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Le coordinateur national du CNAPEST, Meziane Meriane: Eloigner l’école des ingérences politiques

Faut-il tirer d’avance la sonnette d’alarme pour tenter de sauver l’école des mutations politiques en cours? Peut-on présumer que l’école se trouve désormais à la croisée des chemins et que l’année scolaire est peut-être compromise? Il est évident que les changements opérés à la pyramide de l’Etat avec à la source les transformations des revendications populaires depuis un certain 22 février, ont chamboulé les programmes scolaires. Cela n’a pas été sans charrier leur lot d’incertitudes sur l’avenir des écoliers et des lycéens à cause d’une part des grèves récurrentes et d’autre, de la mobilisation populaire qui ne cesse pas depuis plus d’un mois. Nos enfants ne sortent pas seulement les vendredis mais régulièrement durant les jours de la semaine. Que font-ils réellement? Que disent-ils? Ont-ils des revendications à faire valoir? Sont-ils assez mûrs pour prétendre à des slogans peu ordinaires durant les manifestations? Où réside la part de responsabilité des parents et des enseignants? Eloigner l’école de ces transformations est-il possible? Une certitude cependant est de dire que l’école n’a jamais enregistré pareils balbutiements. Elle est un élément indispensable d’accompagnement des transformations sociétales. Cependant, il est admis que l’école n’est pas encore sortie de l’auberge en ce sens qu’elle n’a jamais réussi à échapper aux mutations politiques et idéologiques. Plus qu’un instrument sociétal, l’école demeure hautement sensible aux enjeux et défis politiques. C’est un «chantier» ouvert. Il n’est pas évident d’interdire à un écolier de «manifester» quand il voit que ses parents défilent durant chaque vendredi dans les manifestations. Cela s’apparente à un vrai «sacrilège». L’enfant, cette fibre sensible, est devenu la proie tacite aux instrumentations. Ce qui pose l’urgence de refondre les programmes scolaires en cours pour «accompagner» l’enfant dans ce lifting idéologique revendicateur et politique que vit le pays depuis plus de 50 jours. L’impact dans sa société, de la prise de conscience de l’élève, face à ces mutations, est pour ainsi dire, fédérateur de sa capacité réelle à se transcender. Ce «sursaut» de conscience peut être assimilé à un facteur de développement. Intervenant, lundi, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le coordinateur national du CNAPEST, Meziane Meriane, considère en effet «indispensable de réfléchir aux nouveaux programmes scolaires devant accompagner ces changements». Cela sera possible selon lui «une fois tranché le nouveau projet de société». Ce spécialiste a mis en avant les «constantes, et valeurs ancestrales», celui-ci considère qu’il faut en imprégner l’enfant algérien afin, dit-il, qu’il soit fier de son histoire millénaire et qu’il prenne pleinement conscience que son pays a payé un lourd tribut pour pouvoir retrouver sa liberté. Pour le dirigeant du Conseil national autonome du personnel enseignant, pour parvenir à ces résultats, il faudrait au préalable en passer par une «constituante» de l’éducation, destinée à protéger l’école de demain de toutes les ingérences et interférences politiques, «qu’elle n’a cessée de subir, à ce jour». Il précise que lorsqu’on élaborera le futur programme d’éducation, il faudra éviter de le faire sous un aspect partisan «pour que l’aspect idéologique ne soit pas tenté de prendre le pas sur l’intérêt pédagogique». C’est une question dont il relève, par ailleurs, qu’elle n’est pas encore tranchée. M. Meziane Meriane observe que le moment est venu d’éloigner le système éducatif «de toutes les turbulences» d’autant, souligne-t-il, que dès que l’on met en avant la nécessité de réformer l’éducation, on assiste aussitôt à «une levée de boucliers». Il tient à rappeler que tout système éducatif à travers le monde peut propulser un pays vers le développement, tout comme, ajoute-t-il, il peut le précipiter dans les abîmes, d’où l’intérêt, souligne-t-il, de faire participer celui-ci au futur de l’Algérie afin de la placer dans la sphère des pays développés.

À propos B.H.

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