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L’avenir d’une Révolte : Le jardinier et le mangeur d’hommes

Tahkout était un vendeur de légumes avant de devenir légume vendu ; Ouyahia était lui aussi un légume avant de devenir un chiffonnier. Il sait que les carottes sont cuites même pour un concombre joliment masqué de poste de premier ministre plusieurs fois, de ministre par-ci de ministre par-là, mais il n’a jamais été que ministre du mensonge, poste qui est mis en veille pour lui, celui qui a porté tous les masques inimaginables, jusqu’à celui de trafiquant de tout bord. Même dans les trafics des bus pour étudiants, il a trompé en trempant avec comme principal aide de camp Tahkout, mouillé jusqu’au cou. Lui il prit jardinier pour ses jardins potagers dans ses immenses domiciles du club des Pins aux domiciles des klebs des Pin’s les plus chers. On le sait depuis toujours, les chiens aboient, la caravane passe…to Sidi M’hamed.
C’est une bien longue caravane, les dromadaires sont chargés d’éminents émirs du régime, ceux là avaient pris la route de la soie depuis longtemps, sans savoir, comme le ver, qu’un cocon en fils d’or allait se renfermer sur eux doucement. C’est un bombyx qui se nourrissait du billet de la planche de la crise et du billet vert pour les sous épargnés surtout, en cas de disette. Bref, nos éminents pique assiettes, allaient se convertir au vert, pour se mettre au vert, en cultivant leurs mûriers, mais c’est sans compter sur le destin, un hirak avant coureur les a rattrapés, comme un orage imprévisible, dans le lit d’un oued où ils passaient caravane impavide avec leurs panaches, quand tout était serein, le temps était au beau fixe avec un cadre très alerte, avec un bombyx en bas à gauche comme signature du vide laissé. Mais dans le jardin de nos potes les oligarques, un nouveau légume très rassasiant qu’on a cultivé pour nous : le pneu. Le pneu fit rapidement tourner les affaires en roue libre…et en nous escroquant de notre oxygène pour le gonfler, pour voler aussi un peu de soupirs à nos poitrines et en empruntant à l’atmosphère un peu d’air comme on a emprunté à la banque centrale, comme dans la poche de Saïd. Mahi est très riche 3000 milliards, d’ailleurs c’est le dernier souci des gens qu’il soit riche ou pas. Leurs grands soucis c’est qui lui a donné tout cet argent, et puis… à la limite on peut même continuer sa marche, incognito, chaque vendredi à la recherche d’une oasis où on s’enterrera avec ses rêves, ses espoirs en attendant la Dawla semblable à celle de Haroun Rachid et des mille et une nuits du développement économique, semblable à celui de l’occident. Avec une Schéhérazade, pour sauver notre âme de la réalité abjecte du sous-développement, en réinventant pour nous le conte à dormir debout.

À propos B. Mohammed Mostefa

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