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Ni intolérants, ni extrémistes, et surtout pas violents: Les Algériens donnent l’exemple

Les tentatives fomentées par des cercles occultes jusque là tapissés dans l’ombre et joliment entretenu ou couverts par des médias de masse, notamment étrangers, afin de dévier les derniers événements de leur trajectoire tel que voulue par les citoyens manifestant durant les marches pacifiques ont été avortées. L’image qu’a donné le peuple malgré les sombres clichés entretenus par certains médias étrangers et des réseaux sociaux a fait le tour de la planète. Une image qui avait tendance à « négativiser » chaque événement en Algérie relayée par une certaine littérature des écrivains et analystes qui s’expriment plus souvent au nord de la Méditerranée qu’à son sud, est bel et bien démentie par les démonstrations de force, de civisme et de non-violence, faites par les Algériens dans leurs marches. La jeunesse algérienne longtemps présentée comme violente par nature, agressive, et comme une matière hautement inflammable a contredit tous les scénarios. Elle n’était pas pour autant prête à s’embraser dans un déchaînement de violence à la moindre étincelle. Les marches de plus d’un million de manifestants à Alger et de plusieurs centaines de milliers dans certaines grandes villes du pays, l’ont amplement démontré. Les jeunes dominateurs dans les marches pacifiées ont dénoncé leur situation de façon drôle, énergique, mais toujours non-violente. Ces manifestations ont laissé voir une jeunesse algérienne dynamique, intelligente et inspirée dans ses slogans. Solidaires, nombre d’entre eux ont lancé des initiatives, sans concertation ni planification pour nettoyer les rues. D’autres ont soigné les blessés, offert à boire et à manger aux manifestants. Si la première intention de ces initiatives est d’aider et de contribuer au mouvement, l’arrière-pensée des jeunes qui en sont les auteurs n’est pas moins louable, ils ne veulent ni plus ni moins que donner une belle image du peuple algérien. Lors des marches, les jeunes citoyens ont protégé et soutenu les personnes âgées et les femmes. Des jeunes filles, des parents avec leurs enfants et des personnes âgées, ont été protégées, lors des bousculades, par ces mêmes jeunes. Les manifestants ont démenti certains clichés qu’on voulait leur coller sur la peau coûte que coûte. Celui d’un peuple politiquement apathique et éloigné des préoccupations politiques. Un cliché tout autant désavoué par la protestation nationale générale. Il semble que cette soit disant inaction des Algériens n’était en fait qu’utopique. La « démission politique » des Algériens tel que montée en toutes pièces par certains médias étrangers pour inciter à la rébellion contre le régime en place, a été largement démentie par le peuple qui n’a pas cédé à la violence et aux actes extrémistes. « Les impressionnantes manifestations du rejet du système, il fallait y croire » confie un analyste algérien. « On y a vu des Algériens non seulement impliqués dans la décision de l’avenir de leur pays mais aussi conscients » dit-il. La mise à jour des slogans des manifestants lors des marches du 15 mars, pour répondre aux réactions internationales à la protestation populaire et dire non à toute ingérence étrangère est l’autre face positive de ces marches pacifiques. C’est une caricature schématisant la réactivité de l’opinion publique algérienne et sa conscience des risques et enjeux qui entourent leur mouvement. «Les Algériens sont intolérants et divisés», un cliché relayé par la rumeur publique et même couché sur le papier par des écrivains et des journalistes régulièrement invités sur les plateaux de télévision étrangers. Les vendredi 8 et 15 mars, on y a vu le contraire de cette image négativisante. Alger, la capitale, a une population composée d’habitants originaires de toutes les régions du pays, où une réelle mixité culturelle et sociale existe, où tous les courants idéologiques, culturelles et d’Algérie se côtoient quotidiennement. Dans cette ville, plus d’un million de citoyens ont marché deux vendredis d’affilée contre le système. Ils ont donné une occasion très rare de voir un cliché panoramique embrassant tous les éléments composants la société algérienne. L’image, au final, a été d’une population indivisible, indissociable et non encline au chantage instrumentalisé et les plans diaboliques de la vox populi étrangère. Elle a su unir ses voix et défendre une cause noble juste et cruciale pour l’avenir du pays. L’autre facette positive est liée aux drapeaux algériens très nombreux dans les manifestations. L’Algérien est resté attaché viscéralement à ses origines, à sa patrie avec la présence, en force, des drapeaux amazighs. Symbole longtemps associé par des politiciens malintentionnés à un risque de division pour le pays, le drapeau amazigh est, on l’a vu pendant les marches, toléré, salué, acclamé par la majorité des manifestants, qu’ils soient amazighophones ou arabophones. L’intolérance linguistique et culturelle souvent attribuée aux Algériens qui se diraient, d’après la légende, « seulement arabes et musulmans », serait donc infondée. Dans les cortèges de manifestants, femmes voilées ont marché aux côtés de femmes sans voile, des barbus en qamis ont défilé aux côtés d’hommes en jeans, en costumes ou en survêtements, s’échangeant sourires et amabilités. Aussi, les slogans religieux ou islamistes été très rares lors de la manifestation du 8 mars à Alger, ils étaient même presque inexistants. Dans les immenses foules qui ont marché à travers le pays ces autres derniers vendredis, surtout à Alger, toutes les scènes ont fait penser à une société algérienne qui se réconcilie avec elle-même et avec la joie de vivre et qui évince les théories obscures des islamistes. De jeunes couples se tenant par la main, s’enlaçant, sans être inquiétés par qui que ce soit, des jeunes filles en jupes, en jeans, en robes manifestant au milieu de milliers de jeunes, des slogans appelant à une Algérie libre et démocratique et non à un Califat, et la mixité apaisée entre les deux sexes, les couleurs mêmes de la manifestation peuvent être le reflet de tout sauf d’une société sous l’emprise totale de l’islamisme.

À propos B.H.

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