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Mostaganem: Eradiquer les réseaux pour stopper l’émigration clandestine

Comme sur l’ensemble des côtes de l’Ouest algérien, Mostaganem est considérée comme une espèce de plateforme de l’émigration clandestine vers les côtes de la péninsule ibérique. Cette tragédie qui frappe les jeunes algériens en quête d’un meilleur avenir souvent aléatoire pour ne pas dire utopique, reste arbitraire par désinformation sur ce prétendu meilleur avenir. Les uns tentent de dire pour motif d’absence de perspectives, d’autres avancent le motif de la mal vie, certains prétendent qu’il s’agit d’un phénomène mondiale etc…. mais rien ne justifie le suicide en masse par noyade.
Car l’absence de statistiques officielles qui ne dénombre que les arrestations des  »harragas » ou les expulsions des centres de détentions européens, les chiffres des disparus restent inconnus même importants. Un phénomène, oui en effet c’en est un comme il y en a d’autres en Algérie que les pouvoirs publics ont combattu et même éradiqué. Les réseaux des crimes ou de contrebande se constituent et s’organisent selon les opportunités. Celui de la drogue, celui de la prostitution, de la traite des femmes, du rapt d’enfants, de la constitution de bidonvilles et même celui de la  »Harga ». Pour ce dernier phénomène, il y a aussi des réseaux organisés. Des réseaux qui disposent de moyens pour l’acquisition des équipements (barques, moteurs, gps, baromètres, lampes torches, carburant, gilets de sauvetage et autres nécessaires etc….. Ces réseaux en général ne sont visibles ni sur les réseaux sociaux ni ailleurs, ça marche en général par contactes interposés. Des réseaux qui font un travail de marketing et de désinformation à travers des Algériens clandestins ayant déjà fait la traversée. A l’occasion de rencontres de jeunes, des éléments du réseau provoquent des communications pour dire qu’ils vivent bien de l’autre côté de la méditerranée. Pour la désinformation, les réseaux utilisent aussi la toile de façon anonyme. Le choix de la plage de départ n’est connu qu’à la dernière minute une fois que les conditions climatiques le permettent. Souvent on choisit les jours fériés ou les dates qui coïncident avec les fêtes religieuses, les fêtes nationales et autres car la surveillance est relâchée. La plage pour enfouir la barque dans le sable. L’embarcation en général est transportée dans un fourgon mais jamais tractée. Les deux moteurs hors bord, en état de marche, un deuxième servirait en cas de panne en haute mer. Les contactes pour les rendez-vous du départ sont classés  »top secret » jamais par téléphone. Pour connaître la date et l’heure du départ on vous contactera par des moyens que les réseaux mettent sur pied à la dernière minute seulement si le  »harrag » s’est acquitté du montant du voyage. Du secret d’abord pour ne pas alerter les services de sécurité mais surtout que d’autres candidats de dernière minute ne se présentent pas voulant faire le voyage par la force et sans payer. On ne traverse pas la mer pour aller de l’autre côté s’il n’y a pas organisation investie. Aujourd’hui, pour éradiquer le phénomène, il faut réglementer le mouvement des embarcations et celui des moteurs au même titre que la circulation des armes à feu. C’est en contrôlant les achats et les ventes des embarcations et celui des moteurs qu’on bâillonne les réseaux et de là la  »Harga ».

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