Accueil » Chronique » L’avenir d’une Révolte : Le rêve désabusé

L’avenir d’une Révolte : Le rêve désabusé

Cette petite ville se réveille tôt à l’aube de chaque matin, sous un immense ciel. C’est ce qui la singularise par le destin formidable de ville unique, baignée par une lumière exceptionnellement pure ce qui donne à son azur, un bleu, aux tons, aux nuances infinis. Servi par des paysages extraordinaires le site qui accueille la ville est une faveur de la nature naît de cette rencontre entre deux climats différents qui s’y associent pour les températures extrêmes le chaud et le froid, et surtout du choix que fit le Patron spirituel de la ville, le saint vernaculaire il y a un peu plus de quelques siècles, en s’installant dans cette région steppique, giboyeuse et gorgée d’eau et où le couvert végétal parfaitement renouvelé permettait, à l’époque, un pâturage quasi annuel. Dunes fauves, ocres en fonction de la pluviométrie ou d’un ton plus foncé au moment des fortes pluies, que l’érosion a accumulé en poussières d’or patiemment au fil des siècles aux pieds des djebels, et pour contre carrer l’avancée des dunes sur la ville, l’administration coloniale avait planté des arbres de différentes espèces, véritable travail de patience et de botanistes passionnés sur plusieurs hectares, ce qui avait favorisé un véritable micro climat, aujourd’hui n’en subsiste que quelques dizaines d’eucalyptus géants ou quelques pins d’Alep qui finiront par succomber à la chenille tueuse, comme les autres. Et cet immense espace vert sans pareil, pour l’époque dans tout le sud ouest, croule lui aussi sous le béton…n’en subsiste que la bêtise qui l’a fait disparaître en une inconscience quasi-totale. Les jardins potagers s’étendaient tout le long de l’oued cherchant une proximité hydrique, aujourd’hui ils s’étendent en amont à l’Est, à l’Ouest et au Nord vers les espaces naturels du pâturage nomade qui rétrécit comme peau de chagrin, et en puisant par des pompages féroces l’eau des nappes phréatiques, ils contribuent à son gaspillage. Cultures qui arrivent difficilement à maintenir une productivité rentable, sans l’aide constante et soutenue de l’Etat…et encore les pseudos agriculteurs sont gourmands, ils veulent toujours plus d’espaces pour accroître leurs possessions qu’ils sont pratiquement dans l’impossibilité de cultiver, la terre étant souvent peu fertile …En somme au milieu de cette diversité des paysages qui s’offre comme un privilège pour y implanter un site urbanistique original, l’homme s’emmêle les pinceaux pour s’offrir une cité qui sait allier les deux, l’ancien et le moderne, pour le plus grand bonheur du tourisme et des habitants. On aurait pu intégrer la cité à son cadre naturel, sans opérer de « fractures » esthétiques, qui casserait une structure urbanistique harmonieuse ; urbanisme qui va à vau l’eau, débonnaire, au petit bonheur de l’improvisation, de tout le monde, comme si on jouait aux dames, et tout le monde participe au moindre déplacement d’un pion, avec exaltation…l’avis du spécialiste, quand il existe vraiment est jeté aux orties, bien souvent, tributaire d’une décision des instances publiques qui tombe comme un couperet. La perspective qui n’offre aucune prise sur les espaces verts naturels dans lesquels les constructions auraient pu s’intégrer sans les « salir» par le béton et ainsi permettre à «l’œil» d’y étendre son rêve, et au citadin d’aller y chercher le silence de l’âme. C’est ainsi que se perdent partout en Algérie des paysages uniques, squattés, réaffectés, délaissés, travestis…ou exploités à des fins purement mercantiles.

À propos B. Mohammed Mostefa

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*