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L’avenir d’une Révolte : L’Aïd

Au début des croisades commença l’ère de la communication. On institua la propagande, par le biais de la foi, à des fins politiques. On crée des alliances, par le biais de mariages princiers, on noue des relations, on étendit des territoires, on absorbe des principautés …des sectes virent le jour, des moines devinrent guerriers, les templiers face aux Sarrasins, des chevaliers adoubés par les Rois furent les héros d’une guerre sans merci, où des atrocités des deux camps, d’une rare violence furent commises …L’Europe du moyen âge est reconfigurée par ce désir de conquête de l’Orient, lieu de tous les fantasmes, de toutes les jouissances mais aussi de toutes les rédemptions. Les trônes s’ébranlèrent, les Papes aussi…la colonisation est à son embryon, on lorgne du côté du monde à envahir, on découvre l’Afrique, l’Asie… Les Musulmans avaient tout eu rapidement: la nouvelle religion qu’ils prônaient, avait gagné les nations les plus diverses et les plus belliqueuses. Tandis que les Chrétiens avaient perdu Jérusalem mais depuis avancèrent à pas sûr vers la modernité, ils découvrirent Aristote, par le truchement des traductions et des commentaires d’Ibn Rochd. Les musulmans perdirent le chemin en cours de route en faisant l’autodafé des livres de Ibn Rochd, en rebroussant chemin d’Espagne en 1492. Saladin fut le héros des croisades, mais il ne fut pas le héros de la modernité, elle allait être pendu à une corde ou crucifié par les extrémismes infinis que connurent les lieux du culte (depuis l’âge ottoman non datable par le carbone 14, et ces cernes ne sont pas visibles à cause de toutes les forêts détruites pour fabriquer les bateaux pirates et dont les butins allaient directement vers la Porte Sublime), les exégètes, les théologiens, et les antimystiques ceux du Cheikh Alakbar, chacun par son nom, et les lieux du pouvoir, chacun par sa chaise. C’est ainsi que fut pendu Saddam, à une corde, ce lien ombilical qui le liait à une mère qui l’a enfanté mort-né, la grande nation arabe, de Michel Aflak: on ne tolérait pas les vagissements sur la modernité, et les babillements sur l’indépendance, on lui a fait un couac en plein Aïd. Rare méchanceté. Au début, confrontations entre deux monothéismes, croisés et Sarrasins rêvassaient d’un Christ pareil mais différent, chacun à sa manière les uns avec la croix et les apôtres, les autres avec Marie, patrimoine commun d’une maternité sacrée. En 1948, le monde des croisés et des Sarrasins prit fin, la Terre Sainte fut déclaré sainte pour seulement un ADN venu du mont Sinaï en 1967 par une démocratie née des décombres d’une guerre mondiale qui reconduisit des croisades d’une autre forme, celles des plus abjects des racismes que connut l’histoire, un pogrom contre le peuple juif. Mais pour se racheter, ou vieille rancune d’une Europe en lambeaux contre les fastes et les grandeurs d’une civilisation musulmane de l’Orient, qui subsistaient encore, avant Daech, Buch, Trump et Hollande, en Mésopotamie, en Syrie, au Liban…On leur offrit cette terre d’accueil, depuis si longtemps promise. Là avant, depuis toujours, il n’y avait que deux catégories, des arabes pauvres qui vivait en convivialité avec les juifs, et des juifs pauvres qui avaient de tout temps considérés que ce lieu, Jérusalem, et toutes les autres villes étaient là, en toute quiétude, dans cette sérénité des lieux, depuis le commencement du monde avec tous ses habitants. Mais depuis, avec la nouvelle lecture que fit Trump de l’histoire, à MBS, qui annonce à coup de milliards de dollars, Jérusalem s’est déplacée en la tirant à hue et à dia.

À propos B. Mohammed Mostefa

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