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Pôle & Mic: Marcher, refuser; oui mais jusqu’à quand?

Marcher pour revendiquer, pour dénoncer, pour réclamer justice, c’est marcher pour  l’Algérie. C’est montrer à quel point, l’Algérien n’est pas dupe, qu’il sait parfaitement ce qui se trame dans la sphère politico-financière. C’est également prendre l’histoire à témoin quant à cette mobilisation inédite et séduisante dans le monde entier. Malheureusement, après le 22 février dernier, la marche a pris un mauvais pli, un cap dangereux, un chemin sinueux. Le vendredi, c’est pour le grand public, le mardi, les étudiants, le jeudi les magistrats, le dimanche, la communauté Algérienne à l’étranger. Cela sonne comme une partition mal distribuée, préparée à la hâte et lancée à la va-vite. Depuis, tous les Algériens qui sortent pour s’emparer de la rue n’ont qu’une seule réponse: non à toute proposition venant du pouvoir. Est-ce bien raisonnable alors que le pays vit l’une de ses crises les plus chroniques? Une crise multiforme, presque inextricable. Une crise où tout se confond, politique, affaires scabreuses, corruption et bien évidemment règlements de comptes. Une crise prise en otage par l’intox des réseaux sociaux, le silence des officiels et l’hystérie d’un peuple longtemps frustré. Les marches populaires ressemblent à des séances géantes d’exorcisme. Le refus est synonyme de déni. Alors que cette thérapie imposée par des années de mensonges et de corruption, d’injustice et de détournement de deniers publics n’a pas encore atteint son paroxysme, et n’a encore abouti à aucune guérison. Les Algériens veulent-ils prendre leur revanche, eux qui ont tellement souffert de cette machination orchestrée par des hommes du pouvoir, des hommes d’affaires et des hommes venus de nulle part? Le refus de tout dialogue, de toute figure du système est une réponse catégorique. Ce refus est une sentence, un verdict populaire. Mais jusqu’à quand va-t-on encore maintenir le pourrissement et le statu quo? Il est peut-être temps de revenir à de meilleurs sentiments non pas pour pardonner mais pour donner une nouvelle chance à l’Algérie de se reprendre, de se rattraper et de se remettre en marche. Quant à ceux qui l’ont trahi, la justice est là pour les poursuivre même si les Algériens resteront chez eux les vendredis.

À propos BOUHALI Abdallah

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