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Point de Vue: Le Senat: jeux et enjeux

La Chambre haute du Parlement n’est pas une Institution comme une autre. Nous sommes au Parlement. Son président est le deuxième personnage le plus important du pays après le président de la République. Ce n’est pas pour rien que l’on se tue pour s’assurer un siège dans cette grosse Institution élue. Je viens d’apprendre il y a quelques jours, qu’un député de la région d’Oran, mi instruit mi illettré, avait réussi le pari d’arracher la dignité de sénateur, grâce à une fortune, frôlant les 07 milliards de centimes qu’il avait dilapidés pour les beaux yeux de cette dignité de sénateur. Mon ami qu’il le connaît bien, m’a affirmé que ce type serait incapable de définir, c’est quoi au juste une Loi Des Finances pour laquelle il a été – soi-disant «élu» pour l’approuver ou la désapprouver, en tant que député de la Nation au Conseil de la Nation. Le pouvoir de la Chkara risque de mener le pays à la dérive, bien qu’il n’y soit pas très loin. Cette option du pouvoir de la finance «illettrée» risque de compromettre l’avenir politique du pays. Non seulement, elle ouvre les portes au pouvoir de l’argent sans scrupule mais, elle concoure à l’éclipse des élites intellectuelles et hautement instruites des rênes du pouvoir. Nous savons bien qu’au niveau des deux Chambres du Parlement national, le nombre de députés et de sénateurs qui seraient globalement incapables de s’ajuster au niveau politique et scientifique des débats tenus de cette Institution élue, serait affreusement important. Sommes-nous un peuple ou des agrégats d’illettré,  après plus d’un demi-siècle d’indépendance et les efforts majestueux et louables consentis, en vue de vulgariser la culture et le savoir, toujours incapables de mettre sur pied des Institutions élues avec des députés instruits et suffisamment cultivés, représentants savamment et dignement leurs concitoyens et apportant un plus aux centres de décisions politiques du pays ? Oui, certes l’on ne veut guère des têtes chaudes rouspéteuses et exigeantes. Tenaces et coriaces en matière de contrôle et de législation vis-à-vis de l’exécutif. L’on veut des têtes apprivoisées, domestiquées à volonté de Beni Oui Oui, rappelant la sinistre Assemblée algérienne de l’époque coloniale. Comme ça, l’on a officiellement et devant tout le monde, des Institutions élues. Mais en vérité, elles sont vides de substance. Aucun Etat ne pourra marcher correctement, aucun Etat de droit ne saurait exister, aucun pour exécutif ne sera efficace, sans un pouvoir législatif puissant et responsable et sans un pouvoir judiciaire répressif. C’est ça ou rien pour sortir de cette situation de faire semblant.

alkaderdz62@yahoo.fr

À propos A. BenAbdellah

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