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Noureddine Bedoui n’arrive toujours pas à former un gouvernement: La pression de la rue bloque tout

Le Gouvernement version Noureddine Bedoui tarde à voir le jour. Le Premier ministre n’est toujours pas arrivé à former un nouveau gouvernement. A l’heure où les évènements s’accélèrent et où la rue maintient son mot d’ordre, les choses sont loin d’être une simple formalité pour le nouveau chef de l’Exécutif dès lors que plusieurs questions qui taraudent les esprits des observateurs, ressurgissent au grand jour, au gré des rumeurs. Le Premier ministre, Noureddine Bedoui, serait-il pour, ainsi dire, disposé à reconduire l’ancien? Trop tôt pour y répondre. Dès son installation, le 12 mars 2019, Noureddine Bedoui avait lancé tambour battant des consultations nationales en vue de composer un gouvernement. Noureddine Bedoui s’était engagé pour que son nouveau gouvernement soit composé de «compétences nationales» et de cadres chevronnés. Un gouvernement qu’il voyait «technocrate», truffé de compétences et «rajeuni». Seulement voilà, face à la contestation populaire qui ne semble pas prête de céder et de faire des concessions malgré les assurances de Premier ministre qui s’est engagé à écouter, respecter et prendre en charge les préoccupations des citoyens en privilégiant le dialogue et la concertation, les choses ont plutôt l’air de se compliquer. Le rejet populaire de la «feuille de route» du pouvoir ayant quelque peu mis en difficulté la célérité de composition de la nouvelle équipe gouvernementale, ce sont les espoirs de voir un gouvernement tant attendu qui s’amenuisent. A cela, s’ajoutent, sans doute, les réticences affichées par des syndicats, organisations et personnalités politiques quant à leur participation pour l’émergence d‘un gouvernement de compétences. Est-ce un signe pour dire que ces derniers ont fermé les portes du dialogue tant promis puis enclenché par le Premier ministre? Rien ne peut le prouver si l’on juge qu’il n’y a pas eu de date butoir annoncée pour la fin des consultations nationales. C’est dire que c’est le suspense qui entoure l’arrivée à échéance de ces consultations précédant la composition d’un tel gouvernement. Selon nos informations, plus de 300 personnalités ont été officiellement contactées par le staff de Bedoui pour intégrer son gouvernement. Cependant, aucune d’entre elles n’aurait répondu favorablement. On ignore toutefois s’il s’agit de personnalités que le Premier ministre se contentera de «consulter» ou d’inviter à prendre part à son nouveau gouvernement. Les questionnements pleuvent sur les personnalités candidates à ces consultations et qui prennent en considération dans leurs initiatives de désaveu populaire. Un tel scénario fait craindre selon des observateurs, la possibilité qu’il y ait des «ministrables» médits par l’opinion publique, s’ils osent rallier le camp du pouvoir dans ce contexte d’ébullition citoyenne. Il va sans dire que la tâche s’annonce des plus complexes et ardues. La vraie mission de l’ancien ministre de l’Intérieur est en effet d’arriver à convaincre des personnes crédibles jouissant d’un consensus pour faire partie d’une transition politique dans ce contexte de désapprobation citoyenne. «Personne n’a envie d’être à la place du Premier ministre, lui seul qui réalise à quel point sa mission est importante mais une «mission impossible», confie un spécialiste politologue. Selon nos informations, la présélection de noms du nouveau gouvernement établie par Noureddine Bedoui où la quasi-totalité des ministres a été remplacée, a fait l’objet de rejet à l’exception de certains noms, à l’instar de Tayeb Louh, Youcef Youssfi et Ahmed Gaïd Salah. «Le chef d’Etat- Major, le général Gaid Salah jouit toujours d’une popularité auprès du peuple suite à ses derniers discours, c’est la raison qui fait qu’il devra rester au gouvernement qu’aura à composer Noureddine Bédoui», fait remarquer pour sa part, un spécialiste en sciences politiques. Il faut cependant prendre en considération que les consultations ne sont pas encore finies et tout porte à croire qu’un consensus sur les noms ministrables soit arraché. Il parait même plausible que le président de la République «suit de très près» l’évolution du dossier des consultations lancées par son Premier ministre. A noter que l’opinion nationale attendait le bout du tunnel, c’est-à-dire la composante nouvelle du gouvernement prévu pour jeudi 21 mars, soit à la veille du cinquième vendredi des manifestations populaires. Noureddine Bedoui aurait, semble-t-il, dû concéder à reconduire le gouvernement de son prédécesseur Ahmed Ouyahia, lors d’une réunion qu’il a tenue au palais du gouvernement dans la journée du jeudi, avec les membres de l’ancien gouvernement Ouyahia. Le nouveau Premier ministre aurait demandé aux ministres de l’ancienne équipe de «poursuivre leur travail de manière normale jusqu’à la formation du nouveau gouvernement ».

À propos B.H.

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