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Assassiné en 1965 à Paris par le régime marocain avec l’aide de la DGSE et le Mossad: La famille Ben Barka interpelle Macron

Plus de cinquante ans après son assassinat dans des conditions troublantes à Paris, la famille de l’opposant marocain Mehdi Benbarka réclame toujours la vérité sur ce crime d’Etat au temps de Hassan II, qui a gouverné avec une main de fer pour se maintenir au trône. En effet, la famille de l’opposant marocain Mehdi Ben Barka ne lâche pas prise, elle vient de demander, par la voix de son fils Bachir Ben Barka, au président Emmanuel Macron et au roi Mohammed VI d’aider à élucider les circonstances de sa disparition en 1965 à Paris. « Les circonstances de sa mort ne sont toujours pas élucidées, sa sépulture nous est toujours inconnue (…). Pour ma mère et ses enfants, cette situation est humainement insupportable », a écrit son fils, Bachir Ben Barka, à la veille d’une visite d’Emmanuel Macron au Maroc pour inaugurer la ligne à grande vitesse entre Tanger et Casablanca. « Vous seuls êtes en mesure de faire les gestes adéquats et prendre les décisions nécessaires qui feront que cette affaire sorte de l’impasse dans laquelle elle s’embourbe », a-t-il ajouté. L’avocat de la famille, Maurice Buttin, espère quant à lui «qu’un jour, à force de rappeler l’affaire, cela paiera », en demandant à la France qu’elle « communique l’ensemble des dossiers de la DGSE » (services secrets) concernant l’affaire et que le Maroc exécute les commissions rogatoires lancées par la France».
Cette affaire de la disparition de l’opposant marocain est la plus ancienne instruction en France qui court depuis…1975 dont plusieurs commissions rogatoires internationales ont été délivrées par la France. Mehdi Ben Barka a été enlevé le 29 octobre 1965 devant la brasserie Lipp à Paris lors d’une opération menée par les services marocains avec la complicité de policiers et de truands français. Le corps de cette figure de proue du mouvement anticolonialiste Marocain, n’a jamais été retrouvé et sa famille s’interroge toujours sur « son sort, sur l’identité de ses assassins, sur les responsabilités exactes de la France et du Maroc ou même d’Israël et des Etats-Unis ». Il convient de rappeler qu’en 2008, l’affaire a connu un nouveau rebondissement avec la publication d’un livre écrit par Shmouel Seguev, journaliste israélien. Préfacé par un ancien chef du Mossad, le service d’espionnage israélien, Ephraïm Halévy, le livre consacré exclusivement à cette affaire sous le titre « Le lien marocain », et écrit en Hébreu a divulgué, pour la première fois, la relation secrète dans cette affaire entre Israël et le Maroc. D’après l’auteur de ce livre, le repérage de l’opposant Marocain et sa localisation ont été fait grâce au coup de main du Mossad, affirmant que «Ben Barka, qui voyageait beaucoup à travers le monde, se servait d’un kiosque à journaux à Genève comme boîte postale où il venait récupérer son courrier, et le Mossad a donné cette information à Dlimi », ce dernier est général responsable des services secret Marocaine au temps de Hassan II. Plus loin encore le livre révèle que «Ben Barka a rencontré en 1960 un haut responsable du Mossad pour lui demander –en vain– une aide financière et en armes afin de renverser le régime chérifien » ce que David Ben Gourion, le fondateur d’Israël, ne tardera pas à avertir le roi du Maroc en personne. Concernant les circonstances de son assassinat, Shmouel Seguev raconte, dans un entretien à l’AFP que «le 29 octobre 1965, Ben Barka est arrivé à Paris en provenance de Genève. Il a déposé ses valises chez son ami Jo Ohanna, un juif marocain, et s’est rendu à pied à la brasserie Lipp pour y rencontrer un journaliste français, quand deux policiers français en civil l’ont interpellé et conduit dans une voiture de location jusqu’à une villa au sud de Paris». Concernant toujours les circonstances de l’assassinat de Ben Barka le journaliste Israélien précise que «le général Dlimi ne voulait pas le tuer, mais lui faire avouer son intention de renverser le roi Hassan II », en ajoutant encore que «Ben Barka avait les chevilles entravées et les mains nouées dans le dos, et Dlimi lui a plongé la tête dans un bac rempli d’eau. A un moment donné, il a pressé trop fort sur ses jugulaires, l’étranglant ainsi à mort », a-t-il raconté. Après la mort de Ben Barka ce même auteur affirme que « le ministre marocain de l’Intérieur, le général Mohammed Oufkir, chef de la police secrète, est ensuite arrivé à Paris pour organiser l’enterrement, qui s’est déroulé, ajoute-t-il encore, à Paris, quelques jours après le décès, dans un lieu que l’auteur de ce livre décrive comme étant « une aire en construction, où il y avait du béton et du ciment, aux abords de l’autoroute du sud». Avec toutes les révélations faites jusque-là, il faut dire que le Maroc a non seulement était aidé par les services Français mais aussi par le Mossad pour éliminer cet opposant de la monarchie chérifienne du Maroc.

À propos Hocine Smaâli

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