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Affaire Khashoggi (Arabie Saoudite): Le scandale de trop!

Ryad n’en peut plus d’essuyer des revers multiples. En plus, la répression de dissidents, opposant à son régime, a donné lieu à des bavures selon les observateurs. L’Arabie saoudite est plus que jamais clouée au pilori par la coalition internationale qui commence à prendre des distances. L’administration de Trump qui a réagi violement suite à l’affaire Khashoggi, demande des comptes à l’Arabie saoudite. Ironie du sort, c’est cette administration même qui l’avait soutenue il y a de années dans la lutte contre le terrorisme et la neutralisation de Ben Laden. Le régime a pourtant tout fait pour plaire. Il a conduit une série de réformes et une politique de modernisation sauf que la répression contre les dissidents, notamment des religieux, des intellectuels ou des féministes, s’est accentuée de plus belle compromettant ainsi tous les efforts. L’Arabie saoudite, engagée depuis mars 2015 dans une intervention militaire au Yémen et invitée à maintes reprises par le monde à revoir sa politique de gestion de la production du pétrole à l’OPEP, a été accusée de multiples « bavures » contre des civils: le 9 août dernier, 51 personnes dont 40 enfants, ont été tuées dans une frappe aérienne sur leur bus à Saada. La coalition, dirigée par Ryad, a reconnu des « erreurs ». Mais elle accuse les rebelles Houthis, soutenus par l’Iran, d’utiliser les civils comme boucliers humains. Malgré l’opposition de Ryad, le Conseil des Droits de l’Homme onusien décide de mener depuis une année une « enquête » pour crimes de guerre au Yémen. Le conflit a, rappelons-le, fait plus de 10.000 morts, en majorité des civils. Pour autant, ce conflit a généré la pire crise humanitaire du monde, selon les Nations unies. En septembre 2017, les autorités saoudiennes arrêtent une vingtaine de personnes, dont des prédicateurs influents et des intellectuels. Le 4 novembre, une vaste campagne anticorruption est lancée subitement, sous l’impulsion de « MBS ». L’hôtel de luxe Ritz-Carlton de Ryad va servir pendant trois mois de « prison dorée » pour des dizaines de princes et hauts responsables au centre d’une purge. Nombre des suspects, dont le prince milliardaire Al-Walid ben Talal, sont libérés après des « arrangements » financiers avec les autorités. Le 4 novembre 2017, le Premier ministre libanais Saad Hariri annonce, à la surprise générale, sa démission depuis Ryad, accusant le mouvement armé Hezbollah et l’Iran de « mainmise » sur son pays. La France intervient alors pour trouver une porte de sortie. Saad Hariri rentre au Liban trois semaines plus tard, et renonce à démissionner. L’Arabie saoudite, accusée d’avoir forcé M. Hariri à quitter ses fonctions et de l’avoir retenu contre son gré, a bien sûr démenti. Dix-sept jours après la disparition de Jamal Khashoggi, le tollé fut annoncé. L’Arabie saoudite admet sans ambages que le journaliste avait été tué lors d’une rixe, à l’intérieur du consulat du royaume à Istanbul. La Turquie s’en mêle et demande de faire la lumière. Jusqu’ici, Ryad affirmait que Khashoggi, qui était entré le 2 octobre au consulat pour des démarches administratives, n’en était ressorti et les autorités saoudiennes avaient qualifié de « sans fondement » des accusations de responsables turcs selon lesquelles il avait été tué dans les locaux de la mission diplomatique. L’Arabie saoudite, dont l’image a terriblement souffert de cette affaire, a annoncé dans la foulée la destitution de deux proches collaborateurs du jeune et puissant prince héritier. Critique envers MBS, Khashoggi vivait en exil depuis 2017 aux Etats-Unis où il collaborait notamment avec le Washington Post. Selon plusieurs médias du Moyen-Orient, le journaliste aurait été torturé, décapité et son corps démembré.

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