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Paris s’exprime de nouveau sur la situation politique en Algérie: Un pas en avant, un pas en arrière!

L’Elysée est à l’affût du moindre souffle suivant et analysant attentivement l’évolution de la situation politique en Algérie depuis un certain 22 février. Accablé par des preuves tangibles sur son immixtion dans les tentatives de manipulation et de déstabilisation du «Hirak»,Paris tente de s’en défendre bec et ongles en réitérant sa neutralité et son respect pour l’amitié pour l’Algérie et son peuple. Quand on sait la mèche qui a toujours prévalu dans les rapports entre la France et l’armée algérienne dont la genèse remonte aux années 90 qui coïncident avec le début de la tristement célèbre décennie noire, on comprend un peu l’étendue du fossé dans les points de vue et la perception des questions stratégiques et de certains dossiers comme la lutte contre le terrorisme, la politique de l’immigration ou le conflit du Sahara occidental. Le patron de l’ANP, le Général de Corps d’Armée, Chef d’Etat-major de l’ANP, vice ministre de la Défense Ahmed Gaid Salah, avait régulièrement axé durant ses discours à l’issue des marches pacifiques de deux à trois vendredis consécutifs, sur la nécessité de préserver l’unité du peuple et le caractère pacifique des marches, mettant en garde contre des dérapages et des tentatives de déstabilisation de l’Algérie et des jeunes, fomentées par des cercles étrangers. Il y a aussi la prétendue affaire d’une «Réunion secrète» regroupant des personnalités politiques et un ex-chef des renseignements avec certains officiels étrangers, qui a été la goutte qui a fait déborder le vase. De son côté, l’ambassadeur de la France à Alger a démenti les informations d’ingérence de son pays dans l’assainissement de la vie politique en Algérie. Le chef de l’ANP avait, rappelons-le, multiplié des mises en garde sévères contre l’ex-homme puissant des renseignements algériens. Cela même si cette histoire de « Réunion secrète » contre les intérêts suprêmes de la Nation, a été, par la suite, démentie par certains cercles politiques et même par la France. Il va sans dire qu’entre Paris et Alger, ce n’est certainement pas la lune de miel. Les rapports entre les deux pays sont des plus tendus depuis voilà 90 jours. Voulant donner l’illusion d’être assise sur une poudrière économique et guettant le revirement de la situation en Algérie, la France, même si elle ne le dit pas, garde un regard sur les futures élections présidentielles algériennes. Accusée durant les marches pacifiques succédant la démission de Bouteflika, président déchu, d’«ingérence» dans les affaires internes du pays, la France s’exprime à nouveau sur la situation en Algérie. A priori, c’est l’échec de la tenue de la présidentielle en Algérie qui a fait sortir du silence la France. Evoquant le mouvement populaire de contestation, l’élection présidentielle et la position de l’armée sur la transition politique, elle affirme d’emblée que sa position était dictée par «le respect de l’amitié qui doit présider toujours à nos relations». Avec l’échec de la tenue de l’élection présidentielle du 4 juillet en Algérie en toile de fond, Jean-Yves Le Drian, ministre français des Affaires étrangères et de l’Europe, a présenté mardi 28 mai à l’Assemblée nationale la position de la France sur la situation politique en Algérie. Le chef de la diplomatie française a, pour la première fois, abordé les revendications légitimes du peuple algérien, le processus électoral et la position de l’armée quant à la transition politique. «En Algérie, nous sommes maintenant à trois mois du début de la contestation. Le Parlement a désigné un président par intérim dans l’attente d’une nouvelle élection qui devrait normalement avoir lieu le 4 juillet», a déclaré le ministre. «Le problème, c’est que pour qu’il y ait une élection, il faut qu’il y ait des candidats et, voilà, les candidats [de poids, ndlr] ne se manifestent pas», a-t-il ajouté. Il rappelle qu’«il y a deux candidatures qui ont été reçues par le Conseil constitutionnel». Selon M.Le Drian, «il y a une situation très particulière où il y a des manifestations qui se poursuivent dans le pays, avec des aspirations profondes pour ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de l’Algérie». Le chef de la diplomatie française a ajouté qu’«il y a aussi la volonté des autorités militaires de faire en sorte que la Constitution telle qu’elle est, puisse s’appliquer». «D’où la répétition de l’engagement par M.Ahmed Gaïd Salah [chef de l’état-major de l’armée algérienne, ndlr] de faire en sorte que l’élection puisse avoir lieu le 4 juillet», a-t-il poursuivi. Le Drian souligne qu’«il y a deux voies parallèles». «D’un côté, cette affirmation, de l’autre côté, le mouvement du peuple algérien et nous, nous souhaitons que les Algériens puissent trouver ensemble les chemins d’une transition démocratique», a-t-il exposé. Dans le même sens, Jean-Yves Le Drian a confié que «c’est ce que nous souhaitons pour l’Algérie et c’est ce que nous espérons compte tenu des liens profonds qui nous lient à ce pays et dans ces moments, nous continuons de nous tenir aux côtés des Algériens dans le respect de l’amitié qui doit présider toujours à nos relations». Seulement voilà, les observateurs notent que c’est ce langage d’«appropriation» des revendications du mouvement de contestation populaire en Algérie qui déplait à l’armée algérienne et au peuple algérien. L’ANP a toujours répété que l’Algérie et son peuple sont souverains dans leur choix et décisions. Le 10 avril, le Chef d’Etat-major de l’ANP, Ahmed Gaid Salah, estimait dans un communiqué que certaines «parties étrangères, partant de leurs antécédents historiques» avec l’Algérie, tentaient de «déstabiliser» le pays et de «semer la discorde entre les enfants du peuple». «Le plus grand danger pour la transition démocratique en Algérie est l’argent sale», selon un ex-ministre algérien. A propos d’une prétendue ingérence de la France dans le but d’entraver le processus d’assainissement de la vie politique et économique dans le pays, Xavier Driencourt, ambassadeur de France à Alger, a réfuté ces allégations. Il s’est exprimé devant la presse à l’issue de son audience auprès du chef de l’État par intérim Abdlekader Bensallah lors de laquelle il a remis ses lettres de créances. Le diplomate a nié toute «volonté d’ingérence» de la France. Il a affirmé que Paris suivait «avec beaucoup de respect» la situation dans le plus grand pays d’Afrique du Nord.

À propos B.H.

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