Accueil » Actualité » Appel au dialogue: La classe politique devant ses responsabilités

Appel au dialogue: La classe politique devant ses responsabilités

Rarement, les partis ont fait référence explicite à la nécessité de s’en tenir aux articles 7 et 8 de la Constitution et de redonner le pouvoir au peuple, se contentant ainsi de déclarations évasives ou maquillées en focalisant sur la transition et la tenue de la prochaine présidentielle. Les observateurs ont l’impression et la dure conviction que la classe politique ne va pas toujours dans la logique des choses dictées par le Hirak et dans la même longueur d’onde de la contestation populaire même si dans la forme, elle le soutient. Les sorties de la classe politique ont été mitigées entre accueil favorable et insistance sur la revendication du changement. Certaines formations se sont contentées de faire du « copie collé » reprenant quelques extraits du message de Bensalah sans même prendre la peine d’en analyser le contenu ou de donner leur avis. Alors que d’autres formations ont posé le préalable de désignation d’une commission électorale indépendante avant la tenue de la présidentielle. L’un des partis de l’Alliance, en l’occurrence le Rassemblement national démocratique (RND), a accueilli favorablement « l’invitation » du chef de l’Etat à un dialogue national sérieux pour réunir les conditions d’une élection présidentielle régulière. Le parti d’Ahmed Ouyahia sur lequel rappelons-le certains de ses militants, conduits par l’ex-porte-parole, Chihab Seddik, avaient, il n’y a pas si longtemps, gardé leurs réserves suite à sa convocation par la justice demandant son départ de la tête de cette formation politique, affirme que « le peuple algérien a exprimé sa volonté souveraine pour le changement et il est temps d’appliquer l’article 8 de la Constitution à travers l’élection du président de la République ». Le futur président, poursuit le RND, concrétisera ce changement ainsi que les réformes escomptées ». Le RND souligne que « L’Algérie exhorte tous ses enfants nationalistes à se mettre autour de la table pour aller ensemble, dans les meilleurs délais, vers une élection présidentielle afin de garantir la stabilité politique et socioéconomique du pays ». De son côté, le Mouvement populaire algérien (MPA) a affiché « sa disposition à contribuer » à travers sa participation à faire aboutir ce dialogue, prôné par l’Etat algérien. Il soutient que sa position est « une position de principe, partant de notre conviction que la solution à la crise actuelle que traverse notre pays passe inéluctablement par des concertations inclusives et franches entre les différents partenaires ». Pour le MPA de Amara Benyounes, ce dialogue mènera à une élection présidentielle qui « est la solution politique et démocratique à même de permettre l’élection d’un nouveau président de la République. Un président, dit-il, qui jouit de la légitimité et de la crédibilité nécessaires. Néanmoins, il estime que « le retour aux urnes dans les plus brefs délais doit être précédé de la mise en place d’une instance électorale indépendante qui veillera à garantir des élections transparentes et libres ». L’Alliance nationale républicaine (ANR) de son côté s’est félicitée du contenu du message de Abdelkader Bensalah. L’allusion est faite à l’appel du Chef de l’Etat à un dialogue « inclusif » afin de garantir les meilleures conditions d’une élection présidentielle « dans les plus brefs délais ». Ce parti souligne que « cet appel s’inscrit en droite ligne avec la position constante exprimée par le parti depuis le début de la crise politique dans le pays et qui considère que le dialogue inclusif, sérieux et non exclusif constitue la seule voie pour dépasser cette conjoncture complexe, dans le cadre de la solution constitutionnelle et électorale ». L’ANR de Sahli appelle à nouveau l’ensemble des partenaires (partis politiques, société civile et représentants du Hirak) « à faire prévaloir impérativement les intérêts suprême de la Nation sur les intérêts partisans ou personnels étroits et à engager, sans perte de temps, un dialogue responsable, réaliste et constructif permettant de répondre aux aspirations et aux revendications légitimes du Hirak populaire. Il a mis en avant la nécessité de commencer par dégager « un consensus sur l’instance indépendante chargée de l’organisation et de la supervision des élections ». Le Mouvement El Islah a, pour sa part, valorisé le contenu du discours de M. Bensalah, soulignant que le mécanisme de dialogue était « le moyen adéquat de rapprochement des vues et le plus à même de susciter un consensus national capable de sortir le pays de sa crise actuelle ». Son président Filali Ghouini, estime impératif « d’aller en urgence » vers des assises de dialogue et de concertation regroupant les différents acteurs afin de parvenir à « un large consensus national, dont les résultats allieront le texte constitutionnel et les solutions politiques inspirées de la Constitution. Par ailleurs, le Front des forces socialistes (FFS) a considéré que le discours du Chef de l’Etat visait « le maintien du statu quo et la résistance au changement » ainsi que l’application d’une feuille de route « afin de préserver un système stérile et usé au lieu de suivre la voie de la sagesse en répondant positivement aux revendications populaires ». Pour le premier secrétaire national du FFS, Hakim Belahcel, « les solutions politiques existent et ne demandent qu’à être prises en compte ».

À propos B.Habib

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*