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Il avait pourtant la carrure d’un chef d’Etat : Ouyahia, la France, Giscard et le destin!

Si H’mimed, comme aiment l’appeler les hommes du système, a toujours caressé le rêve de présider les destinées de l’Algérie dont l’Etat s’est confondu avec le système hermétique et profond. Le rêve de prendre les rênes du pays est pour Ouyahia une servitude zélée du système en acceptant volontairement les sales besognes, car il le sait pertinemment que les voix du peuple ne valent rien devant le plébiscite du Nidham pour devenir président. Oui, les élections ne sont qu’un faire-valoir pour celui qu’on surnommait, depuis les législatives de 2007, «le fraudeur en chef». Le plébiscite du système passe aussi par la baraka des puissances étrangères, dont la France en tête, cela le sait aussi Si H’mimed qui a, des années durant, multiplié les gestes et les paroles de bonne volonté pour plaire, en particulier, aux maîtres de l’Hexagone. Ces gestes ont bel et bien commencé au début du deuxième mandat d’Abdelaziz Bouteflika, lorsque la France officielle a promulgué la loi du 23 février 2005, «portant reconnaissance de la Nation en faveur des Français rapatriés» dont son article 4 exprime la «reconnaissance» de la France pour l’«œuvre» des rapatriés et prévoit que les programmes scolaires reconnaissent «en particulier le rôle positif de la présence française outre-mer, notamment en Afrique du Nord, et accordent à l’histoire et aux sacrifices des combattants de l’armée française issus de ces territoires, la place éminente à laquelle ils ont droit». En Algérie, le texte a suscité une véritable levée de bouclier et bien des commentaires navrés dont l’Historien Mohamed Harbi a estimé à ce sujet qu’en «ne retenant que le «rôle positif» de la colonisation, la loi impose un mensonge officiel sur des crimes». Cette loi, ressentie comme une provocation des Algériens, a poussé le Parlement algérien à monter au créneau pour condamner cet «attentat contre la mémoire». Les parlementaires s’attelaient à provoquer une réunion des deux Chambres, en prévision de se réunir en congrès, pour adopter, à leur tour, «la loi criminalisant le colonialisme français». En décembre 2009, un groupe de 125 députés, principalement du FLN, ont déposé auprès du bureau de l’APN cette proposition de loi criminalisant le colonialisme, un projet de proposition rejeté, une première fois, pour des anomalies de forme, puis, après deuxième lecture, carrément mis en veille pour “des considérations diplomatiques et juridiques” sur pression des députés RND téléguidés par Si Ahmed pour qui cette loi n’est qu’«une carte politique, pas plus». L’ex-chef de gouvernement ne s’arrête pas là, en 2012, il invite Erdogan, à «cesser de faire de la colonisation française de l’Algérie un fonds de commerce», en lui rappelant même que « la Turquie s’est prononcée contre l’indépendance de l’Algérie». Ouyahia également secrétaire général du RND, un parti portant d’essence patriotique et Républicaine, s’invite ainsi dans une guéguerre entre Nicolas Sarkozy et Recep Tayyip Erdogan en volant carrément au secours de la France déniant le droit à toute personne «de faire du sang des Algériens un fonds de commerce». Si Ahmed rappelle aussi que «la Turquie, qui était membre de l’OTAN, pendant la guerre d’Algérie, et qui l’est encore, avait participé, de par sa qualité de membre de cette Alliance, à fournir des moyens militaires à la France, dans sa guerre en Algérie, au moins par l’achat d’une bombe larguée en Algérie ou d’une balle tirée contre des Algériens». Il pousse en cette occasion le bouchon plus loin en rappelant à Erdogan que «la flotte militaire algérienne ayant pris part à la bataille de Navarin, en 1827, opposant les Ottomans à la coalition militaire française, anglaise et russe, a été entièrement détruite… Même le dey Hussein (dey de la régence d’Alger au moment du débarquement des troupes militaires françaises à Alger en 1830) avait quitté le pays trois jours après l’invasion d’Alger par les troupes militaires du roi Charles X». En ouvrant à l’époque ce front de discorde avec la Turquie, Ouyahia se positionne en faveur de la France de Sarkozy qui vient tout juste de détruire la Libye et assassiner Kadafi, après le fameux «printemps arabe», Ahmed Ouyahia, alors Premier ministre, a choisi, cette fois-ci le mois sacré de novembre de l’année 2018, pour qualifier lors d’un mot prononcé à Paris, le million et demi de martyrs algériens de «morts». Il vient sacrifier les CHOUHADAS sur, encore une fois, l’autel des relations algéro-françaises à quelques mois des présidentielles avortées d’avril dernier. Oui, si H’mimed a multiplié les gestes de bonne volonté envers l’ex-puissance coloniale, lui qui a toujours lié son ambition présidentielle à «la rencontre d’un homme avec son destin», une citation empruntée de l’ancien président français, Valery Giscard d’Estaing. Sauf que ce dernier était réellement élu président de la République française du 27 mai 1974 au 21 mai 1981 et Ouyahia est finalement pensionnaire, à El Harrach, à compter du 12 juin dernier. Voilà le parcours de celui qui en voulant gagner la sympathie des forces occidentales et la confiance du système qu’il a servi avec zèle, a perdu son parti, le peuple et le pouvoir et même son destin s’est mis en face de l’homme.

À propos Hocine Smaâli

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