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Pôle & Mic: Un clin d’œil à Rachid Mimouni: écrivain oublié

L’écriture romanesque dégage des effluves de résilience; l’art de l’écriture fertilise l’harmonie des mots faisant clignoter une lumière vespérale sur le devenir psychique de chaque lecteur. De ce fait, la littérature en général s’intéresse à la trame narrative, car elle est le meilleur moyen de saisir l’intuition romanesque, associée à l’esthétique du verbe mélodieux. La hardiesse imaginative de l’écrivain a la capacité d’impressionner nos sens, notre vécu ….La publication des romans ne cesse de receler des trésors de réminiscences, voire de compréhensions sociologiques sur le vécu social des individus. En un mot au-delà de l’écriture qui peut être un purgatoire d’évasion, une forme cathartique, le renouvellement de l’acte d’écriture suivi de la narration exige plus d’efforts et d’énergie que la perpétuation de la richesse acquise. L’intelligence esthétique de l’art de l’écriture se structure comme un langage qui met en avant la recherche du sens ; le grand romantisme littéraire est celui qui valorise l’esprit du temps, il est indispensable de valoriser «l’éthos» qui met en valeur le lien social d’une société. La conceptualisation sublime de la littérature algérienne dans les établissements scolaires favorise un espace de non reconnaissance, elle fait valoir le rôle de stéréotypes. De fait l’imaginaire de la littérature algérienne s’isole et la démarche littéraire se sclérose par un excès d’indigence intellectuelle. Prenons comme exemple l’essayiste romancier Rachid Mimouni qui demeure méconnu pour ne pas oser dire inconnu; écrivain prolifique qui a tiré sa révérence en 1995 suite à une maladie mais ses écrits demeurent d’une actualité brûlante. Outre l’aspect romanesque de son œuvre qui décrit avec grande clarté la crise multidimentielle, parmi les ouvrages nous rebondissons sur le roman une paix à vivre qui racontait‘’ d’une manière encore didactique‘’, l’Algérie euphorique des lendemains de l’indépendance.» Dans ce sillage nous ne pouvons pas oublier son essai: l’intégrisme en général et la barbarie en particulier l’écrivain avait mis en exergue cette menace de cécité sur la «clôture identitaire» qui favorise l’asservissement de l’imaginaire. Il dira à juste titre «La religion a ainsi fini par investir tous les lieux de l’espace social, du culturel au scientifique. En ce cas, la barbarie n’est jamais loin. Les hommes de culture auraient été les premières victimes de ces souffles ravageurs» (p. 57) L’opération de la cataracte sociale démontre que la brouille fanatique est loin d’être terminée. Ceci dit, outre l’aspect du fanatisme, le délire de la peopolisation favorise une démarche régressive. A cet égard le sociologue Bourdieu avait mis en évidence dans son essai sur «la télévision» le processus de «la censure invisible qui s’exerce sur le petit écran et livre quelques-uns des secrets de fabrication de ces artefacts que sont les images et les discours de télévision». En effet, le manque d’humilité de certains romanciers tel que Rachid Boujedra sujet à des blessures narcissiques devront gagner des centimètres de maturité intellectuelle pour faire une analyse pour le moins respectueuse sans tomber dans une forme de trivialité qui manifeste une aigreur à l’égard de certains auteurs. Enfin la réhabilitation de la littérature algérienne est un superbe lever du soleil qui permet l’élévation et la compréhension sociale loin de toute sénilité.

À propos Adnan Mouri

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