cette histoire d’interdiction du drapeau amazigh lors des marches car n’ayant pas réagi. Ils ont perdu la Kabylie et tout un électorat pro démocrate dans les autres régions du pays. En final, on se retrouve avec une classe politique phagocytée à qui on demande des efforts pour une sortie de crise alors qu’il aurait été préférable de réhabiliter l’exercice politique et partisan

À propos B. Nadir

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*