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Des hommes d’affaires visés par des enquêtes anticorruption: Rebrab et les frères Kouninef arrêtés

Sauf que pour Ouyahia et Loukal, ils se sont rendus au Parquet suite à des convocations. Quatre milliardaires ont été arrêtés dans le cadre d’une enquête anticorruption, a annoncé la télévision d’Etat. Il s’agit des frères Kouninef qui dirigent une importante entreprise créée par leur père dans les années 70. La liste des convoqués s’est allongée à un cinquième milliardaire, Issad Rebrab. A entendre par là qu’il s’agit pour l’instant d’«enquêtes» et que, de ce fait, il s’agit de soupçons du moment que les griefs ne seraient que présumés en attendant, ce à quoi aboutiront les résultats de ces enquêtes. La convocation de l’homme financier ayant pignon sur rue et considéré à juste titre comme le plus riche homme d’affaires du pays a été annoncée par les médias. Seulement voilà, M. Rebrab qui a démenti son arrestation, affirme sur Twitter qu’il s’était rendu volontairement à la gendarmerie pour discuter d’un projet qui était bloqué. Dans un communiqué rapporté par un média, il insiste qu’il se soit rendu de son propre chef à la gendarmerie. Un autre communiqué, celui de la gendarmerie diffusé par la télévision publique, a, quant à lui, levé le voile. Le Pdg du groupe Cevital et les frères Kouninef ont été arrêtés par la brigade d’investigation de la gendarmerie à Alger, selon ce communiqué. Les cinq hommes d’affaires convoqués seront présentés devant le procureur de la République près le tribunal de Sidi M’Hamed (Alger) dès la fin de l’enquête. Selon toujours la même source, Issad Rebrab, PDG du groupe Cevital, est suspecté notamment de «fausses déclarations relatives au transfert de capitaux de et vers l’étranger» et de «surfacturation dans des opérations d’importation de matériel» et «importation de matériel usagé». Les frères Kouninef (Réda, Abdelkader, Karim et Tarek ), «arrêtés hier» selon le même communiqué, sont suspectés de «non respect des engagements contractuels» dans la réalisation de projets publics, «exploitation de l’influence des fonctionnaires publics pour l’obtention de privilèges indus» et «détournement de biens immobiliers et de privilèges de leur vocation initiale». Il est fait état, par ailleurs, d’«enrichissements illicites » de certains hommes, lesquels étaient déduits de la manne pétrolière quand elle «se situait à son plus haut niveau ». Les spécialistes de la lutte contre la corruption n’en reviennent pas. Aux yeux du porte-parole de l’Association algérienne de lutte contre la corruption, les phénomènes de détournement de l’argent public, d’évasion fiscale, de fuite des capitaux et de blanchiment d’argent, avaient tendance à prendre des proportions «extrêmement inquiétantes», particulièrement quand les cours du brut étaient à leur plus haut niveau. S’exprimant, lundi, à l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, M. Djillali Hadjadj observe que « cette incurie a commencé à baisser au moment où les cours s’étaient effondrés». «Ce qui, dit-il, n’était pas une mauvaise chose pour freiner cette corruption». Il relève que ce fléau «tentaculaire», n’est pas le propre de dignitaires du régime ou de hauts fonctionnaires, mais qu’il était aussi présent dans les régions les plus reculées d’Algérie, à travers ses phénomènes de pots de vin et autres commissions sur les marchés publics». M.Hadjadj a, dans ce chapitre, mis en avant des estimations d’organismes internationaux. L’intervenant relève que «sur la période des 15 dernières années, ce sont quelque 60 milliards de dollars à avoir été détournés». Des chiffres dont il précise qu’«il faut y ajouter ceux concernant la fuite des capitaux, l’évasion fiscale et autres blanchiments d’argent». M.Djillali Hadjadj mentionne les «affaires qui ont entachées Sonatrach, le projet de construction de l’autoroute Est-Ouest et d’autres encore. Il dit que dans les prochains mois ou les prochaines années, l’on s’inscrit dans des changements positifs, il ne serait pas très difficile de sortir ces dossiers et de les traiter conformément aux lois du pays. Il se réfère par ailleurs, l’indice de corruption de Transparency International .Il note que « les dix pays ayant le plus grand nombre d’échanges commerciaux avec l’Algérie, ne figurent curieusement pas dans la liste de ceux perçus comme les moins corrompus». L’invité de la rédaction de la chaîne 3 de la radio signale que «l’Algérie pourrait facilement obtenir la liste de ses ressortissants ayant ouvert des comptes bancaires dans des pays adhérant à la Gafi, un organisme de lutte contre le blanchiment d’argent dépendant de l’OCDE». Seulement voilà, indique-t-il, «elle ne le veut pas». Il note que «l’OCDE a mis en place une convention permettant l’échange d’informations sur les comptes bancaires ouverts «même dans les paradis fiscaux», ratifiée, ajoute-t-il, par plus de 160 pays, «sauf l’Algérie». Il explique que si cette dernière venait à ratifier cette convention, le gouvernement Suisse, par exemple, serait obligé de lui fournir la liste des comptes ouverts par tous les ressortissants algériens, résidents dans le pays ou à l’étranger pour y déposer l’argent tiré d’une évasion fiscale.

À propos B.H.

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