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Réunion des deux Chambres parlementaires aujourd’hui: Une équation difficile

Au bout des 45 jours, pour continuation de l’empêchement (Continuation de l’incapacité du président à exercer ses fonctions), le président du Sénat continuera à assurer la fonction de Chef de l’Etat pour 90 autres jours. A la fin de cette période (45 + 90= 4 mois et demi) est organisée une élection présidentielle pour élire un nouveau président en remplacement de Abdelaziz Bouteflika qui a géré le pays pendant 04 mandats c’est à dire 20 ans consécutifs après l’annulation du 5ème mandat grâce à la révolte du peuple algérien. Pendant ces 4 mois et demi, le Gouvernement en place ne peut-être ni changé ni remanié (Article 4). En résumé, on propose au peuple algérien une période de transition de 4 mois et demi, gérée par Ben Salah qu’on disait naturalisé en 1965 pour obtenir la nationalité algérienne et ce, en tant que Président de la République et Nouredine Bedoui en tant que Premier ministre avec son gouvernement qui cessera par une élection présidentielle organisée par le régime en place. Nos interlocuteurs nous résument la situation par la mise en place d’une autre cartographie et feuille de route du pouvoir soit 4 mois et demi pour « tuer ou étouffer « la révolution du peuple qui est en marche depuis le 22 mars dernier et finir ensuite avec une élection présidentielle organisée par le régime, pour le régime. ils critiquent le fait que toutes les institutions dépendent de l’exécutif qui lui dépens à son tour du clan présidentiel ; il faut rappeler que la Constitution et les lois élaborées par l’exécutif ont été violées par lui-même et à plusieurs reprises, Alors, ni le Conseil constitutionnel, ni la Haute instance de la surveillance des élections, ne peuvent arrêter ce coup de force, car tout simplement, elles ne sont pas indépendantes, l’administration chargée de l’organisation de ces élections aussi, nous confient-ils et de conclure : c’est pour tout cela que nous militons depuis des années maintenant, pour le changement du système. Alors pensez-vous qu’il sera changé à l’occasion d’une élection, pensez-vous que l’administration fera perdre son propre candidat, Non! d’autant que sa mauvaise volonté est affichée maintenant. Alors de grâce, passons à l’essentiel, le changement du système par une transition pacifique et démocratique. Ces élections doivent être arrêtées et les candidats doivent se retirer d’une course perdue à l’avance, pour ne pas donner de caution et assumer la responsabilité d’avorter l’espoir d’un peuple en marche. De son côté, le vice-président des Droits de l’Homme s’insurge contre l’application de l’article 102 de la Constitution. C’est une manœuvre mise en œuvre malheureusement avec la bénédiction et contribution de quelques partis politiques, des personnalités et des experts selon Saïd Salhi. Une manœuvre qui vise à torpiller le mouvement et tordre le coup à sa revendication principale qui est le changement du système et le départ de son personnel. Nous voici encore qu’on s’achemine vers ce coup de force, dit-il. L’implication de Gaid Salah est perçue au début par certains comme un salut mais de plus en plus, il s’apparente à un coup de force clanique. Si nous avons fait dégager le clan Bouteflika, c’est pas pour retomber dans le clan de l’armée qui se renforce chaque jour en concentrant tous les pouvoirs en sa main, à présent Gaid est l’homme le plus fort. La question que je me pose, nous affirme le vice président de la LADDH dans le sillage de l’article 102, le cadre législatif, les institutions sous le patronage des 03 B qui ne sont que les enfants du système, sont-ils en mesure de réformer un système qui les a enfantés qu’ils ont géré, nourris pendant des décennies maintenant? En fait, ce qui est miraculeux dans ce mouvement, c’est qu’il a réussi à mettre à nu ce système, à provoquer des implosions de l’intérieur, des divisions et des démarcations au point de dévoiler le vrai pouvoir, sinon le centre du pouvoir. On se retrouve au dernier round face à l’armée. La question: est-ce que Gaid à la tête de l’armée va se dresser contre le peuple ou va l’accompagner comme il l’a déclaré pour qu’il exerce sa souveraineté et sa volonté comme le stipule les articles 7 et 8 de la Constitution? Ou c’est lui (Gaid) qui va piloter la transition jusqu’aux prochaines élections. Si c’est l’option, on dira d’emblée, NON! nous ne voulons pas de régime militaire, on a eu déjà l’expérience des années 90. On veut un régime démocratique où l’armée ne sera qu’une institution au service du peuple et de la démocratie. Elle ne sera qu’une institution qui aura pour charge d’assurer la sécurité du pays, elle a déjà une tâche assez lourde avec les défis qui se présentent aux frontières. La rue s’est exprimée pour le 7ème vendredi pour dire Non! au détournement de la volonté populaire, la rue exige le départ des 3 B et met en garde l’armée contre toute tentation de coup d’Etat militaire. L’armée doit accompagner le peuple vers sa libération et sa victoire finales. Nous avons déjà réalisé le miracle en destituant un gouvernement et un président de la République. Poursuivons notre marche. Nous sommes déjà entrés dans l’histoire et nous sommes un exemple pour les peuples pour la libération et la dignité, conclut-il.

À propos Nadira FOUDAD

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