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L’avenir d’une Révolte : Philosophons

Ça ne coûte rien de philosopher, juste un peu de temps à consacrer à méditer sur l’enfance.
C’est la même chose que pour la poésie, l’en fance nous y guette avec ses beaux yeux noirs férus de liberté…c’est là aussi où on apprend à connaître cette relation manichéenne qui nous lie aux autres : tristesse et joie s’y conjuguent. Les adultes sont ennuyants avec leurs manières d’envisager le monde, ils sont méchants, calculateurs, cupides, toujours insatisfaits. Leurs émotions se résument à une grossière consommation de petites joies offertes par les sens les plus basiques ceux liés à l’argent, assouvissent leurs instincts en l’accumulant : mangent avec avidité, des dix doigts, tout ce qui remplit un coffre fort, c’est leur véritable ventre, un lieu métallique qui digère toujours mal leur ambition toujours inassouvies pour que, finalement il en sorte un rot de satisfaction momentanée avec le grincement d’huis mal joints de la porte lourde de leur moi qui se referme sur la réalité. Tout disparaît quand on voit tous ces paquets alignés l’un au dessous de l’autre, comme une armée de démons qui peuvent satisfaire tous les vœux, c’est la plus belle des images que l’on puisse contempler avec délectation, avec art, avec un sens de l’esthétique du dénuement extraordinaire, de l’imaginaire : on ne rêve plus de rien, un immense espace vide envahit l’esprit … ce sont uniquement des horloges déformées à la Dali qui s’y étalent, le temps il faut le fructifier pour gagner plus d’argent, et avec ce moyen on transgresse le temps, il n y a plus de passé, plus de présent, plus de futur, l’argent c’est l’éternité, il n y a plus de jeunesse, plus de vieillesse ; seule la peau se mettra à transpirer, chaque jour, lorsqu’on se réveille le lendemain avec l’immense crainte qu’on puisse trouver le coffre fort vide. On parle argent, on vit argent, notre rhétorique n’est qu’argent, on s’habille argent, on respire argent… lutte de classe, révolution, prolétaires, chômage, famine, misère tout ça effleure à peine notre esprit, c’est la loi de la vie qu’on se dit, et on ne donne jamais rien aux mendiants, on les croit plus riche que soit. Mais ce goût immodéré pour l’argent peut te faire descendre, sans une ni deux, dans les puits sombres de la corruption, et un jour ta tête émergera de la margelle dans une cour de prison. Et c’est là où redevenu pauvre, tu continuera à chercher à amasser l’argent en vendant des cigarettes aux détenus, tu referas le même chemin, comme lorsque enfant pauvre assis devant ta table de colporteur de vendeur de n’importe quoi, tu regardais les fils des corrompus vivre dans l’aisance la plus méprisante, la plus agressive, vivre dans des demeures cossues, conduire des voitures de luxe, côtoyer les filles sexy … et en toute impunité regarder, en grandissant cette fange se multiplier, devenir ton exemple et pourrir ton cœur d’enfant innocent.

À propos B. Mohammed Mostefa

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