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Les Algériens exigent l’application de l’article 07 et 08, après l’application de l’article 102: Que dira Abdelkader Bensalah ?

Les affrontements qui ont eu lieu entre police et manifestants, lors de la marche de vendredi dernier, ont été interprétés différemment. Certains commentateurs ont laissé libre cours à leurs accusations en direction de l’ex-DGSN concernant la nouvelle logistique et les éléments qui ont été utilisés pour capoter la marche pacifiste des milliers de manifestants à Alger. Abdelghani Hamel appuie les récentes déclarations du général de corps d’armée, Ahmed Gaid Salah, vice-ministre de la Défense et chef d’état-major de l’ANP, sur l’ouverture d’investigations sur les affaires de Sonatrach, Khalifa Bank et El Bouchi (cocaïne) «après que la justice ait retrouvé toutes ses prérogatives». «Dans son entretien, hier, à TSA, il soutient et salue la décision du chef d’état-major de l’ANP d’ouvrir les dossiers de corruption au niveau de la justice pour que tout le monde rende des comptes», a affirmé M. Hamel. Rappelant que la police et son renfort ont déblayé le terrain après les représailles annoncées en grandes pompes par la vox populi, les Algérois sont revenus comme à l’accoutumée plus que déterminés à défiler dimanche matin pacifiquement. Pas de répit, les Algériens sont sortis vendredi, samedi et hier dimanche pour interpeller l’armée nationale populaire sur l’application de l’article 07 et 08 après l’application de l’article 102 et l’intronisation du président du Sénat Abdelkader Bensalah comme chef d’État pour gérer cette période de transition de 90 jours avant la tenue des présidentielles prévue pour le 04 juillet prochain. Cette mobilisation traduit la détermination et la volonté du peuple algérien à exiger le départ imminent des dirigeants que sont le chef d’État installé récemment après la rencontre des 02 chambres parlementaires au palais des Nations pour le constat de vacance du pouvoir et l’installation du nouveau président qui gère cette période au côté de l’actuel Premier ministre et son staff gouvernemental. Celui-ci, fortement contesté, a commencé à gagner du terrain pour sortir du décor dont lequel il a été confiné et donner l’apparence d’un Gouvernement crédible même s’il est limité par le temps soit 03 mois avant la tenue des futures joutes présidentielles. La Rue algéroise s’est mobilisée, hier tôt dans la journée, avec une telle détermination et de sens du pacifisme qui est devenu son slogan brandi haut et fort pour demander mais plutôt exiger le départ inconditionnel de ce qu’elle a qualifié des trois « B » qui tiennent les rênes du pays et qui sont Ben Salah,Belaiz et Bedoui, respectivement chef d’État,président du Conseil constitutionnel et Premier ministre. Cependant, le dernier discours du chef d’Etat-major, Gaid Salah, depuis la capitale oranaise sur la main étrangère, s’est taillée la part du lion dans les discussions des protestataires algérois qui ont pris d’assaut, tôt dans la matinée bien avant la prière du vendredi, les rues d’Alger pour cracher encore une fois leur marasme et leur ras-le-bol des tournures qu’ont prises les évènements surtout que Gaid Salah s’est prononcé pour l’accompagnement de la période de transition. Une lecture s’impose quant à ce discours du vice-ministre de l’ANP depuis Oran où il est interpellé à l’application des articles 07 et 08 pour la mise en place d’un État de droit et asseoir une 2ème République. Si cette mobilisation extraordinaire n’est pas transformée en force politique organisée et acteur lourd du champ politique, exigeant et dominant car fort de la volonté populaire,le contexte politique se fera sans elle et les dirigeants gèreront le pays selon leur volonté ,fortement contestés par les protestataires pacifistes que nous avons rencontrés, hier au niveau de la place des Martyrs, au coeur d’Alger qui s’interrogent sur l’exigence d’une révision de la loi électorale, des listes électorales, et un contrôle populaire et/ou indépendant de toutes les élections à venir, s’indigent-ils. Pour eux, beaucoup poussent l’ANP à se départir de la loi, ça s’appelle un Coup d’Etat avec ce que cela implique au plan international comme isolement et peut-être même embargo. Ils nous signifient que la donne n’est plus la même qu’en 1992. Même si on avait parié sur la difficulté de l’application de l’article 102 de la Constitution, certains observateurs nous confiaient que cela posait de graves problèmes qui le rendent impossible à appliquer. Le premier problème est que le trop vieux président du Sénat, Abdelkader Bensalah, a lui aussi une maladie handicapante qui ne lui accorde que quelques heures de lucidité par jour. Il n’est de surcroît pas algérien d’origine. Il ne pourra par conséquent pas assurer l’intérim du chef de l’Etat durant 45 jours. Pourtant, les choses ont évolué autrement et le désormais Bensalah a été conforté dans ses positions de chef d’État pour gérer la transition, installer une instance de préparation des élections et préparer les présidentielles du mois de juillet prochain.

À propos Nadira FOUDAD

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