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Partis politiques à l’approche des élections Le linge sale se lave-t-il en famille

Du rififi et du pain sur la planche meublent l’actualité de certains partis politiques secoués par plusieurs crises organiques. Pourquoi plusieurs formations politiques ont décidé la tenue de leur conseil et session ordinaire pendant ce week-end? Ce timing n’est sûrement pas fortuit, les formations politiques telle le RND, le FFS, le TAJ et l’ANR seront en conclave à partir d’aujourd’hui avec leurs militants. Veulent-ils remettre les pendules à l’heure ou laver le linge sale en famille après ce vent de discorde qui s’est abattu sur leurs états-majors à quelques encablures des futures joutes électorales prévues en 2017 ? La situation organique est le motif retenu par les responsables des partis au moment où le scepticisme est de rigueur pour le FLN qui est revenu en force en essayant de resserrer les rangs dans la maison. Aujourd’hui, le Rassemblement d’Ahmed Ouyahia tiendra son Conseil national les 15 et 16 décembre à la mutuelle des matériaux de construction de Zeralda dans l’Ouest d’Alger. Son premier responsable tiendra le 17 du mois, c’est-à-dire samedi prochain, une conférence de presse comme à l’accoutumée pour répondre aux interrogations des journalistes. C’est ce qui a été annoncé par Abdallah Bousbaâ, conseiller du secrétaire général du parti, Ahmed Ouyahia. Ce Conseil national ordinaire sera consacré à l’analyse de la situation générale du pays, à l’examen de la situation organique du parti et à la préparation des prochaines élections législatives. Ce conseil intervient dans un contexte tendu au sein de cette formation politique, traversée par plusieurs crises organiques. Pour Nouria Hafsi, présidente de l’UNFA et selon la parlementaire Saliha Mekaref qui aurait accumulé deux mandats locaux avant de briguer un siège au niveau de la chambre basse, le recours à la commission de discipline locale de Saïda est une condition sine qua non avant de bénéficier de la sentence du parti. Or, la présidente de l’association féminine peut contester la décision de discipline devant la commission locale de Saida, ce qui, d’ailleurs, reste impossible vu que le responsable local du parti serait inscrit aux abonnés absents, selon les propos de Nouria Hafsi. Celle-ci a affiché clairement sa disponibilité à se présenter devant la commission de discipline de sa ville natale après avoir fait l’objet de sanction pour avoir contesté la confection des listes électorales dont certains inscrits, dit-elle, «ne sont pas de vrais militants». Pour ce qui est du cas de Tayeb Zitouni, les députés contestent son comportement pour la simple raison que le parti lui a permis de siéger pendant 15 années en tant que P/APC d’Alger-Centre. Kacem Kébir, ex-membre du CNT et Mokhtar Boudina, ancien cadre du ministère de l’Environnement et membre fondateur du mouvement de la jeunesse et du RND en 1997, se voient réellement lésés par la direction du parti. La direction du parti leur a répondu en les qualifiant de «groupuscule minoritaire qui veut imposer son diktat». Quatre de ces frondeurs ont d’ailleurs été convoqués par la commission de discipline, suite à leurs sorties médiatiques «attentatoires à l’image et au prestige du RND», selon les élus de la chambre basse. Ils laissent entendre qu’ils pourraient s’engager dans les prochaines élections législatives avec des listes «concurrentes» et pourraient donc tenter de chahuter la campagne électorale du parti. Ils estiment qu’il est «inacceptable de se taire» face aux «pratiques antidémocratiques» qui règnent au sein du RND et appellent les militants à la mobilisation. Par ailleurs, le FFS fait, lui, face à un vrai vent de contestation qualifié par ses responsables de campagne de déstabilisation depuis le décès de feu D’A l’Hocine. Le cas du militant de Béjaia a été la goutte qui a fait déborder le vase pour porter atteinte à l’image du parti, selon Battatache. Le député Bouaiche avait situé les priorités de son état major en évitant la dispersion des militants. La guerre de tranchées a bel et bien commencé depuis que le premier responsable a jeté l’éponge pour cause de manœuvres déstabilisatrices. Des militants de Béjaia et de Bouira ont, de leur côté, dénoncé ce qu’ils ont qualifié de «putsch» depuis la mort du membre fondateur du parti. Au TAJ, les démissions pleuvent au niveau du bureau pour cause de confiscation de listes électorales. Amar Ghoul avait annoncé qu’il ne ferait aucune alliance avec d’autres formations politiques et que son état major irait seul aux élections législatives. L’ANR, de son côté, ne sait plus sur quel pied danser depuis que son premier responsable a quitté cette formation politique.

À propos Nadira FOUDAD

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