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Point de Vue: Sidi Saïd Un homme, une mission

La relation affective reliant Sidi Saïd -le grand chef de la Centrale syndicale- aux travailleurs et à leur UGTA, ne cessait de se développer aux cours du quart de siècle qu’il avait passé en train de faire plus de politique que de syndicalisme.. Comme me l’avait un jour dit un ami syndicaliste, que depuis la mort de feu Abdelhak BENHAMMOUDA prétendument assassiné par le terrorisme, qui était à son paroxysme à cette époque, le syndicalisme était plutôt transformé en une mission purement administrative. Plus explicitement, le syndicalisme n’était plus le militantisme dévoué à la cause des travailleurs de l’époque de feu président Boumediene et néanmoins, même pendant le règne de feu Chadli. Donc le massacre de l’économie nationale et le bradage systématique des sociétés nationales avaient besoin d’une Centrale syndicale, sur mesure, et répondant aux nouvelles mutations économiques prises à l’insu du peuple, lors des changements, ayant survenu début les années 90. Toutes les têtes dures du syndicalisme, imprégnées de nationalisme, ont été éloignées de gré ou de force, afin de laisser la place aux syndicalistes- fonctionnaires et autres syndicalistes- affairistes. Sidi Saïd était donc, l’homme de la situation. C’est la première fois où l’on venait d‘appliquer à la lettre, une ancienne devise chère aux Algériens des années de Chadli, «l’homme qu’il faut dans la place qu’il faut». En contrepartie, Sidi Saïd était devenu une figure de proue dans le partage de la tarte, dont il avait superbement, réussi à en bénéficier de la part qui lui revient de droit, en relation directe avec le rôle qu’il avait à jouer… La première réaction à cette grande trahison de la cause des travailleurs et même de tous les acquis économiques de l’Algérie indépendante, c’était les créations successives et réussies de Syndicats Autonomes. Ils sont venus au moment opportun afin de parer à un vide énorme ressenti dans la scène syndicaliste nationale. C’était des structures formées par les travailleurs et les fonctionnaires de divers secteurs. En revanche, les milliers d’enfants et de travailleurs exerçant dans l’illégalité par rapport aux textes légiférant le monde du travail, étaient bonnement laissés pour compte. Quelques mois, seulement, avant son assassinat, Benhamouda avait juré dans une émission télévisée que la compression générale des travailleurs, planifiée et la déstructuration des sociétés nationales, ne seront qu’en piétinant son corps. Son corps a été effectivement piétiné, les travailleurs massivement renvoyés et les sociétés nationales vendues à «des gens très honnêtes» au dinar symbolique. Sidi Saïd avait une mission à accomplir; il s’est engagé au syndicat les poches vides armé uniquement d’une foi ardente de servir la cause de ses semblables, les travailleurs ; il en est sorti les poches pleines, en un riche affairiste..
alkaderdz62@yahoo.fr

À propos B.Abdelkader

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