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Point de Vue: Chronique d’une présidence

En 1999, le candidat à la présidence de la République, Abdelaziz Bouteflika, a basé sa campagne sur le recouvrement de la paix. Les algériens étant encore traumatisés par toute une décennie de terrorisme barbare, ont adhéré en masse au programme électoral global du candidat. Lors du 1er mandat qui a porté Abdelaziz Bouteflika au pouvoir, effectivement le pays a retrouvé globalement le calme, par notamment la promulgation de la loi sur la concorde civile, bien que celle-ci fût controversée par les différents courants de la scène politique. C‘est pendant son deuxième mandat que le président Bouteflika a connu sa première hospitalisation à l’hôpital Val de grâce de Paris. Et c’est aussi pendant cette période que le locataire d’El Mouradia s’est entouré d’un staff très proche de lui et d’une expérience avérée dans la conduite des affaires de l’Etat, à savoir Chakib Khelil, Abdelhamid Temmar et Yazid Zerhouni, qui ont constitué pour lui une équipe fidèle qui lui a apporté tout son soutien, et qui a même réussi à faire redémarrer l’économie du pays à la faveur des résultats positifs de la concorde civile. En 2005, Chakib Khelil propose une loi sur les hydrocarbures à tendance libérale qui suscitait tout naturellement l’intérêt des américains, ce projet se heurte donc à la résistance de certains militaires hauts gradés qui regardaient plutôt du côté de la France. L’instauration de la procédure de l’appel d’offre et la création du comité des marchés prévus dans les dispositions du texte, éliminant de facto les transactions de gré à gré, ont eu pour conséquence immédiate la dégradation des rapports entre les rédacteurs du projet et ces derniers. A partir de cet épisode, une guerre sourde commença à faire rage entre la présidence et les services de renseignement, ceux-ci n’hésitèrent pas à partir de 2005, à monter de toutes pièces des dossiers sur leurs ennemis déclarés dont la cible manifeste était Chakib Khelil, qui a été voué à toutes les gémonies. En 2008, le président ayant perçu une hostilité latente de la part de l’institution militaire, décida de l’arrêt des cessions en toute propriété du foncier industriel et imposa la formule de la concession, dans le but de garder la souveraineté pleine et entière de l’Etat algérien sur le sol du pays. Dans un souci de soustraire le pouvoir de décision et d’accaparement de la volonté populaire par la caste des oligarques, Bouteflika prône en 2012 dans un discours à partir de Sétif, l’alternance en lançant sa fameuse phrase: «tab djenanena!». Ce fut sa dernière sortie bruyante avant de sombrer peu à peu dans une maladie qui l’empêchait de prendre véritablement toute décision. C’est son propre entourage immédiat qui agissait depuis en son nom et qui a mené le pays à la dérive que l’on connaît aujourd’hui.

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