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Soulèvement du peuple algérien depuis le 22 février: Une grève qui mène vers l’inconnu

Depuis le soulèvement du peuple algérien à partir du 22 février 2019, tout le monde parla d’une incroyable prise de conscience patriotique et donc politique de la part des citoyens algériens. On a parlé même du « génie populaire » ; d’un peuple fertile et créatif. Seulement, le peuple a décidé que ça sera définitivement le vendredi, et uniquement le vendredi, le jour des manifestations. Pour cette raison, on a même créé un néologisme: il s’agit du verbe « vendredir » qui contient à lui seul trois verbes: dire, redire et vendredir. Ce mouvement populaire mais surtout pacifique, n’est pas prêt à connaître son épilogue. Le peuple, déterminé à faire entendre sa voix et est résolu à poursuivre ses manifestations en exigeant haut et fort le départ du système politique actuel et ses figures; sous le slogan: yatnahaw qa3. Les médias régionaux, locaux, nationaux et même internationaux ont couvert cet événement historique, tout en profitant de cette période assez délicate pour flatter l’ego de l’Algérien en chantant son éloge partout ; ne parlant que de son « civisme inouïe » qui a épaté le monde entier. Apparemment, cette dose ne fut pas consommée avec modération, le résultat fatal en est que l’Algérien, et depuis le commencement du soulèvement, il se prend pour le nombril du monde. En effet, une vague de satisfaction et de fierté est venue heurter le quotidien de tous les Algériens. Ainsi, tout un peuple est devenu fier comme Artaban. Les jours passent, et à chaque fois des changements s’opèrent. Le peuple est alors satisfait. Il faut souligner que la grande satisfaction du peuple algérien fut marquée par la démission de l’ex-président de la République algérienne: Abdelaziz Bouteflika, le 22 avril 2019 à 19H 45. Par un tel événement, ce fut l’euphorie submergeant. Le peuple fêta cette joie en sortant dans les rues, tardivement, heureux comme un roi.

Dans tous ces mouvements populaires, l’Université algérienne ne fut pas épargnée, c’est même le contraire. Les étudiants ont été les premiers à réclamer haut et fort le changement radical de tout un système. De ce fait, ils furent salués pour leur mobilisation et engagement. Cela va faire bientôt deux mois, et les étudiants sont résolus : pas de cours jusqu’à ce que le système politique change. Et ceci, rappelons-le, se fait en dépit de la critique qui leur a été adressée en leur demandant de poursuivre leurs études et de laisser les manifestations pour le vendredi. Mais en vain.
Les étudiants continuent de manifester naïvement et sans aucune prise de conscience de leur avenir quotidiennement. Peu à peu, ils réclament un semestre blanc. En insistant à ce que leurs collègues les suivent, ils scandent: N’ayez pas peur d’un semestre blanc ô peuple algérien; ayez plutôt peur d’un futur algérien noirâtre ! On commence à se demander alors, comment peut-on « construire » une soi-disant Algérie prospère basée sur l’ignorance? Comment peut-on exclure les études, pour, par la suite, rêver d’un pays dont les infrastructures économiques et politiques seront performantes!? Pourtant, Il faut se rendre à l’évidence: le système politique regarde seulement si son intérêt est menacé. Qu’est-ce que l’étudiant leur représente?! Ils restent indifférents devant eux et peu leur importe s’il existe ou non, encore moins de savoir s’il est à l’Université et ou dans les rues. La preuve est l’imposition de vacances prolongées par l’ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique, Tahar Hajar. C’est, apparemment, une grève qui se dilate à l’infini et qui mène à l’inconnu. On ne cesse de commettre le crime que celui de louer excessivement ce que les étudiants font; en leur faisant croire qu’ils sont  » la crème de la société » et qu’ils doivent affirmer leur statut de noyau de toute l’institution universitaire. La raison pour laquelle la majorité des étudiants voient la nécessité de prolonger cette grève davantage. Mais, il s’avère utile de revenir sur cette réalité qui affirme que l’étudiant ne prend pas plaisir à  » être en grève » mais plutôt il ne veut simplement pas « être en cours ». Toute la différence est là.
À l’Université de Belgaid (Oran) et même à l’Université de Constantine, les étudiants sont encore en train de passer les examens du premier semestre, les autres universités restent en phase de blocage puisqu’ils n’ont entamé les examens de rattrapage. Au centre universitaire Belhadj Bouchaib d’Aïn Temouchent, c’est l’exception qui confirme la règle. Après avoir fait un vote raté et en dépit de son annulation, les associations estudiantines affichent le résultat fictif que voici: 80% des étudiants ont voté pour le prolongement de la grève. Alors que le directeur lui-même avait parlé d’une reprise éventuelle des cours. Mais, c’est la tyrannie qui s’impose. Ces mêmes étudiants qui ont réclamé une Algérie démocratique, osent fermer les sites afin d’interdire l’accès aux étudiants et aux enseignants. S’agit-il d’un semestre blanc? Ou sous prétexte de pouvoir récupérer un semestre gâché, les enseignants vont-ils faire semblant de récupérer les cours en ajoutant des heures supplémentaires dans chaque semaine? Ne culpabilisons pas les enseignants, ne sont-ils d’ailleurs pas les victimes de leurs propres étudiants puisqu’ils seront appelés à enseigner dans une période estivale, au pays du soleil ?! Cette pression que les étudiants pensaient faire autrefois pour toucher le système politique, ne va-t-il pas les toucher eux mêmes? Vont-ils avoir assez de courage pour assumer les conséquences de leurs propres décisions «anarchiques »? Cette « crème de la société » va-t-elle prolonger le combat en jouant au gendarme et au voleur jusqu’à tout perdre? Tout paraît flou, et l’évidence est une seule: les lois interdisent aux associations estudiantines toute sorte d’implication en politique. La grève ne devait même pas toucher ce secteur clef qu’est l’enseignement supérieur. Il serait encore périlleux de pratiquer la politique dans les établissements de l’éducation nationale sur le dos de l’innocence. Ceci est lâche et intolérable.

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