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Vers le retour de l’importation des véhicules d’occasion: La démarche du gouvernement

Considéré comme une mesure «ostentatoire», le retour vers l’importation de véhicules d’occasion en Algérie marque une rupture de l’actuel gouvernement avec les anciennes lois votées par l’APN. La loi de finances 2016 interdisait l’importation de ces véhicules. En d’autres termes, il fallait que le véhicule importé soit «neuf» pour pouvoir jouir d’une franchise en taxes et droits douaniers. Seulement voilà, trois ans après, le gouvernement révise sa copie. Il décide de recourir une nouvelle fois à l’importation de véhicules d’occasion de moins de 03 ans d’âge. Pour beaucoup, ce geste du gouvernement est perçu comme un clin d’œil envers les émigrés et les ressortissants algériens qui sont plus nombreux à désirer rentrer définitivement au bled. Outre les objets traditionnels qu’ils doivent ramener, ils doivent faire rentrer leur véhicule ou simplement importer un véhicule d’occasion qui ne coûte pas cher en France. Ensuite c’est parce que la décision de recourir à la « réouverture » de ce créneau intervient la veille de la saison de retour des émigrés et donc de la saison de tourisme. Ce qui semble être dans le viseur de l’actuel gouvernement, est que l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans d’âge supposerait un dédouanement avantageux par rapport à l’importation d’un véhicule neuf. Ce sont surtout les véhicules d’occasion de tourisme ou utilitaires qui vont bénéficier d’une franchise. Cette mesure bien qu’elle fasse déjà le tour des jeunes Algériens qui veulent acheter une voiture de moindre coût, tombe dan un moment «doublement» crucial: d’abord politique et après économique. Politique parce que selon les observateurs, il est de nature à apaiser le climat du Hirak. Economique parce que les tarifs pratiqués par les concessionnaires et autres chaînes de production de véhicules montés localement sont exorbitants. La question est donc comment importer un véhicule de moins de trois ans d’âge? Quelles conditions devra satisfaire l’importation de ce type de véhicules pour pouvoir bénéficier d’une franchise? Le ministre du Commerce, Saïd Djellab, a expliqué ce samedi la démarche du gouvernement derrière la décision d’ouvrir l’importation des véhicules d’occasion de moins de trois ans. «Je suis chargé avec mon collègue des Finances d’examiner la question des véhicules d’occasion. On a démarré avec la question de moins de trois ans », a indiqué le ministre lors d’un point presse filmé par la chaîne de télévision El Bilad. «Nous sommes en train de voir tous les aspects techniques, économiques et financiers de ce dossier qui vient d’être ouvert», a-t-il ajouté. Le ministre a indiqué que le paiement du véhicule d’occasion sera du ressort du citoyen qui devra régler la facture en devises et non en dinars. « La chose qui est importante, c’est que l’argent entrera dans la banque. Il y a donc une traçabilité de l’argent qui sort du marché parallèle pour entrer dans la banque», a affirmé Saïd Djellab. «Au moins, on aura une idée de la masse d’argent qu’on peut retirer du marché informel pour le faire entrer dans le marché formel», a en outre avancé le ministre. Le ministre du Commerce a par ailleurs indiqué que le gouvernement aspire avec cette décision de voir les prix des véhicules assemblés localement baisser. «Un des objectifs de l’importation des véhicules d’occasion, bien sûr avec le respect des conditions techniques, environnementales et sécuritaires, ça va apaiser et faire pression sur les prix des véhicules locaux», a indiqué Djellab. «Ça va faire un facteur externe de pression sur la baisse des prix», a estimé le ministre, ajoutant que «l’autre aspect est de donner une chance aux citoyens d’acheter un véhicule de moins de trois ans selon ses possibilités et ses moyens».

À propos B.H.

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