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L’avenir d’une Révolte : Le jour le plus long

Sans liberté désormais que rédemptrice dans la réclusion, avec la redécouverte de soi, dans l’humilité, de cet être intérieur qu’on a trop longtemps enfermé dans le mensonge, dans l’immoralité, sans honneur que celui de réapprendre à aimer le pays au fin fond d’une cellule, sans situation qu’instable, celle d’avoir dégringolé, d’un seul coup, spontanément, poussé par la main du destin qui vous rattrape dans la surprise, les marches d’un escalier de si haut, non pas sur un tapis rouge, en attendant de raconter des salades, à des gens au fond qui ne sont plus aussi crédules, et qui font semblant d’écouter un discours creux, un vomi idéologique le plus souvent, où on entend genre : « avec la Syrie la révolution avait commencé avec les fleurs.. » mais cueilli, comme un vulgaire voleur à la tire, pire comme un malfrat de bas étage, sans foi,ni loi, sans Dieu ni maître qu’un Diable venu des sables de sa traversée du désert du moyen orient, par un panier à salade qui va être hué, de place en place, qui va faire la joie dans tous les foyers algériens, hier fêtés par tous les Partis, même ceux qui n’avaient plus qu’un cadre, par les assemblées, dans toutes les institutions, dans toutes les manifestations du premier, au cinquième mandat, chassés le lendemain de tous les garnis, sans pouvoir trouver un oreiller où reposer sa tête, d’ailleurs comment trouver le sommeil en vivant dans l’angoisse et l’imaginaire d’un lieu qu’ils ne croyaient fait que pour les autres, pour les cadres qu’il a emprisonnés pour liquider en toute quiétude des entreprises nationales, déclarées en banqueroute de manière lapidaire, ils vont y trouver, ils vont y rencontrer, ceux qui, au chômage par la faute de leurs rapines, par leurs mauvaises gestions, sont réduits à faire des vols à l’esbroufe, à la tire, à escroquer au bonneteau, à vivre d’expédients, à faire du trafic de drogue, à commettre des délits de toute sorte, ceux-là à qui,ils voulaient refuser même le yaourt, ceux-là dont ils ont réussi à rendre la vie précaire, en laissant s’afficher avec mépris la richesse ostentatoire de fonctionnaires véreux, d’affairistes corrompus, une richesse née ex-nihilo de la décomposition du cadavre d’un Etat agonisant, mais qu’ils n’ont jamais réussi à abattre, ceux-là ils sont restés dignes dans leur pauvreté, ceux qui les ont suivi ce sont les larbins qui mangeaient dans leur main, et ces jeunes même, dans la situation carcérale la plus détestable, sont plus honorables que vous, vous, vous avez trompé la confiance de tout un peuple, vous avez menti, usurpé, fourvoyé, trompé, on peut même avoir de la sympathie pour ces jeunes délinquants, ou ces jeunes dealers,pour ces jeunes voyous que les aléas de la vie ont rendu ainsi, mais pour vous quelle sympathie pourrait-on ressentir, pour quelqu’un qui n’avait aucune empathie pour les autres, qui n’était que calcul vénal, pour qui les autres n’étaient que sujets de leur ambition, qu’objets de leurs tractations, de leurs coups fourrés, car ils vivaient au milieu de ce peuple en mercenaires, en parasites, dépeints depuis toujours dans un miroir populaire ne les flattant plus, et qui accuse toutes les tares qu’ils ne voulaient pas remarquer, mais eux recherchaient ceux qui leurs étaient les plus opposés, qui ne voulaient plus d’eux comme mentor politique, craignant l’ostracisme, mais, par la suite, l’opprobre où ils tomberont est révélateur de la ruine laissée sur leur passage et malgré toutes les moqueries dont ils sont affublés ils continuent,les uns,à ânonner, comme des élèves du primaire leurs discours sans créativité, qui renferme les mêmes banalités assommantes et démagogiques, à y inventer des barbarismes comme un certain célèbre « fakakir » qui dénote combien est grande leur indigence verbale et politique, mais ces gens-là savaient-ils au moins penser politiquement correcte, dans la décence, dans la bienséance, en fonction d’un plan, d’un programme, d’idées sans ressortir ce « fakhamatouhou » extraordinaire sésame qui ouvrait toutes les impasses, et marquaient leur obéissance aveugle, leur discipline de larbins au gourou, en consacrant finalement par leur sermon d’allégeance la responsabilité totale du chef de la secte, qui depuis vingt ans se constitue, doucement pas à pas, en substituant à la rationalité,à la modernité, à la jeunesse de nos experts, de nos économistes, de nos financiers… les conseils d’obscurs devins qui interprètent les rêves de notre puissant patriarche et gouverner avec le pays, et chaque jour qui venait était soumis à ses rêves, presque comme à une révélation divine, presque un prophète, selon l’apôtre Bouchouareb, car le jour le plus long,après cette longue phase sans interruption sans point virgule qui a duré si longtemps pour le peuple, sera ce premier jour où ils dormiront en prison, et en attendant,pour patienter,il leur passera quelques uns de ses rêves à interpréter,car lui c’est un gourou aux pouvoirs miraculeux et qui guérissent du mal du mépris, du manque d’humilité, de la mégalomanie qu’il a longtemps combattu, avec des talents de brillant prestidigitateur pour se hisser de quelques centimètres en faisant un bruit de talons,fou.

À propos B. Mohammed Mostefa

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