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Point de Vue: La rue crie, est-ce quelqu’un écoute?

Qui parmi le peuple n’est pas encore sorti dans la rue? Les Algériens, grands et petits, femmes et hommes, sains ou malades, travailleurs ou chômeurs, intellectuels ou illettrés, tous manifestent depuis déjà cinq vendredis. Tous veulent le changement, le départ de tout le système, tous contre un prolongement du quatrième mandat, tous contre la corruption, l’ingérence étrangère et plus de liberté et de justice. Avec un pacifisme exemplaire, un respect inédit, une volonté de fer dont les images ont fait le tour du monde, les Algériens ont su comment gagner la sympathie de la planète et le soutien de tous mes peuples. Ils seront là encore les prochains vendredis, ils marcheront, ils scanderont, ils revendiqueront encore et encore jusqu’à avoir gain de cause. Entre-temps, le pouvoir se tait ne sachant quoi faire. Toutes les propositions suggérées jusque-là ont été refusées. Le Premier ministre, Noureddine Bedoui, est acculé, ses tentatives de former un nouveau gouvernement ont toutes échoué et il ne sait plus quoi faire. Nous sommes en effet devant une crise. Une véritable crise. Un fossé s’est creusé entre les représentants de l’Etat et le peuple et il est peu probable que l’on arrive à le combler. C’est parce que la confiance n’y est plus. Toute déclaration officielle est rejetée, toute personne présentée par le pouvoir est immédiatement disqualifiée par la rue. Voilà où en est l’Agérie aujourd’hui. Personne ne peut oser une quelconque initiative, personne ne peut prétendre représenter le peuple. Ce peuple là qui refuse de lâcher prise de peur de voir sa révolution pacifique volée comme celle d’ocotbre 1988, maintient la pression et ne quittera plus la rue. Tantôt ce sont les étudiants, les médecins, les avocats, les juges, tantôt, ce sont les retraités de l’armée, les enseignants, si ce n’est pas le peuple entier qui manifeste chaque vendredi. Que faut-il faire? Comment désamorcer cette bombe à retardement? Point de solution. Pourtant, il faudrait bien en trouver une. Elle ne peut venir que du pouvoir qui doit écouter, bien écouter et prendre exemple sur ce peuple magnifique. Pacifiquement, il doit rendre le tablier et répondre favorablement à l’appel du peuple. Le président de la République finira son mandat dans les temps constitutionnels, le président du Sénat assurera l’intérim conformément à la Constitution et on passera à une phase de transition pour préparer de nouvelles élections présidentielles avec comme condition: aucune des anciennes figures ne pourra se présenter, de toute façon, elle sera rejetée par les Algériens. La solution existe, il faut l’appliquer. Et comme dans chque crise, chacun doit faire des concessions. Les Algériens, malgré leur frustration, leur colère et leur méfiance, doivent aussi faire quelques concessions afin de tourner cette page et regarder vers l’avenir. Ils doivent aussi rester alertes et exiger toujours la transparence dans la gestion des affaires de l’Etat.

À propos BOUHALI Abdallah

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