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Crânes de résistants algériens Bruno David évoque la complexité du processus de restitution

Ces derniers qui ont réagi, ont vivement condamné cette manière de faire du pays colonisateur ainsi que l’exposition de ces restes d’êtres humains qui est contraire à la religion. Ils ont évidement mené une campagne tambour battant afin de les restituer et les inhumer. Ce n’est, cependant, pas le même son de cloche en France où la question de restitution des crânes de résistants algériens est vue autrement et traitée plutôt « politiquement » «qu’humainement». La France est-elle, pour ainsi dire, en train de négocier l’histoire? En témoignent les déclarations du président du Muséum national d’histoire naturelle, Bruno David. Celui-ci a, en effet, évoqué devant les députés de l’Assemblée française la complexité du processus de restitution des crânes des résistants algériens réclamés par l’Algérie. Il souligne « toute la complexité» que supposerait, selon lui, une possible restitution de ces restes d’humains algériens. « En tant que dépositaires des collections, nous devons évidemment en prendre soin, mais nous n’avons pas le droit de les céder. Cela peut d’ailleurs poser des problèmes éthiques: nous conservons des crânes de résistants algériens du XIXe siècle que l’Algérie réclame, mais, dans la mesure où ils ne nous appartiennent pas, je ne peux pas les restituer sans suivre un processus assez compliqué », explique-t-il. Ce dernier s’exprimait lors de son audition par la Commission du développement durable et de l’aménagement du territoire, le 7 décembre. Le compte-rendu de cette commission a été publié mardi. Il a précisé que le processus obéit à des règles, du point de vue éthique, « afin de protéger la propriété intellectuelle et le patrimoine de chaque pays, mais elles compliquent sensiblement la vie du Muséum ». A l’argumentaire, il indique qu’il faut « garantir la traçabilité des matériels et être prêt à les restituer en fonction des situations ». Il a affirmé que « c’est loin d’être simple » pour les crânes humains. Dans une interview accordée à l’APS, le 31 octobre dernier, le ministre des Moudjahidine, Tayeb Zitouni avait indiqué que les démarches « vont bon train » pour récupérer ces ossements et les enterrer en Algérie. Il souligne aussi que « la dignité humaine est sacrée et doit être respectée même pour les morts et que rien ne justifie, ni moralement ni idéologiquement, que ces ossements soient laissés dans la situation déplorable actuelle ». Pour sa part, le directeur des collections au Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) de Paris, Michel Guiraud, avait dit que son institution était « prête » à examiner « favorablement » la demande de restitution des 36 crânes de chouhada, résistants algériens morts au champ d’honneur au début de la colonisation française, conservés depuis plus d’un siècle. « Nous sommes prêts à examiner favorablement la demande de restitution des crânes des Algériens, conservés dans notre musée », a a-t-il affirmé dans un entretien. Il a indiqué qu’il y a cependant « un chemin à prendre » sur le plan procédural pour que la demande soit prise en considération. « Pour leur restitution, il y a un chemin à prendre. Nous reconnaissons le droit de la famille et celui des descendants relayés par leur Etat », a-t-il dit, soulignant que les demandes « doivent passer par le canal diplomatique et non pas par une association qui n’a pas un droit particulier par rapport aux restes humains ». Une pétition a été lancée en ligne, rappelle-t-on, par un universitaire algérien Brahim Senouci pour rapatrier en Algérie ces restes afin d’ »y recevoir une digne sépulture ».

À propos B.H.

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