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Le président de la FOREM: «L’Ecole Algérienne a failli à sa mission»

Est-on en train de casser volontairement l’école ? L’enseignant devra-t-il refaire cette école ? On consent à admettre que le remplissage des crânes des écoliers avec la surcharge de programmes est un secret de polichinelle. La question de l’école rebondit dans les débats des spécialistes. L’année scolaire 2019 tire sa révérence et il est peut-être grand temps de dresser un bilan. Seulement voilà quel bilan s’agit-il ? De l’Ecole, ce maillon important dans l’épanouissement et l’éducation de l’enfant a-t-elle perdu de sa verve ? De l’école, il est attendu qu’elle contribue à former le futur citoyen Algérien, « ce qui n’est pas le cas aujourd’hui » affirme le président de la FOREM. La configuration conférée à l’école est-elle rationnelle ? Les relations morales entre l’enfant et la société se sont-elles dégradées ? Plus aucun doute, l’un des fruits amers récoltés de la réforme du système éducatif réside dans le fait que l’élève du premier cycle se voit aujourd’hui obligé par ses professeurs de ramener quotidiennement dans son cartable toutes les matières et tous les livres. On Conçoit mal que durant une année scolaire de près de neuf mois si on excepte les trois mois des vacances, l’écolier aura porté un total de 2,7 tonnes durant sa scolarité. Un tel chiffre s’il est jugé à ses proportions gardées « exagéré » irrationnel doit néanmoins donner matière à réflexion aux professionnels de l’Education. On devine aisément le résultat : un cartable de plus de 10 kg pesée et des maux interminables chez l’écolier (arthrose, scoliose, déchirures…). Accueilli, dimanche, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le président de la FOREM, Mustapha Khiati, constate que les ministres qui ont eu à se succéder, au cours des 20 dernières années à la tête de l’Education, «n’ont pas été à la hauteur de leur mission».
La raison, relève-t-il, en est que la configuration donnée à l’école par ces derniers, a contribué à «casser les rapports moraux de l’enfant avec sa société», en réduisant, sinon en éliminant les matières d’éducation civique et morale. A l’origine de cette situation il souligne particulièrement la responsabilité de Boubaker Benbouzid, durant la présence duquel il note les déperditions scolaires de quelque 2,3 millions d’enfants, sur cinq années. Des cours dispensés, l’intervenant pointe également du doigt les habitudes de «bourrage de crâne» des écoliers et les programme surchargés dont les écoliers sont victimes, astreint, de plus à transporter, chaque jour, près de 13 kilos de manuels et de cahiers dans leur cartable. Il rappelle que la mission de l’école est d’assurer une bonne scolarisation des enfants confiés à sa responsabilité. Le professeur Khiati estime, en effet, que celle-ci est paradoxalement en train de former des «personnes violentes». Il observe que le système d’éducation, qui n’a cessé de faire l’objet de réformes à répétition et de pratiquer le dirigisme, a finalement «raté» les objectifs attendus de lui, le président de la Fondation pour la promotion de la santé et de la recherche constate que celui-ci est en train «de se diriger vers le mur». Commentant, d’autre part, le rôle joué par la formation professionnelle, chargée d’assurer de prendre en charge les élèves exclus de la scolarité, il la perçoit comme «un corps étranger», parce que n’assurant pas convenablement la succession de cette dernière. Sur les 400.000 postes offerts par les centres de formation et d’apprentissage, en 2018, il note ainsi qu’il n’en a été inscrit que 35.000, en raison, explique-t-il, du refus des jeunes d’y bénéficier d’un stage formation. Face à cette situation, il propose de repenser entièrement le système de fonctionnement de ce type de structures et de l’intégrer directement au système d’enseignement.

À propos B.H.

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