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Le professeur Mohamed-Cherif Benmihoub à propos de la transition politique: «Il faut éviter le chaos économique à l’Algérie»

De même que l’approvisionnement des marchés en produits stratégiques est en permanence. Il n’y a point de moindre signe précurseur de pénurie ou de perturbation des activités économiques. Donc théoriquement, les choses devraient aller dans le sens de la logique économique. Toutefois, «y aurait-il un «impact», s’interroge-t-on dans le milieu des économistes. Depuis son installation le 12 mars 2019, le nouveau Premier ministre, Noureddine Bedoui, peine à former son gouvernement dont il avait assuré qu’il serait composé de «compétences nationales». Prévu initialement le 21 mars, ce gouvernement de transition prend un temps considérable. Des spécialistes mettent en garde contre une paralysie des activités économiques pouvant résulter de la crise politique. «Il faut que cette transition politique soit plus courte», estiment-ils. Seulement voilà, depuis quelques jours, et face à l’absence de toute perspective politique, des échos et appels émanant de milieux dissimulés, plaident en faveur d’une «grève» et au «gel», trois journées durant, des activités économiques. Ces bruits assourdissants d’appels n’excluent pas le secteur stratégique lié à l’exploitation de sites énergétiques. Plusieurs segments illustrent cette absence de perspective politique. Il y a le report des élections présidentielles, la démission d’Ahmed Ouyahia désormais ex-Premier ministre, le remaniement total annoncé au sein du gouvernement, la « non candidature » du président de la République puis et surtout la décision du chef de l’Etat de prolonger son mandat jusqu’au parachèvement des « réformes » avant la désignation de son successeur. Tous ces ingrédients n’ont pas été sans provoquer des rebondissements de la rue décidée plus que jamais à tout bloquer. Il ressort ce faisant et en cas de persistance d’une absence d’«issue politique», que les observateurs redoutent des conséquences économiques. Depuis quelques jours, le ballet diplomatique des officiels à l’étranger ne cesse pas en vue de rassurer les partenaires et investisseurs. Il s’agit en clair de tranquilliser les amis et alliés de l’Algérie quant à la bonne santé politico-économique du pays. Le professeur Mohamed Chérif Benmihoub s’est exprimé sur le sujet. A l’émission «L’Invité de la rédaction» de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, il a décortiqué dimanche l’analyse politique nationale. Il considère d’emblée que le pays se trouve face à une «situation délicate» qu’il impute à l’émergence d’une crise politique qui mature, «depuis déjà quelques mois». Il a aussi commenté la situation de crise à laquelle est actuellement confrontée l’Algérie. Cet analyste en économie estime qu’il est vital de passer par une période de transition politique «la plus courte possible», en utilisant les ressources de la Constitution «quitte à revoir cette dernière plus tard», afin d’éviter au pays de se trouver dans l’impasse. S’il reconnaît la légitimité des revendications populaires, M. Benmihoub n’en abonde pas moins, par ailleurs, vers l’idée que cette transition se fasse de façon organisée sinon, prévient-il, «nous risquons d’aller vers le chaos». Cet analyste déclare, d’autre part, craindre qu’à partir du moment où la situation n’est pas claire sur le plan institutionnel, les opérateurs économiques «soient à minima» et provoquent du même coup un arrêt des investissements durant une période indéterminée. Déjà, relève-t-il, que ce climat des affaires n’était pas bon, du fait de la corruption, de la bureaucratie, de l’instabilité juridique ou de la difficulté d’accès au crédit, «il risque de se dégrader davantage». M. Benmihoub préconise, par ailleurs, de prendre en urgence des mesures de sauvegarde sur les réserves de change, en les plaçant sous la supervision d’un comité ad hoc et non pas «entre les seules mains de la Banque d’Algérie», pour éviter de les voir «s’évaporer en partie». Concernant la gestion des comptes publics du Trésor, il y note une «dégradation» en raison, explique-t-il, de l’actionnement de la planche à billets dont il affirme qu’elle a produit, à ce jour, 6.500.000 milliards de dinars «alors que les banques se trouvent en surliquidités», ce qui constitue un paradoxe.

À propos B.H.

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