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A l’occasion de la célébration de la journée du Martyr 18 Février: Djamila Amrane-Minne, cette grande oubliée de l’université algérienne!

Additivement à la marginalisation scandaleuse du 60e Anniversaire de la disparition du martyr Taleb Abderrahmane (1958-2018), les services des activités culturelles et sportives des établissements relevant de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique en Algérie, n’ont consacré aucun hommage pour commémorer le 3e anniversaire relatif à la disparition de la première professeur d’histoire à l’université algérienne. La révolutionnaire, historienne, universitaire et poétesse, Djamila Amrane-Minne, née Danièle Minne, est décédée le 11 février 2017 à l’âge de 77 ans. Danièle Minne, est la fille de deux militants anticolonialistes, Jacqueline Guerroudj et Abdelkader Guerroudj, qui seront condamnés à mort suite à leur participation aux opérations révolutionnaires pour la cause nationale, avant d’être graciés, le 8 mars 1962. Après sa participation à la grève estudiantine le 19 mai 1956, Danièle Minne a rejoint les réseaux de porteuse de bombes dans la zone autonome à Alger où elle a participé à des attentats anticolonialistes sous la direction de son chef militaire, Yacef Saadi dont celui du bar l’Otomatic à Alger. Condamnée le 4 décembre 1957 et incarcérée à la prison de Barberousse à Bab Jedid, elle a été transférée à Rennes (Ouest de la France). Elle ne sera libérée qu’en avril 1962 à la suite des Accords d’Évian. Après l’indépendance, Danièle Minne, opte pour la nationalité algérienne et devient Djamila. Sur les traces de sa maman, elle préfère enseigner l’histoire à l’université d’Alger, faisant d’elle, la 1ère professeur d’histoire en Algérie. Hélas, menacée par des extrémistes pendant la décennie noire, elle ira un temps enseigner à l’université de Toulouse, dont elle consacre sa thèse de troisième cycle à « L’emploi à Béjaïa ». Et sa thèse de doctorat d’Etat sera consacrée à un sujet qui lui tenait à cœur : « Les femmes dans la révolution algérienne ». Une thèse qui a été publiée en livre. Décédée le 11 février 2017, Djamila Amrane-Minne, repose actuellement à la wilaya de Béjaïa. Seule une association sportive universitaire implantée à Ben Aknoun sur les hauteurs d’Alger, connue aussi sous le nom Olympique Sportif des étudiants universitaires, lui rend régulièrement hommage à travers ses festivités sportives et culturelles, à l’image de la coupe Djamila, une échéance sportive féminine dédiée à nos quatre héroïnes de la bataille d’Alger en l’occurrence, Djamila Bouazza, Djamila Amrane, Djamila Boupacha et Djamila Bouhired ; une sorte d’initiative pour nationaliser la communauté estudiantine, mais le tout, sans le moindre soutien ni des établissements universitaires et encore moins, de la part de l’Office national des œuvres universitaires, si ce n’est la présence symbolique de quelques représentants le jour « J ». Ce club a d’ailleurs, lancé plusieurs appels aux autorités pour baptiser une résidence universitaire féminine au nom de la défunte en reconnaissance à ses sacrifices. En vain. Cependant, si les activités culturelles et sportives de nos établissements universitaires sombrent dans un coma profond, alors, à qui donc revient le rôle de préserver la mémoire et l’identité nationale auprès de nos futures élites? Et comment peut-on convaincre la jeunesse de servir dignement sa nation si elle ignore les sacrifices de ses illustres ancêtres?

À propos B.A.

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