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Changement à la tête de l’Etat: Les scénarios possibles

Spécialistes économistes et politiques se remettent en selle pour tenter d’analyser et de décortiquer les scénarios possibles succédant les derniers rebondissements sur la scène politique. Ces analyses politiques prennent en considération le discours du président de la République, Abdelaziz Bouteflika, à l’issue de la marche pacifique du vendredi 8 mars annonçant sa «non candidature» aux présidentielles du 18 avril, le report de celles-ci et le changement du gouvernement outre la tenue de «réformes» durant moins d’une année. Il y a aussi les «engagements» de l’ex-ministre de l’Intérieur, Noureddine Bedoui, sitôt installé en tant que nouveau Premier ministre , d’autant plus que ces deux étapes franchies par la scène politique sont considérées comme étant un «vrai tournant» aux yeux des observateurs . Mais depuis la marche pacifique du 15 mars, un moment crucial où les Algériens ont démontré tant au pouvoir en place qu’au monde entier, leur sens inné de civisme et de respect des valeurs démocratiques en ne cédant pas à la violence et à la radicalisation de leur mouvement et les prémices d’un remaniement au sommet de L’Etat se font de plus en plus entendre et font du bruit. Des soupçons inévitables de spécialistes en questions stratégiques laissent entrevoir certains scénarios. «Bouteflika en fin stratège et resté au pouvoir durant quatre mandats successifs (20ans), serait-il disposé à quitter le pouvoir en cette période décisive que vit le pays et à remettre le flambeau », s’interroge-t-on dans les milieux de ces spécialistes. Ce qui renvoie impérativement à la sempiternelle question de savoir «s’il n’existe pas de sérieux risques de blocage institutionnel au cas où le président décide de démissionner. Ce serait pour cette raison qu’on pourrait comprendre peut-être la «crainte» légitime d’ailleurs du président Bouteflika de voir un «blocage institutionnel» si jamais il venait de quitter le pouvoir. Il y a aussi sa réponse et ses engagements de tenir des réformes en moins d’une année le temps que sera connu son successeur. Approché, ce dimanche, par l’émission L’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio Algérienne, le spécialiste en questions économiques et stratégiques, Abderahmane Mebtoul, avance cinq scénarios possibles dont il tient à observer qu’ils «ne demandent pas de solutions juridiques». De 1963 à 2016, rappelle-t-il, les différentes Constitutions ont été «rarement appliquées», tout comme, souligne-t-il, nous avons assisté à des suspensions de Constitutions, de 1965 à 1975, raison pour laquelle, souligne-t-il, il faut éviter le juridisme, «la crise étant avant tout politique». Présentant son premier scénario, il note que celui-ci favoriserait l’institution d’un «Etat d’exception», ce qui, indique-t-il, n’est pas souhaitable, «sauf crise majeure visant à préserver l’unité de l’ANP et des services de sécurité». Il souligne que la symbiose de l’Armée avec le peuple algérien contribue à éviter les «drames des années passées». Le second scénario, poursuit-il, consisterait à aller vers l’élection présidentielle, après la démission de l’actuel chef de l’Etat, le président du Sénat étant chargé de la transition, après analyse de tous les impacts de cette option et en privilégiant la sécurité nationale. Pour ce qui concerne le troisième scénario, M.Mebtoul fait appel à l’article 102 de la Constitution donnant le pouvoir au président du Sénat d’organiser cette élection. Pour ce qui a trait au quatrième scénario, l’invité de la rédaction met en avant le report d’élections qui doivent être fixées à une date précise, «ne dépassant pas une année», avec une période de transition et la promesse de l’actuel président de ne pas briguer un cinquième mandat. Ce dernier, indique-t-il, doit être entouré d’un Comité des sages «non partisans, émanant de la société (…) qui était dans la rue», ainsi que d’une instance de surveillance des élections composée de divers partis de la société civile, le ministère de l’Intérieur se chargeant des seuls aspects logistiques. Après le départ de l’ancien président, l’intervenant met en avant la constitution d’un gouvernement de technocrates, avec la mise sur table de toutes les revendications populaires, «afin de réaliser la transition politique et économique». En conclusion, il appartiendra, relève-il, au nouveau président de réviser la Constitution, de dissoudre les assemblées élues et de s’attacher à entreprendre la transition démocratique.

À propos B.H.

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