Accueil » Actualité » Le fameux slogan, «Djeich – chaaâb khawa, khawa» dans les oubliettes Hirak: un virage à 180 degrés !

Le fameux slogan, «Djeich – chaaâb khawa, khawa» dans les oubliettes Hirak: un virage à 180 degrés !

22 février 2019, une date qui est désormais historique. C’est le jour où l’Algérie, femmes, hommes, enfants ont décidé de sortir dans la rue et crier haut et fort: «Système dégage». Cette première grande marche nationale pacifique a eu un tel succès que le monde entier est resté stupéfait. Depuis, les Algériens occupent les rues chaque vendredi, déterminés à maintenir la pression mais toujours avec un esprit pacifique et solidaire. Mais depuis le 22 février dernier, que de slogans ont été affichés. «Pas de 5ème mandat», «Bouteflika dégage», «Système dégage», «Nous ne voulons pas des 3 B»…, «Djeich – chaaâb khawa, khawa», etc…
Des slogans ayant montré également toute la créativité et l’originalité des idées des Algériens. Ainsi, le Hirak en Algérie a pris une dimension inattendue qui surprit tout le monde, hommes du pouvoir qui ne s’attendaient vraiment pas à une tel scénario, partis politiques qui ont compris qu’ils étaient complètement déconnectés du peuple, journaux et chaînes de télé qui ont péché au départ par une flagrante hésitation jusqu’à pousser le personnel à la «mutinerie» et l’opinion internationale qui découvre pour la première fois une nouvelle Algérie, non pas celle du sang et des larmes, mais celle du sourire, de l’ingéniosité, du chant, de la modernité, des notions que même en Occident ont fait défaut. Ainsi, vendredi après vendredi, les Algériens sortaient pour défiler et maintenir cette pression sur le pouvoir. Un pouvoir qui a fini par jeter l’éponge avec la démission du président Bouteflika, le 02 avril 2019 et celle de plusieurs autres après lui, notamment celle du président du Conseil Constitutionnel le 16 avril suivant. Le Hirak, du coup, croyait que le changement allait vite se concrétiser et que l’Algérie changerait vite de visage avec la nouvelle République. Mais vendredi après vendredi, les Algériens du Hirak se confrontent à une dure réalité, celle des institutions qui sont dans l’obligation de respecter la Constitution et donc ne peuvent faire abstraction de cette obligation. Les slogans commencent alors à se corser, motivés par un jeu de manipulation bien en place sur les réseaux sociaux, facebook plus particulièrement. Les frères d’hier, les «Khawa» ne le sont plus aujourd’hui et l’intox bat son plein pour justement pousser la rue à l’extrême et à passer à un niveau supérieur. Les pro-violence n’attendent qu’une petite bourde pour justifier leurs actes ou alors passer carrément à l’acte. A plusieurs reprises et à différentes occasion, le général de corps d’Armée, Ahmed Gaïd Salah, vice-ministre de la Défense nationale, chef d’Etat-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a insisté dans ses messages adressés à l’armée mais aussi aux Algériens de rester vigilants et de ne pas répondre aux appels des «sirènes», des appels dangereux et irresponsables ne pouvant mener le pays que vers le chaos. Et pourtant, le Hirak a permis aussi d’encourager la justice à assumer son devoir et à ouvrir plusieurs dossiers concernant des affaires de corruption, de détournement et de blanchiment. Mais il semblerait que les manipulateurs ne s’en contentent pas, ils veulent plus. Désormais, c’est Gaïd Salah qui est la cible, manifestement par une partie seulement du Hirak. Pourtant, l’homme fort de cette conjoncture a été on ne peut plus explicite: pas d’ambition politique en ce qui le concerne, l’importance du respect des délais constitutionnels et la nécessité de l’organisation et l’encadrement du Hirak. Tout le monde sait que Gaïd Salah ne vise pas la présidence. Tout le monde sait aussi que le respect de la Constitution évite au pays de passer par une phase transitoire dont on ne peut prédire les conséquences et enfin qui est derrière le Hirak? Personne n’en sait rien. Même les partis politiques, la société civile et le mouvement associatif sont loin d’apporter des réponses ou de pouvoir mobiliser la population. La seule issue possible est que le Hirak puisse puiser dans ses ressources pour s’organiser loin des manipulations des uns et des autres, de se mobilier et de sortir des représentants dignes de le représenter et d’être les porte-parole des Algériens pour le seul bien du pays et non pour une quelconque tendance. Le Hirak est condamné à se prendre en charge lui-même ou à s’essouffler. Il n’existe pas d’autres solutions.

À propos BOUHALI Abdallah

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*