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16ème vendredi de contestation: Le peuple répond à Bensalah

Le premier vendredi de l’après Aid El Fitr et le premier aussi depuis l’annonce de l’annulation de l’élection présidentielle prévue initialement le 4 juillet rejetée en bloc. Le pouvoir en place a réaffirmé sa volonté d’un scrutin «à très court terme». Du côté des manifestants, ce vendredi, on refuse que la future présidentielle soit organisée «sous l’actuel système». Des slogans comme «Une Algérie libre démocratique» ou «Khawa, khawa» ont rebondi dans plusieurs villes algériennes, question de maintenir la pression et d’obliger le pouvoir à réviser sa copie. Alors que le mandat du Chef de l’Etat Abdelkader Bensalah qui gère la période la transition, expire officiellement le 9 juillet, le peuple a choisi de récidiver pour un 16ème vendredi d’affilée de mobilisation depuis le début du Hirak, un certain 22 février 2019. Ce qu’il dit réfuter catégoriquement, c’est la tenue de l’élection présidentielle dans ce contexte politique actuel où une montée en puissance de contestation contre les têtes «restantes du système» est constatée à travers les appels faits dans les plateaux des médias et certains réseaux sociaux par les citoyens, des figures emblématiques de l’élite nationale. Devant, d’une part, le silence gardé par une classe politique qualifiée de corrompue dans l’ensemble et sans cesse stigmatisée par le peuple à travers les marches pacifiques, lequel lui demande de rendre des comptes et lui dénie le droit de représentativité et de légitimité sur le «Hirak», et d’autre part les assurances du pouvoir de privilégier le dialogue comme seule et unique issue de sortie de crise, il est fort à parier que cette situation de «statu quo», volontairement ou pas, maintenue, risque de durer. Ce vendredi encore, les manifestants ont scandé des mots hostiles contre le «dialogue avec l’actuel système». Dans son discours à la Nation à l’occasion de l’Aid El Fitr, Abdelkader Bensalah a rappelé au peuple qu’il ne fait que conduire la période de transition et que ce sera au futur président de la République élu de prendre les prérogatives et les décisions sur certains dossiers comme la poursuite des réformes. Néanmoins, ce que retiennent certains cercles politiques et observateurs est que le même Bensalah, en tant que Chef d’Etat, a pris certaines décisions comme la destitution ou la nomination d’un certain nombre de responsables et personnalités de l’Etat. Bensalah avait, rappelons- le, limogé en avril et mai 2019 plusieurs hauts responsables de la présidence comme le directeur des cortèges officiels, le directeur du Clubs des Pins et le directeur des systèmes informatiques. Ces changements qui n’ont pas pour autant dissuadé la rue et calmé la contestation, se sont poursuivis lors de enquêtes de la Gendarmerie nationale sur la corruption. Bensalah promet au peuple « le libre choix démocratique de désigner ses propres dirigeants». Il s’est prononcé sur la situation en Algérie et a ainsi confirmé la décision prononcée par le Conseil Constitutionnel de reporter la présidentielle au regard des dossiers de candidature déposés pour cette échéance. Il avait aussi déclaré que cet état de fait l’a obligé à poursuivre sa mission d’assumer les fonctions de la présidence par intérim jusqu’à l’organisation de la prochaine présidentielle. Tout comme, il avait invité la classe politique, la société civile et les personnalités nationales à un «dialogue inclusif» pour franchir cette étape transitoire décisive.

À propos B.H.

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