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Ramadan à Bejaia: Hausse des prix, chaînes interminables, solidarité et soirées moroses

Le Ramadan de cette année à Bejaia ne diffère guère de celui des années précédentes, c’est le même décor planté, et au menu, cherté des prix, chaînes interminables, étalage sur trottoirs, solidarité et restos du cœur. «A la différence que cette année, la fabrication de la pâtisserie orientale a été réglementée, ce qui fait que seuls les commerçants légalement constitués exercent ce métier», nous fait savoir un responsable de la direction de commerce de la wilaya; ce qui a engendré une tension sur ce produit prisé en pareille période où les chaînes pour l’achat de Zlabia se ressemblent à travers les régions de la wilaya, mais surtout dans les grands centres urbain. Comme à l’accoutumée, l’étalage sur trottoirs des produits et même ceux classés sensibles refait surface en pareille période, où l’on vend tout sur la voie publique. La fièvre s’empare aussi des prix des fruits et légumes, des viandes et poisson, en se rendant dans certains marchés de détail que ce soit à Bejaia, Akbou, Amizour, Sidi-Aich ou à Kherrata, pour ne citer que ces grandes villes de la wilaya, les commerçants de détail de fruits et légumes renvoient la balle aux mandataires grossistes qui sont derrière les augmentations des prix et les mandataires, à leur tour, accusent les fellahs et les propriétaires de chambres froides qui stockent les produits pour ensuite augmenter les prix. Qui croire? Pour cette question des prix au niveau de la direction du commerce de la wilaya, on nous informe que « même si les prix sont libres avec l’économie de marché, cela ne nous empêche pas de veiller à leur stabilisation par une présence permanente de nos agents»; pour ce faire, des brigades de contrôle sont opérationnelles avec une soixantaine d’agents contrôleurs et les actions de contrôle, nous précise-t-on, s’intensifient surtout dans les marchés et autres lieux de commerce, en accentuant le contrôle sur la pratique commerciale et la qualité des produits proposés en vente. Seulement, la grève des agents de contrôle, lors de ce mois de Ramadhan, a fait que ce programme de contrôle n’est pas exécuté. C’est ce qui a encouragé la spéculation sur les prix des produits de première nécessité. Les personnes interrogées ou accostées au niveau des marchés sont unanimes à relever la hausse exorbitante des prix des produits à large consommation, surtout ceux prisés durant ce mois de Ramadhan. «On nous a dépouillés», ce sont des mots qui reviennent comme leitmotiv sur les bouches des personnes interrogées à leur sortie des marchés, la bourse ménagère est soumise à rude épreuve où il faut faire face aux dépenses du Ramadhan et puis bientôt de l’Aïd aussi. Ramadhan se distingue à Bejaia par les chaînes interminables devant les boulangeries, les guichets de poste, des chaînes parfois interminables et lassantes. Au niveau de la poste principale de Bejaia, on nous informe que « cette année, il n’y a pas de manque de liquidités et pour réduire l’affluence devant les guichets de retrait CCP, les distributeurs automatiques sont régulièrement alimentés de billets de banque ». Concernant la solidarité durant ce mois de Ramadhan, une centaine de restaurants Rahma seront ouverts à travers le territoire de la wilaya de Béjaïa. Ces restaurants sont gérés par le Croissant Rouge Algérien, les associations caritatives, les bienfaiteurs et les communes. Des couffins alimentaires sont aussi distribués à des familles nécessiteuses, préalablement recensées par les services de la direction de l’action sociale de Béjaïa (DAS) et ceux des APC. «Ces colis alimentaires ont été acquis grâce aux budgets de la wilaya, de la DAS, du fonds Zakat et des dons des bienfaiteurs», apprend-on de la DAS. A cela, il faut ajouter l’argent de la zakat, collecté par la direction des affaires religieuses, et des communes, qui a été versé aux comptes des familles concernées. Concernant l’animation des soirées, mis à part le programme concocté au chef-lieu de wilaya, le reste des régions vivent dans la monotonie. Dans ces régions lointaines, le manque de loisirs est flagrant. Après la rupture du jeûne, les gens s’occupent comme ils peuvent, les fidèles vont à la mosquée pour la prière des Tarawih, les fans de dominos et de jeux de cartes prennent d’assaut les cafés, les jeunes déambulent dans les ruelles ou prennent place dans les cybercafés et lieux de jeux de loto et les placettes publiques. Quant aux femmes, si elles sortent, c’est pour aller passer la soirée chez des parents ou des amis ou pour faire des achats. Décidément, les jours et les soirées se suivent et se rassemblent avec leurs lots de monotonie et de soirées moroses.

À propos Hocine Smaâli

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