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Pôle & Mic: Un choc inattendu de l’indignation

«Indignez-vous». Stéphane Hessel, «Les chemins de l’espérance». Edgar Morin

Il faudrait rajouter que la crise multiforme avait programmé une bombe à retardement dont le tic-tac du couvercle, ne pouvait continuer à être muselé comme il l’avait été déjà auparavant. La mise en exergue de la socialisation de la révolte devenant subitement un superbe lever du soleil, se confronte dans un premier temps à une débauche d’énergie avec un Effet cathartique. La maturation de cette indignation contre l’idéal d’amour FLN se transforme en machine opprimant les impotents hégémoniques de la rente symbolique qui entretenaient l’illusion d’une cohésion sociale trouvant son salut dans une forme de tribalisme. Ceci étant dit, rompre avec le cercle vicieux et totalitaire suscite un effet de rédemption sur amorce de conscientisation qui doit anéantir à son tour le ton hystérique des foules. Le psychanalyste Paul Assoun a fait remarquer, qu’un individu dans une foule n’a pas la même psychologie que lorsqu’il est à l’état isolé. Pour Freud, une foule existe quand un ensemble d’individus met un seul et même objet en place de leur idéal du moi ». La modification psychique rend possible ce que Paul -Laurent Assoun nomme « l enfoulement ». Dans les diverses manifestations, l’œuvre d’art peut être le plus bel exemple des prémices de la liberté, car la marche vers les chemins de l’émancipation Sociale serait innovante et créatrice de sens, elle pourrait être toutefois dérangeante chez les partisans du Musellement de la subjectivité. Dans le déroulement des manifestations, il serait intéressant de voir la place qu occupe l’improvisation et par conséquent la caricature. L’humour, la joie supplante un imaginaire leurrant « dogmatisé par la clôture identitaire qui déprécie la valeur de l’échange. La convivialité du je est un autre serait l’idylle sublime d’une réelle subjectivation «qui se départit de la pente monolithique du « je pense veut dire je adhère ». Ce sursaut civique flottant encore dans une atmosphère encore lourde et oppressante par la charge d’une violence tant physique que symbolique ne nous permet pas de tomber dans un optimisme béat. Le mariage d’amour de cette contestation populaire dotée d’une conscientisation s’alimente d’une phase d’exaspération et de rejet. Cet aspect peut être un système d’illusion d’un moment. A cet égard, l’interview de l’anthropologue Abderrahmanre Moussaoui nous laisse perplexe quant au fait de voir l’expression de l’altérité dans ce type de revendications. Est-ce un vœu pieux pour des lendemains qui chantent ? Dans ce cas de figure cette insurrection pacifique serait-elle en mesure de manager avec l’inconscient ? Partant du principe de Gramsci qui disait qu’il faut avoir le pessimisme de la raison et l’optimisme de la volonté, nous pourrons affirmer que se libérer est un travail lent et minutieux, car il faut défaire les nœuds les uns après les autres. Pensons par exemple au travail du psychologue où le patient doit patienter et subtilement, remonter et dénouer le fil du trauma de sa propre souffrance, sa propre histoire, pour se libérer. La négation du psychisme relève de l’indigence intellectuelle car si on répète sans cesse d’éviter de tomber dans le piège d la masturbation intellectuelle. Cette attitude ne peut pas produire une aliénation plus forte que celle dont on cherchait à se débarrasser ; le courage de la libération est un courage au quotidien. Sur cet aspect, rappelons le « sensualisme «puéril et sans fondement de certains romanciers chantres de «l’oreccidentalisation » qui font frétiller les ventripotents de la » voyoucratie néolibérale » qui se complaisent dans la « Pornographie des temps présents ».

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