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Prélèvement d’organes sur cadavres: Toutes les conditions réunies, mais…

Peut-être que le créneau sera-t-il plus enclin à se développer grâce aux transplantations sur cadavres durant cette année. Le prélèvement d’organes à partir de cadavres longtemps considéré comme une chimère est-il possible et palpable dans les hôpitaux. Quoique des spécialistes estiment que des «obstacles persistent encore» avant d’atteindre ce stade de haute performance. Il faut reconnaître que c’est en raison du manque d’organe disponible ainsi que du vide dans la législation en vigueur, que les praticiens n’étaient pas en mesure de mettre en pratique certaines opérations délicates de transplantation sur des cadavres en raison du danger qui peuvent en résulter. En plus, ce type de transplantation qui exige une performance et une formation qualifiée était le plus souvent conditionné par l’aval de la famille ou proche de la personne décédée à qui appartient le cadavre. Force cependant est d’admettre qu’aujourd’hui, cela est devenu une réalité. Le secteur de la santé a ainsi levé une « épine » qui pesait sur les médecins. Les transplantations de reins ou de la cornée ont subi une révolution. Le calendrier des malades candidats aux greffes dont des enfants est, d’ores et déjà, tracé pour 2019. Une agence nationale de greffe a été installée. De même qu’une loi de la santé a vu le jour en 2018. Ensuite, c’est parce que les conditions de mettre en pratique cette technique chirurgicale sont réunies. Le président de la Société algérienne de transplantation d’organes (SATO), Pr Ali Benziane, a affirmé, vendredi à Alger, que toutes les conditions étaient réunies pour commencer le prélèvement d’organes sur cadavres. Ce dernier qui intervenait lors des travaux du 10ème congrès de la SATO, a livré les éléments d’information du processus permettant aux malades d’aspirer à des greffes à partir de cadavres. Il a déclaré que les pouvoirs publics « ont garanti les conditions requises pour procéder au prélèvement d’organes sur cadavres suite à la promulgation en 2018 de la nouvelle loi sur la santé et l’installation de l’Agence nationale de greffe outre la sensibilisation de la société ». Le Pr Benziane également chef de service d’hémodialyse au Centre hospitalo-universitaire Mohamed Lamine Debaghine de Bab El Oued (ex. Maillot), a fait savoir que son service avait repris les greffes rénales et ce, à la faveur de la formation d’équipes médicales pluridisciplinaires. Ces dernières ont effectué 13 interventions en 2017 et 25 autres en 2018. Il a fait état, en outre, d’une première transplantation rénale sur un enfant de trois ans en coordination avec l’établissement hospitalier spécialisé (EHS) en maladies cardiovasculaires Mohand Maouche Amokrane (Alger). Il ajoute que 05 autres enfants sont programmés pour la même opération en 2019. Le président de la SATO précise que la liste des enfants nécessitant une greffe rénale en Algérie était beaucoup moins importante que celle des adultes. Il a évoqué le programme tracé par le CHU de Bab El-Oued dans ce domaine. Le Pr Benziane a exprimé la disposition des spécialistes pour le développement de la greffe rénale à travers le prélèvement d’organes sur cadavre. Pour sa part, le chef du service de chirurgie cardiovasculaire à l’EHS Mohand Maouche Amkrane, le Pr Hamid Kanoun, a rappelé que « plus de 500 opérations de greffe rénale ont été effectuées au niveau de cet établissement, dont 60 au profit d’enfants », faisant savoir que « depuis le lancement des greffes en 2006, cet établissement a accueilli 50% des patients issus des différentes régions du pays ». Dans le même ordre d’idées, le chef de service de médecine légale au CHU Mostapha Pacha, le Pr Rachid Belhadj, a fait remarquer qu’en dépit de la réunion de toutes les conditions pour entamer la greffe d’organes à partir de cadavres, des obstacles persistent encore et qu’il a espéré voir aplanis grâce aux mécanismes mis en place par les pouvoirs publics, et qui sont à même, a-t-il estimé, de dynamiser la greffe d’organes en Algérie.

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