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5ème vendredi de la mobilisation populaire: Pacifisme et créativité chez les Algériens

Les grandes villes algériennes ont, certes, renoué hier avec les marches pacifiques. Cinquième vendredi successif, en effet, de mobilisation populaire depuis un certain 22 février et même revendication à l’unisson chez les manifestants: «le départ du système ». Sauf que pour ce vendredi 22 Mars, l’exception était la règle. La scène retient, qu’un «lifting» est opéré dans les revendications des marcheurs, ce qui dénote de l’intérêt des manifestants à se mettre au diapason de l’évolution de l’actualité. Très attentionnés, mis au parfum de la chose politique et rompus aux enjeux, ils sont sortis dans le calme. Les Algériens ont montré ce vendredi exceptionnel qu’ils sont « posés », parfaitement éveillés et conscients, quand il s’agit d’enjeux. Ils ont prouvé qu’ils n’ont pour autre patrie que leur Algérie. Ils ont scandé paix, stabilité et sécurité de la Nation. Mais ils ont surtout mis en filigrane leur sens inconditionnel de créativité et d’imagination. En témoigne d’abord l’originalité des initiatives prises par les « marcheurs pacifiques » et ensuite les thèmes saisissants des slogans brandis. Dans la capitale, près de la Grande Poste d’Alger, la rue s’est réveillée sur des pièces de théâtre et du Slam animés par des jeunes artistes sur fond de contestation et de marche.
Quel beau décor ! Des danses, des prises de photos en famille ou avec enfants, des bambins photographiés sur des voitures, bombons offerts par de jeunes filles parmi les manifestants … les Algériens ont surpris et par la même, mis au calendes grecques certains clichés obscurantistes que l’on se faisait d’eux à l’étranger. Comme quoi, ils étaient « violents » et « peu enclins au dialogue ». Bien au contraire, ce n’était pas le cas dans tous les vendredi de mobilisation générale. A la marche de ce vendredi 22 mars, se mêlaient des sourires, des échanges de congratulations ou d’embrassades entre amis, proches mais aussi des youyous et un nombre impressionnants d’emblèmes nationaux. Des scènes a priori captivantes et à vous nouer la gorge d’émotion qui montrent, si besoin est, le caractère modéré, paisible des marcheurs et le  savoir faire » des manifestants. C’est une sorte de « rempart » aux interprétations farfelues de certains cercles et médias d’outre mer qui tendaient à chaque évènement, faire admettre des « risques potentiels » dans ce type de marches en se référant à des scénarios passés. Des villes comme Alger, Oran Constantine, où sont sortis les marcheurs pacifiques ont tronqué avec les slogans des dernières marches. Parlant de slogans, ils ont été soigneusement mis à jour par les manifestants au gré des derniers développements sur la scène, comparé aux thèmes des quatre dernières marches pacifiques. A Oran, deuxième grande ville du pays, des longues files de manifestants ont débuté comme à l’accoutumée à partir de la Place 1er novembre. Ce vendredi, n’était pas comme les autres. Sur certaines affiches brandies par des marcheurs, on pouvait ainsi y lire « Ni Washington ni Paris désigne le président » ou « FLN, RND, TAJ dégage », ou encore « Nous sommes les enfants de Badis non de Paris » ou encore «  Honte de chercher l’appui à l’étranger ». Les manifestants parmi lesquels se trouvait une présence significative de mères de familles, des jeunes filles joliment entretenues marchant côte à côte avec les hommes qu’ils soient barbus, cultes, enseignants, associations ou autres, scandaient « Pour une république des martyrs» et «Jeich chaab khawa khawa », slogan qu’on a déjà vu durant les quatre derniers vendredis. La rue qui n’est pas prête de flancher continue de réclamer le «changement». Hier, des manifestants dans plusieurs villes scandaient qu’ils «n’arrêteront pas de marcher pacifiquement».

À propos B.H.

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