Infos
Accueil » Économie » Travaux des 3ème Assises du tourisme: «Il faut moderniser et digitaliser»

Travaux des 3ème Assises du tourisme: «Il faut moderniser et digitaliser»

Comme attendu, les 3ème Assises du tourisme se sont ouvertes, hier, au palais des Nations à Alger pour un diagnostic serein ou plutôt une évaluation des derniers développements qu’a connus ce secteur, caractérisé par un bond qualitatif pour 2018, hormis la subsistance de plusieurs lacunes dans la gestion et la prestation de services. Dans une salle archicomble, le ministre, accompagné de ses hôtes parmi le staff gouvernemental, a lancé le coup d’envoi officiel de ce grand rendez-vous touristique, tenu notamment en présence et en concertation avec tous les acteurs activant dans cette sphère entre autres DG des EGT, des établissements hôteliers, de l’ONT et l’ONAT, tour opérators, etc… Le représentant du PNUD a dans sa communication de circonstance mit en exergue les garde-fous qui peuvent booster le tourisme et le hisser aux normes internationales. Parmi ces facteurs ou garde-fous, Rémy Poliwa a instruit les présents sur la nécessité de création de valeur ajoutée qui doit crescendo commencer par la base grâce aux petites activités locales pour arriver au sommet. Cette intervention du représentant du PNUD aborde les différentes étapes pour concrétiser ce qu’il a appelé communément comme chaîne de valeur pour mieux avancer dans le secteur du tourisme qui reste tributaire, selon ses propos, de technologie pour la création de richesse, la disponibilité des équipements pour les jeunes créateurs de projets et l’accompagnement de ces équipements. Il faut aussi, poursuit l’orateur, la disponibilité des outils de production, l’ouverture de guichets, la mise en place des outils pour l’activité économique et enfin la visibilité du secteur du tourisme, conclut-il. Après la projection de film publicitaire du réalisateur et producteur, Saïd Oulmi, sur les grandes réalisations du secteur du tourisme et de l’artisanat, les experts algériens Bénard, Nafa et Benariba sont tour à tour passés au podium pour expliquer et évaluer la mise en œuvre du plan directeur d’Aménagement touristique SDAT pour la période de 2008-2018. Qu’en est-il réellement du SDAT au niveau local, se sont notamment interrogés les experts par exposer les différentes approches sur cet aspect pour comprendre et analyser les objectifs et faire sortir les insuffisances et les contraintes de ce schéma au niveau local. Ce schéma est appelé, selon le représentant du CREAD, à se développer grâce aux offices et aux DTA et au conseil de développement touristique pour la réussite de ce secteur ainsi que l’amélioration de l’image de l’Algérie, selon cet expert. Dans cette intervention de qualité, il a passé en peigne fin les entraves ayant freiné le tourisme par s’interroger toujours sur les objectifs assignés au SDAT sur les carences ayant entravé cette survie entre autres le développement et l’aménagement du territoire, la banque de données, l’investissement. Les DTA sont intervenus à plus d’implication pour contrecarrer les insuffisances du schéma au niveau local. Parmi aussi ces entraves, il s’agit du réaménagement des prix des transports et des billets d’avion pour les voyagistes par fustiger le rôle des agences de voyage si on peut générer des devises et la diversifier. Dans son allocution de circonstance, le ministre du Tourisme et de l’Artisanat est revenu sur les différents péripéties de ce processus de redynamisation du tourisme devenu désormais selon le niveau concept de « Renouveau », puisque c’est un secteur stratégique, créateur d’emplois et générateur de devises qui jouit de tous les atouts par la diversification de son riche éventail et ses différentes facettes touristiques. AEK Benmessaoud a énuméré ses différentes étapes que sont l’évaluation du SDAT, les estimations de plusieurs activités, l’investissement, les 850 projets en voie de réalisation, l’objectif d’atteinte des 225 ZET, les infrastructures, l’investissement et enfin les différentes facilitations accordées dans la loi de Finances de 2009 concernant les exonérations d’impôts pour l’importation des équipements pour les investisseurs. Le ministre renchérit devant les présents après ce tour d’horizon par signifier l’importance de la concertation par reconnaître l’existence d’insuffisances et carences en dépit des 193 centres de formation existants. Rencontré en marge de ces Assises qui se tiennent pendant deux journées consécutives au palais des Nations, sous l’égide du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, l’ex-conseiller au ministère nous fera une précision sur le SNAT et le SDAT. En effet et selon M.Tazrout, il faut lever tout amalgame entre ces deux schémas puisque le SDAT découle du SNAT adopté en 2008 et doit être revu tous les 05 ans selon les prescriptions contenues dans le Sénat. Cependant, notre interlocuteur précise que 02 Assises du tourisme ont eu lieu dans ce même édifice car ces Assises ouvertes, hier, devraient d’abord se pencher sur l’évaluation et le bilan des actes des Assises de 2013. Selon M.Tazrout, ex-conseiller au ministère du Tourisme, ces Assises devraient avoir pour principal objectif de s’intensifier plus dans les objectifs du développement durable de 2030, arrêtés par les Nations Unies. Les travaux de la séance de l’après-midi ont été consacrés aux 04 ateliers sur l’offre touristique, la gouvernance des destinations, le management touristique et enfin le dernier atelier consacré aux enjeux et défis du développement du tourisme et de l’artisanat en Algérie. La clôture de ces Assises aura lieu, aujourd’hui, après lecture des recommandations des ateliers et l’allocution de clôture de AEK Benmessaoud.

À propos Nadira FOUDAD

Un commentaire

  1. le secteur n’a jamais constitué une priorité malgré les discours politiques qui voulaient plus être dans l’air du temps que de développer une démarche d’avenir. Passé la liesse de l’indépendance, l’Etat a préféré investir dans l’industrie lourde au détriment d’une industrie de transformation et de services. Aujourd’hui, les choses semblent avoir changé. Le ministre parle même « d’un autre contexte mondial. Le pétrole est appelé à connaître une régression dans les prochaines décennies. Il faut absolument développer des ressources alternatives comme le tourisme ». Le secteur est désormais perçu comme créateur de richesses et d’emplois et un substitut aux hydrocarbures. Des potentialités énormes ont été recensées et des forces existent pour sa mise en œuvre. La reconnaissance politique est réelle, mais suffira-t-elle à faire bouger les choses et faire prendre conscience que le tourisme est désormais un secteur économique à part entière ? Le ministère a sollicité des experts internationaux et le Centre national d’études et d’analyses pour la population et le développement (Ceneap) pour faire une expertise sans complaisance de la situation actuelle et mieux connaître le marché national et international ainsi que les attentes des touristes. Une base de données a été largement actualisée et un schéma directeur d’aménagement touristique (SDAT 2025) a été soumis à réflexion et enrichissement durant les assises régionales. L’objectif de l’Algérie est de passer du statut de pays émetteur à celui de pays récepteur. Le challenge est aussi de savoir comment développer l’image de marque de la destination Algérie. Le pays souffre aujourd’hui de son image dégradée sur le plan international : certaines représentations mentales négatives très exagérées (image de désordre, d’insécurité, de pays fermé, de traditionalisme excessif) et son absence d’image et de notoriété touristique. Dans ce cadre, il est urgent de créer la « Maison Algérie » et un portail unique et fédérateur du tourisme algérien. Cette institution aura un rôle de premier plan dans la promotion et la visibilité de notre pays au niveau national et international. Elle aura pour rôle de distribuer de l’information, assurer une mission de relation presse et relations publiques, organiser la participation des professionnels mais surtout organiser une veille de l’évolution des marchés tant de l’investissement touristique (relations avec les grands opérateurs) que des motivations, des habitudes de consommation et des comportements d’achat des touristes. Notre participation aux salons spécialisés étrangers, certes nécessaire, doit être aussi repensée. Il ne suffit pas de planter le décor d’un stand, de distribuer quelques brochures et faire un speech pour avoir la faiblesse de croire que le message est passé. L’appel aux nouvelles techniques de promotion et de marketing, l’utilisation intense, multiple et variée d’internet conjugués aux modifications structurelles qui portent sur la méthode de conception et de gestion des destinations nouvelles sont également autant de facteurs de transformation de la demande touristique et des indicateurs significatifs pour la définition des stratégies de conquête de marchés. Les NTIC et internet sont utilisés fortement dans le domaine de la réservation et il est ainsi indispensable que nos hôtels y recourent de manière systématique. Il est absolument indispensable d’investir dans l’immatériel, la qualité et la prestation. Il faut aussi valoriser la formation. Sur la base d’un benchmarking et d’études comparatives des marchés, il a été mis en exergue que « la Tunisie, le Maroc et la Libye sont des concurrents directs de l’Algérie ». A l’horizon 2010, la Tunisie, le Maroc et l’Egypte tablent chacun sur un flux de 10 millions de touristes. A l’horizon 2015, les pays du Maghreb offriront aux visiteurs internationaux les mêmes produits et thèmes touristiques : tourisme d’affaires, mer, soleil, désert, thalassothérapie, pèlerinage, histoire, culture, sport et écologie. L’Algérie se doit de s’intégrer dans cette dynamique internationale. Il faut savoir aussi que les 21 pays du bassin méditerranéen restent la principale destination touristique mondiale avec 34% des arrivées de touristes internationaux (260 millions), ce qui en fait la principale région touristique du monde et 30% des recettes générées par le tourisme international. L’ensemble des pays riverains de la Méditerranée recevrait, selon les projections de l’OMT, près de 400 millions de touristes en 2020.
    LA QUALITE LAISSE À DESIRER
    Deuxième facteur important : la qualité qui ne signifie pas transformer l’espace touristique algérien en une succession d’aménagements haut de gamme réservés uniquement à une clientèle à très fort pouvoir d’achat. Il s’agit au contraire de concevoir la qualité comme une parfaite adaptation de l’offre touristique algérienne aux attentes des différents segments de marché y compris les plus populaires. Le tourisme n’est pas un produit de consommation classique. Il s’agit d’une expérimentation liée à une sensation, une émotion particulière, une rencontre, une qualité d’organisation, d’hébergement, d’accueil et une fluidité des services en général. Le marketing touristique devient dans ce cadre primordial. Ce processus de management permet aux entreprises et organisations touristiques d’identifier leur clientèle, actuelle et potentielle, de communiquer avec elle pour cerner ses besoins et influencer ses désirs et motivations au niveau local, régional, national ou international afin de formuler et adapter leurs produits en vue d’optimiser la satisfaction touristique et maximiser leurs objectifs organisationnels. Les investisseurs doivent aussi bénéficier de facilités. Cherif Rahmani se félicite de leur engagement et affirme qu’une quinzaine d’investisseurs étrangers ainsi qu’une quinzaine d’investisseurs nationaux « sont en train d’élaborer leur plan d’aménagement et mobilisent leur financement. Nous pensons que d’ici quelques mois, nous allons amorcer la réalisation d’un certain nombre de villages touristiques d’excellence ». L’Algérie est en construction touristique. Notre pays tente d’avoir une place au soleil dans le marché mondial au regard de ses atouts et potentialités. Quel type de tourisme est prioritaire ? Selon le département de Rahmani, aucun n’est à négliger. Il y a le balnéaire, le tourisme d’affaires et de ville, de soins et de santé très recherché par les nationaux et le culturel. Le produit d’appel est le tourisme saharien. « On n’a pas à choisir. Il faut un mix car l’Algérie est diverse », souligne Cherif Rahmani. La synthèse des actes des assises régionales du tourisme sera présentée. L’Algérie veut s’inspirer des expériences réussies : la portugaise dans le domaine du tourisme balnéaire, la sud-africaine dans la construction de l’image de la destination, l’allemande dans le domaine du tourisme écologique et l’expérience jordanienne dans le domaine du tourisme culturel. Une méga-exposition des projets des investisseurs nationaux et internationaux inaugurera cet événement. Nous sommes au début d’un processus que l’Algérie devra mener à terme .
    Les 11 handicaps du secteur
    Le produit touristique national demeure remarquable par des atouts indéniables, mais insuffisants pour le développement touristique du pays, au regard de 11 handicaps qui ont été recensés et confortés par les visites d’imprégnation sur le tourisme. Il s’agit de :
    absence de lisibilité des produits du tourisme algérien
    sous-capacité de l’hébergement et de l’hôtellerie,
    mauvaise qualité de l’hébergement et de l’hôtellerie,
    manque de professionnalisme des voyagistes,
    manque de qualification et de performance des personnels,
    faible qualité du produit et des prestations du tourisme algérien,
    faible pénétration des technologies de l’information et de la communication dans le tourisme,
    transport et accessibilité de faible qualité,
    banques et services financiers inadaptés,
    sécurité, gouvernance et organisation inadaptées au tourisme moderne
    déficit du marketing de la destination Algérie.

Répondre à SARL HORIZONS-TOURISME SARL HORIZONS-TOURISME Annuler la réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*