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Importation de véhicules de moins de trois ans: Quel impact sur le dinar?

Après un mois de janvier plutôt clément, le marché des véhicules des particuliers d’occasion reprend ses droits en affichant un bond de 5,8% de février 2019. En deux mois, il aura connu une hausse de 3,3 % mais il est toujours soutenu par les véhicules récents. Que s’est-il passé? Cette donne de recrudescence de consommation de voitures d’occasion a amené le gouvernement algérien à «reconsidérer» sa position. Désormais, il est libre à tout un chacun d’importer un véhicule d’occasion ne coûtant pas cher à l’étranger. Seulement voilà, cette mesure incitatrice du gouvernement même si elle est saluée par les acheteurs potentiels, ne risque-t-elle pas d’induire une flambée des prix de la devise? En tous les cas, le spectre de la monnaie informelle en devises refait surface sur le marché local. Les candidats à l’achat d’un véhicule importé d’occasion se frottent d’ores et déjà les mains pour s’arracher les devises de quoi financer leurs importations de véhicules dès lors que ressurgit le risque de flambée de la devise forte, durant cet été qui coïncide aussi avec le retour des émigrés. Le Conseil du gouvernement s’est réuni mercredi dernier. Il a chargé les ministres des Finances et du Commerce d’élaborer une conception sur les mécanismes juridiques permettant au citoyen d’importer les véhicules d’occasion. De son côté, le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a détaillé, samedi dernier, la démarche du gouvernement de lever l’interdiction d’importation des véhicules de moins de trois ans. A ce propos, le Directeur général de la Bourse d’Alger, Yazid Benmouhoub, a indiqué, ce lundi, lors de son passage à la radio chaîne 3, que cette mesure va inciter les personnes intéressées à s’alimenter sur le marché parallèle pour pouvoir acquérir des devises. Le marché informel de la devise en Algérie est réputé être une bouée de sauvetage en pareille situation à cause des avantages qu’il procure. En voyant de plus en plus d’Algériens désireux de convertir leur monnaie nationale en devises, le marché informel va tenter de s’en alimenter davantage, ce qui va nécessairement produire une tension particulièrement sur l’Euro en France dans le cas où les véhicules d’occasion importés par des particuliers sont immatriculés français. Du coup, cela risque de faire subir à la devise une montée accentuée de valeur sur la bourse étrangère. Autre constat, il existe de plus en plus de voitures immatriculées étranger en Algérie depuis le début de 2019. Ce détail n’a pas échappé au gouvernement algérien. Le directeur général de la Bourse d’Alger a mis en garde contre le risque d’une flambée des monnaies étrangères par rapport au dinar. Il a rappelé que c’était une mesure qui peut donner l’occasion à beaucoup d’Algériens d’avoir un véhicule à moindre coût, puisque le marché national des véhicules a flambé, notamment depuis l’interdiction prise en 2005 d’importer les voitures de moins de trois ans d’âge. Il a souligné que « cette mesure va réduire les prix des véhicules montés en Algérie». Il précise que la cherté des véhicules montés en Algérie ne peut pas s’expliquée que par la marge bénéficiaire qu’il juge «assez élevée» des constructeurs automobiles installés dans notre pays. Interrogé sur les tentatives en vain visant à résorber le marché parallèle, M. Benmouhoub préconise de suivre une feuille de route qui s’étalerait sur certaine période, et qui aboutirait à «assécher» toute cette masse monétaire, expliquant que « la disponibilité et la circulation du cash permettent de réaliser toutes ces opérations». Il a rappelé que l’ancien gouverneur de la Banque d’Algérie avait estimé la masse monétaire en circulation dans le marché informel à 50 milliards de dollars, en expliquant que « quand vous avez un si gros montant qui échappe à tout contrôle, cela constitue un danger pour l’économie », compte tenu du caractère opaque du marché informel et l’absence totale de traçabilité. Interrogé pour savoir si le marché parallèle de la devise reflétait la vraie valeur du dinar qui est différemment coté par la Banque d’Algérie et les banques commerciales, M. Benmouhoub a indiqué qu’«au niveau du taux officiel, ce n’est pas la vraie valeur». Pour établir la réelle valeur du dinar, selon lui, il faudrait que le pays en arrive à sa convertibilité totale, et pour se faire, l’Algérie devrait diversifier ses ressources, notamment en devises générées jusqu’alors par l’exportation des hydrocarbures.

À propos B.H.

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