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Mostaganem: Yennayer une fête pas comme les autres

Yennayer approchant à grands pas, la semaine culturelle amazighe sera célébrée du 6 au 12 janvier pour la première fois officiellement à travers le pays. Pour marquer l’évènement, à Mostaganem on s’y prépare également. Les cérémonies de la fête consistent surtout à préparer le jour qui précède Yennayer par un repas frugal que l’on appelle ‘’cherchem’’ qui est composé le plus souvent de fèves sèches, pois chiches et blé en grain dans un bouillon léger puis le lendemain consommer un repas copieux avec de la volaille et le tride (feuille en semoule) en signe de prospérité sans omettre les beignets. Le temps d’une soirée, les meïdas sont garnies et dans une terrine avec une floraison de friandises, figues sèches dattes et toutes sortes d’arachides, les fruits et de la confiserie, le tout agrémenté d’une collation à base de thé à la menthe. Les mamans ou les grands-mères confectionnent aussi des bourses en tissu qu’elles remplissent de ces délices aux enfants de même que pour les adultes gourmands. En plus de la cérémoniale traditionnelle, la fête se fait aussi sentir dans la rue. Avec des décors éblouissants surtout sur les étalages des commerçants. Au niveau de tous les marchés couverts ou à ciel ouvert, dans tous les souks hebdomadaires, en ville et dans les bourgades, les marchands mais aussi les vendeurs informels ont momentanément changé de vocation commerciale. La fête de Yennayer est fêtée depuis des lustres avec ferveur et respect à Mostaganem. Alors que pour les uns, cette fête consiste en un menu spécial d’une soirée, le temps de réunir toute la famille tandis que pour d’autres, c’est une fête rituelle qu’il s’agit de célébrer exceptionnellement. Pour beaucoup de commerçants l’événement demeure l’aubaine la plus festive. Les noix de chez nous ou de l’étranger sont proposées entre 800 et 1.000 DA/kg, les noisettes à 1.500 DA le kilo, les amandes entre 800 et 1000 DA/kg, les pistaches qui dépassent 2.000 DA/kg, les cacahuètes à 400 DA/kg, les figues qui dépassent 400 DA/kg, les bananes à 350 DA/kg, les pommes entre 300 DA et 400/kg, ou les mandarines et les clémentines à 200 DA/kg, c’est là un large aperçu des tarifs affichés là où vous passez! Pour ce Yennayer de 2019, l’occasion est offerte aux marchands, surtout véreux, de se frotter une nouvelle fois les mains. Quant aux clients, les marchés ne désemplissent pas et on a du mal à se frayer un chemin parmi les étals. Cela est également perceptible à travers les souks hebdomadaires. La “température” de la mercuriale de tous ces produits tant prisés pour la célébration de cette fête ancestrale révèle que les prix ne cessent de battre les records. Sans le moindre scrupule, on augmente davantage, sans souci à l’égard du client se plaignant de la dégradation de son pouvoir d’achat, mais tout aussi frénétique dans sa course vers les étals. Bon gré, mal gré, chaque père de famille succombe à la tentation en osant des achats selon son portefeuille. La demande évoluant crescendo jusqu’à la veille du jour J. Par leurs prix relativement plus bas, les produits locaux paraissent plus abordables pour les petites bourses. Compte tenu de leur dénuement, on tente de les appâter par des “mélanges” des arachides, de dragées et de dattes sèches proposées entre 600 et 800 DA/kgs. Sans merci la mercuriale des fruits, locaux ou exotiques (exotique de ce qu’il en reste sur le marché), inscrits sur la liste de Yennayer, ne s’est guère empêchée de s’emballer ces derniers jours. L’avènement du nouvel an donne lieu à une ambiance particulière, empreinte de ferveur, de joie et de communion.

À propos Charef Kassous

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